La surveillance renforcée est déployée chaque année de mai à novembre afin de limiter la prolifération du moustique tigre, prévenir les risques sanitaires et empêcher la transmission locale de maladies appelées arboviroses.
Où en est la présence du moustique tigre en Île-de-France ?
Le moustique tigre, aussi appelé Aedes albopictus, est implanté dans l’ensemble des huit départements franciliens qui font tous l’objet d’une surveillance renforcée :
- Paris ;
- Seine-et-Marne ;
- Yvelines ;
- Essonne ;
- Hauts-de-Seine ;
- Seine-Saint-Denis ;
- Val-de-Marne ;
- Val-d’Oise.
Aujourd’hui, plus de 82 % des habitants de la région vivent dans des communes colonisées par le moustique tigre.
Son implantation est désormais durable. Il n’est donc plus possible de l’éliminer totalement, mais il est possible de limiter fortement sa prolifération en supprimant ses lieux de ponte.
Comment reconnaître le moustique tigre (Aedes albopictus) ?
Le moustique tigre possède plusieurs caractéristiques physiques permettant de le distinguer facilement des autres moustiques.
Les caractéristiques physiques du moustique tigre
Le moustique tigre :
- est plus petit qu’une pièce de 1 centime ;
- possède des rayures noires et blanches sur le corps et les pattes ;
- présente une ligne blanche visible sur le thorax ;
- vole lentement et silencieusement ;
- est un moustique diurne.
Contrairement aux moustiques communs qui piquent surtout la nuit, le moustique tigre est actif principalement :
- tôt le matin ;
- en fin d’après-midi ;
- au crépuscule.
Pourquoi le moustique tigre prolifère-t-il en ville ?
Le moustique tigre s’adapte particulièrement bien aux milieux urbains.
Les femelles pondent leurs œufs dans de très petites quantités d’eau stagnante appelées gîtes de ponte.
Quelques millimètres d’eau suffisent pour permettre le développement des larves.
- Les principaux gîtes larvaires sont :
- les coupelles de pots de fleurs ;
- les gouttières bouchées ;
- les réservoirs d’eau ;
- les seaux et arrosoirs ;
- les pneus ;
- les jouets et objets laissés à l'extérieur ;
- les bâches, mobiliers de jardin ou contenants pouvant retenir l'eau.
Supprimer les eaux stagnantes : le geste le plus efficace pour lutter contre le moustique tigre
La suppression des gîtes larvaires reste aujourd’hui le moyen le plus efficace pour limiter la prolifération du moustique tigre.
Pour éliminer les larves et éviter la prolifération des moustiques, chaque semaine, il est recommandé de :
- vider les coupelles de pots de fleurs chaque semaine ;
- nettoyer les gouttières ;
- couvrez les récupérateurs d’eau avec une moustiquaire ;
- ranger les objets pouvant retenir l’eau ;
- vider les seaux et récipients extérieurs ;
- entretenir les jardins, terrasses et balcons.
Un simple bouchon rempli d’eau peut permettre la naissance d'une centaine des moustiques.
De manière générale il est recommandé de :
- éviter les eaux stagnantes ;
- couvrir les réservoirs d’eau ;
- vérifier régulièrement les gouttières ;
- entretenir les bassins et fontaines ;
- limiter les objets inutilisés à l’extérieur.
Se protéger des piqûres : répulsifs et moustiquaires
La protection individuelle permet de limiter les piqûres, notamment lors des activités dans les espaces extérieurs. Il est recommandé de :
- porter des vêtements couvrants, amples et clairs ;
- installer des moustiquaires aux fenêtres ou autour des lits ;
- utiliser des répulsifs adaptés ;
- utiliser des produits antimoustiques adaptés.
Les moustiquaires restent particulièrement utiles pour protéger les nourrissons et les jeunes enfants et les personnes vulnérables.
Les répulsifs doivent être utilisés conformément aux recommandations des professionnels de santé, notamment pour les femmes enceintes et les personnes fragiles.
Quels sont les risques sanitaires et les maladies transmises ?
Le moustique tigre peut transmettre plusieurs maladies virales appelées arboviroses.
Les principales maladies concernées sont :
- la dengue ;
- le chikungunya ;
- le Zika.
Dengue, chikungunya et Zika : la surveillance des arboviroses
Lorsqu’un moustique tigre pique une personne malade alors que le virus est présent dans son sang, il peut ensuite transmettre le virus à d’autres personnes en les piquant.
La majorité des cas observés en Île-de-France sont des cas importés, chez des personnes revenant de zones tropicales où ces virus circulent.
Cependant, des cas autochtones ont déjà été documentés montrant qu'il est possible d'apparaitre des transmissions locales.
Les symptômes peuvent inclure :
- une forte fièvre ;
- des douleurs articulaires ;
- des douleurs musculaires ;
- une fatigue importante.
- parfois, des éruptions cutanées et troubles digestifs.
Ces maladies font l’objet d’une surveillance renforcée par Santé publique France et l’ARS Île-de-France. Ces maladies font partie des maladies à signalement obligatoire par les professionnels de santé déclarants.
Pourquoi le moustique tigre représente-t-il un enjeu de santé publique ?
Le moustique tigre constitue un enjeu majeur de santé publique car il favorise la transmission locale de virus dans les zones urbanisées.
L’ARS Île-de-France met donc en œuvre une stratégie de prévention, surveillance de lutte antivectorielle contre le moustique tigre associant :
- le suivi de l’implantation du moustique tigre via une surveillance entomologique ;
- les signalements réalisés par les citoyens ;
- la surveillance épidémiologique des cas de dengue, chikungunya et Zika ;
- les enquêtes entomologiques autour des situations à risque ;
- les actions de prévention et de sensibilisation ;
- les interventions ciblées de lutte antivectorielle (démoustications) lorsque le risque sanitaire le justifie.
Cette vigilance active permet de détecter rapidement l’apparition de cas importés ou de cas autochtones de dengue, chikungunya ou Zika.
Comment signaler la présence du moustique tigre sur le portail officiel ?
La surveillance du moustique tigre repose aussi sur les signalements des habitants.
Si vous pensez avoir identifié un moustique tigre :
- prenez une photographie nette si possible ;
- évitez d’écraser l’insecte ;
- effectuez un signalement moustique sur la plateforme officielle dédiée.*
Ces signalements permettent :
- de cartographier la présence du moustique ;
- de suivre l’évolution des départements colonisés ;
- d’adapter les actions de santé environnementale.
Lutte contre le moustique tigre : ce qu’il faut retenir
Quelle est la situation actuelle du moustique tigre en Île-de-France ?
Le moustique tigre (Aedes albopictus) est désormais implanté et actif dans l’ensemble des huit départements de la région Île-de-France (Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d’Oise). 82 % de la population francilienne vit aujourd’hui dans des communes considérées comme colonisées. Face à cette expansion, l’ARS Île-de-France assure une surveillance renforcée chaque année du 1er mai au 30 novembre, période d’activité maximale de l’insecte.
Comment reconnaître un moustique tigre par rapport à un moustique commun ?
Le moustique tigre se distingue par plusieurs caractéristiques précises : il est très petit (plus petit qu’une pièce de 1 centime), son corps et ses pattes sont rayés de noir et de blanc, et il possède une ligne blanche distinctive sur le thorax. Contrairement au moustique commun qui pique la nuit, le moustique tigre est diurne, avec un pic d’agressivité au lever du jour et au crépuscule. Son vol est silencieux et assez lent, ce qui facilite son observation si vous êtes vigilant.
Quels sont les risques réels de maladies liées aux moustiques en Île-de-France ?
Le risque principal concerne la transmission de virus tropicaux comme la Dengue, le Chikungunya ou le Zika. Si la majorité des cas recensés en Île-de-France sont des “cas importés” (personnes revenant de voyage), l’apparition de “cas autochtones” (personnes piquées localement sans avoir voyagé) a été confirmée dans la région, notamment dans le Val-de-Marne et l’Essonne. C’est pourquoi la lutte contre les moustiques est un enjeu de santé publique majeur pour éviter que l’insecte ne propage ces virus après avoir piqué un voyageur malade.
Quelles sont les gestes les plus efficaces pour limiter la prolifération du moustique tigre chez soi ?
La lutte contre les moustiques tigre repose avant tout sur la suppression des gîtes larvaires. Le moustique tigre pond dans de très petites quantités d’eau stagnante. Les gestes essentiels consistent à vider les coupelles de pots de fleurs, changer l’eau des vases chaque semaine, couvrir les récupérateurs d’eau de pluie avec une moustiquaire hermétique, et vérifier que les gouttières ne sont pas obstruées. Un simple bouchon de bouteille rempli d’eau peut suffire à la naissance de centaines de moustiques.
Est-ce que l’ARS procède à des démoustications systématiques dans les quartiers ?
Un simple signalement de moustique tigre n’est pas un motif suffisant pour une opération de démoustication chimique. L’usage massif d’insecticides est évité pour prévenir l’apparition de résistances chez les moustiques et protéger la biodiversité. L’intervention n’est justifiée que si deux conditions sont réunies : la présence avérée du moustique vecteur et la présence d’une personne malade capable de lui transmettre le virus. Pour réduire la prolifération au quotidien, la méthode la plus efficace reste la suppression des gîtes larvaires (eaux stagnantes) par les citoyens.
Les solutions comme la citronnelle ou les ultrasons sont-elles efficaces ?
Ces solutions ont une efficacité limitée et ne permettent pas de lutter durablement contre le moustique tigre. Les mesures les plus efficaces restent la suppression des eaux stagnantes, l’installation de moustiquaires, le port de vêtements couvrants et l’utilisation de répulsifs adaptés lorsque cela est nécessaire.
Que doivent faire les professionnels de santé face à un soupçon d’arbovirose ?
Les professionnels de santé franciliens jouent un rôle de sentinelle. En cas de suspicion de dengue, Zika ou chikungunya chez un patient, ils doivent procéder à un diagnostic biologique rapide et effectuer un signalement immédiat auprès du point focal régional (PFR) de l’ARS Île-de-France. Cette réactivité est capitale : elle permet de déclencher les investigations entomologiques et, si nécessaire, les opérations de lutte antivectorielle avant que le virus ne se propage dans le voisinage.





