Les espèces à enjeux pour la santé humaines (article L. 1338-1 du code de la santé publique) sont en Île-de-France : l'ambroisie (3 espèces), les chenilles processionnaires du pin et du chêne, le moustique tigre, les tiques et les punaises de lit.
Afin de lutter contre ces espèces, de multiples partenaires sont mobilisés : les communes et intercommunalités, le réseau de correspondants territoriaux EESH financé par l'ARS Île-de-France et animé par FREDON Ile de France.
Comment lutter contre les espèces à enjeux pour la santé humaine ? Le rôle des collectivités
A l'échelle communale
Le maire est un acteur central de la lutte contre les espèces à enjeux pour la santé humaine. À ce titre, il :
- fait appliquer la réglementation en vigueur (notamment l’article R.1338-8 du Code de la santé publique), dont il est juridiquement responsable sur son territoire ;
- met en œuvre les actions de prévention et de gestion sur les espaces relevant de sa compétence ;
- intègre ces enjeux dans les politiques locales (urbanisme, gestion des espaces verts, marchés publics, etc.) ;
- peut désigner un ou plusieurs référents, afin d’assurer un suivi et une action dans la durée.
A l'échelle de l'intercommunalité
À l’échelle intercommunale, le Président de l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) ou de l’établissement public territorial (EPT) peut également :
- désigner des référents territoriaux,
- organiser la coordination des actions entre communes,
- appuyer les initiatives locales et renforcer la sensibilisation du public.
Les correspondants territoriaux : un relais local pour la prévention sanitaire des espèces à enjeux pour la santé humaine
Dans le cadre du Plan Régional Santé Environnement d’Île-de-France 4 (PRSE4), un réseau de correspondants territoriaux « Espèces à enjeux pour la santé humaine » est mis en place dans la région pour renforcer la prévention locale des risques sanitaires liés à ces espèces. Ce projet est financé par l’ARS Île-de-France et animé par FREDON Ile de France.
Ce réseau vise à mobiliser l’ensemble des collectivités territoriales franciliennes (62 intercommunalités, 7 départements, Ville de Paris et Métropole du Grand Paris) afin de couvrir l’ensemble du territoire francilien, pouvoir agir rapidement pour déclencher un plan d’action local en cas de signalement ou de situation à risque et répondre aux besoins des territoires afin d’anticiper les problématiques émergentes liées à ces espèces.
Chaque collectivité peut désigner un binôme de correspondants EESH, composé d’agents et/ou d’élus, pour assurer une action coordonnée et continue. Les correspondants EESH jouent un rôle clé dans la diffusion des connaissances et dans l’animation d’actions de prévention auprès des habitants par la mobilisation d'acteurs locaux.
Les correspondants participent également à la surveillance des espèces concernées. Ils sont en mesure de :
- Identifier certaines espèces à enjeu pour la santé humaine ;
- Effectuer des signalements via les plateformes dédiées (site internet ou application mobile) ;
- Réaliser des observations ou prospections de terrain ;
- Alerter et conseiller les propriétaires ou gestionnaires de zones infestées sur les moyens de prévention et de lutte.
À travers ce dispositif, l’ARS Île-de-France souhaite renforcer la capacité d’action des territoires face aux risques sanitaires liés à l’environnement.
Rejoindre le réseau
Les collectivités franciliennes souhaitant s’engager peuvent rejoindre le réseau et bénéficier d’une formation gratuite, d’un accompagnement et d’un appui technique.
Contact : accueil@fredonidf.com
Informations complémentaires : ARS-IDF-SE@ars.sante.fr
« Les espèces à enjeu pour la santé humaine ne connaissent pas les frontières administratives »,Témoignage d’Éric Stremler, correspondant EESH dans le Val-de-Marne
Chargé de mission espaces naturels et biodiversité au sein de Grand Paris Sud Est Avenir, Éric Stremler dirige également la Maison de la Nature et de l’Environnement (MNE) du territoire qui réouvrira prochainement ses portes dans le département du Val-de-Marne (94), à Périgny sur Yerres. Il est engagé comme correspondant EESH pour l’ARS Île-de-France. Pour lui, ce rôle s’inscrit pleinement dans son travail de sensibilisation et de gestion des espaces naturels.
Un rôle de relais sur le territoire
Le correspondant EESH agit avant tout comme un relais d’information entre les acteurs locaux et les structures régionales : « Être correspondant EESH me permet d’avoir un lien direct avec FREDON Ile de France, missionnée par l’ARS, et d’être informé rapidement des évolutions concernant les espèces ou les pathogènes émergents », explique-t-il.
Sur le territoire de Grand Paris Sud Est Avenir, qui regroupe seize communes du département du Val-de-Marne, il relaie ces informations auprès des services concernés : « L’objectif est d’accélérer la transmission d’information et de faire circuler les alertes le plus rapidement possible. »
Selon Éric Stremler, l’un des principaux enjeux reste la compréhension des messages par le grand public : « Aujourd’hui, les messages de prévention sur les espèces à enjeux pour la santé humaine ne sont pas encore suffisamment accessibles. Il faut que les habitants comprennent et s’approprient l’information. ».
« Plusieurs espèces font déjà l’objet de préoccupations sur le territoire. La chenille processionnaire du pin constitue l’un des principaux problèmes signalés par les habitants. Le frelon asiatique à pattes jaunes suscite également de nombreuses interrogations.
À l’inverse, le moustique tigre reste encore relativement discret dans la perception du public, alors même qu’il est bien installé. La tique commence également à émerger comme sujet de préoccupation, notamment en raison des difficultés à diagnostiquer certaines maladies associées. »
Des actions de sensibilisation à venir sur le territoire
La mission de correspondant EESH vient s’ajouter aux nombreuses responsabilités d’Éric Stremler. Il s’agit d’un engagement volontaire. Cet engagement est lié à la réouverture prochaine de la Maison de la Nature et de l’Environnement, restée fermée pendant plusieurs années et en cours de réhabilitation. Ce lieu a vocation à devenir un espace de sensibilisation et d’éducation à l’environnement, ouvert aux différents publics : scolaires, habitants et professionnels. « Nous voulons en faire un lieu vivant, avec des actions de sensibilisation pour tous. Ce sera aussi l’occasion de sensibiliser les décideurs locaux et de mieux intégrer ces enjeux dans les politiques territoriales. » explique-t-il.
L’ouverture prochaine de Maison permettra également de développer de nouvelles actions autour des espèces à enjeux pour la santé humaine. Par exemple, des éco-pièges seront installés sur tous les pins afin de sensibiliser le public à la présence des chenilles processionnaires tout en expliquant les risques sanitaires associés.
Des températures particulièrement élevées dès le début du mois de mars illustrent, selon lui, la nécessité d’anticiper ces évolutions. Les espèces à enjeux pour la santé humaine concernent tout le monde. « Le changement climatique accentue ces phénomènes. Ce n’est pas seulement un sujet technique, c’est un sujet sanitaire qu’il convient de s’approprier rapidement notamment vis-à-vis des personnes à la santé fragile et des populations défavorisées. » conclut Éric Stremler.





