Si ce constat souligne l’ampleur du défi, il s’accompagne toutefois d’évolutions encourageantes : sur la période 1979‑2022, la mortalité par cancer diminue de manière constante en Île-de-France, portée par les progrès du diagnostic, des traitements et de l’organisation des soins.
À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, l’ARS Île-de-France réaffirme son engagement à l’ensemble des acteurs territoriaux pour renforcer la prévention, le dépistage et la qualité des prises en charge.
Les cancers en Île-de-France : évolution de la mortalité et disparités territoriales
En appui à l’ARS Île-de-France et aux acteurs régionaux, l’ORS a conduit en 2025 une analyse approfondie de la mortalité par cancer sur près de 40 ans (1979‑2022), mettant en lumière les tendances territoriales.
Les résultats montrent une baisse marquée de la mortalité par cancer en Île‑de‑France, plus prononcée que sur l’ensemble du territoire national. Depuis 2018, la région est même la plus préservée de France face à la mortalité par cancer. Cette amélioration est notamment liée à la diminution des cancers associés au tabac et à l’alcool, mais également au renforcement des politiques de prévention, incluant les dépistages organisés mis en œuvre par le CRCDC Île‑de‑France à la suite de l’envoi des invitations par l’Assurance maladie.
Certaines évolutions appellent toutefois une vigilance particulière : chez les femmes, la mortalité par cancer du poumon et du pancréas est en augmentation continue, avec un doublement des taux en Île‑de‑France et une surmortalité marquée à Paris.
L’étude met également en évidence des disparités départementales significatives. Une surmortalité par cancer est observée chez les hommes et les femmes en Seine‑et‑Marne et dans le Val‑d’Oise, tandis que Paris et les Hauts‑de‑Seine présentent une sous‑mortalité masculine, et la Seine‑Saint‑Denis une sous‑mortalité féminine.
Le dépistage organisé : un levier essentiel de réduction de la mortalité
Le dépistage organisé constitue un pilier majeur de la lutte contre le cancer en Île-de-France, en permettant une détection plus précoce et des traitements plus efficaces.
Cancer du sein : des performances solides en Île-de-France
Avec environ 61 000 cas incidents et 12 000 décès estimés en France en 2023, le cancer du sein demeure le premier cancer féminin. Les données 2021‑2022 du Programme national de dépistage organisé du cancer du sein (PNDOCS) montrent des résultats conformes aux standards européens.
À l’échelle nationale, plus de 5,1 millions de femmes ont réalisé une mammographie de dépistage. Les indicateurs de qualité attestent d’une détection précoce efficace, avec une proportion élevée de cancers de bon pronostic. En Île-de-France, cette proportion est parmi les plus élevées du pays, en lien avec une forte densité médicale, caractéristique des territoires très urbanisés.
Le dépistage organisé des cancers du sein (DOCS) concerne les femmes âgées de 50 à 74 ans, soit, selon l’estimation annuelle de population INSEE 2024, 1 714 466 femmes en Île-de-France.
Cancer du col de l’utérus : un enjeu prioritaire pour réduire les inégalités
Bien que largement évitable grâce à la vaccination contre les papillomavirus (HPV) et au dépistage régulier, le cancer du col de l’utérus reste responsable de près de 3 000 nouveaux cas et 1 100 décès par an en France.
En 2024, la participation nationale au Programme national de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus (PNDOCCU) atteint 60,9 %, en progression depuis 2017 mais encore en‑deçà du seuil européen de 70 %. Les disparités territoriales demeurent importantes : la Seine‑Saint‑Denis affiche l’un des taux de participation les plus faibles de France hexagonale, illustrant la nécessité de stratégies ciblées pour les territoires et les populations les plus éloignées du système de soins.
La montée en charge du test HPV, désormais majoritaire chez les femmes de 30 à 65 ans, constitue néanmoins une avancée structurante pour l’efficacité du dépistage.
Le programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus (DOCCU) cible les femmes entre 25 et 65 ans, soit près de 3,4 millions de femmes en Île de France (3 407 748 selon les données INSEE ; 4 234 482 selon notre population en base au 05/04/2025 issue des fichiers caisses de l’assurance maladie).
Cancer colorectal : renforcer la participation
Troisième cancer le plus fréquent et deuxième cause de décès par cancer, le cancer colorectal représente chaque année plus de 47 000 nouveaux cas et 17 000 décès. Le programme national de dépistage, fondé sur un test de recherche de sang occulte dans les selles tous les deux ans chez les 50‑74 ans, demeure un levier essentiel pour réduire la mortalité spécifique. En Île-de-France comme au niveau national, l’enjeu principal reste l’augmentation de la participation, condition indispensable à l’impact du programme.
Selon les données de l’Insee, 3 274 332 personnes âgées de 50 à 74 ans (respectivement 1 559 866 hommes et 1 714 466 femmes) étaient domiciliées en Île-de-France en 2024, soit 16,2% de la population éligible en France métropolitaine.
Une stratégie régionale structurée autour de la promotion et prévention de la santé
La lutte contre le cancer en Île-de-France s’inscrit dans le cadre du Projet régional de santé (PRS) et de la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021‑2030. Un bilan intermédiaire de la feuille de route régionale, élaboré en lien avec l’INCa, met en évidence les avancées et les axes de renforcement prioritaires.
La prévention, clé de voûte de l’action régionale
La prévention constitue un axe central de la stratégie francilienne. Elle repose notamment sur :
- le déploiement de la vaccination HPV, avec la vaccination en milieu scolaire et l’extension du rattrapage jusqu’à 26 ans ;
- la lutte contre les addictions, en particulier le tabac et l’alcool, facteurs majeurs de risque de cancer ;
- la promotion de modes de vie favorables à la santé.
Structurer des prises en charge de qualité sur l’ensemble du territoire
L’Île-de-France s’attache à consolider des parcours de soins lisibles, coordonnés et équitables, afin de garantir à chaque personne atteinte de cancer un accès à des prises en charge de qualité, quel que soit son lieu de résidence.





