Moustique tigre en Île-de-France : comment le reconnaître et signaler sa présence ?

Article

Le signalement du moustique tigre est un geste essentiel de prévention. En Île-de-France, l’ARS encourage les habitants à participer à la surveillance citoyenne afin de suivre la progression de cette espèce invasive et de limiter les risques de transmission de maladies vectorielles comme la dengue, le chikungunya ou le Zika.

Pour effectuer un signalement moustique tigre, il est nécessaire de disposer d’une photo du moustique tigre ou d’un échantillon permettant son identification par les entomologistes. Cette démarche contribue directement aux actions de lutte antivectorielle menées dans la région.

Pourquoi est-il important de signaler la présence de moustique tigre ?

Le moustique tigre, ou Aedes albopictus, est un moustique invasif capable de transmettre plusieurs arboviroses. Les arboviroses sont des maladies dues à des arbovirus transmis par des vecteurs arthropodes (moustiques, tiques, etc.).

Le signalement citoyen permet :

  • d’améliorer la surveillance entomologique ;
  • de suivre le front de progression du moustique tigre ;
  • d’actualiser la carte d'implantation régionale ;
  • de renforcer la vigilance contre le moustique tigre ;
  • d’aider les autorités sanitaires à adapter les actions de lutte collective.

Les enjeux de la surveillance sanitaire en Île-de-France

Les moustiques tigres sont désormais présents et actifs dans plusieurs zones urbanisées d’Île-de-France. Tous les départements franciliens sont sous surveillance active :Paris ;Seine-et-Marne ;Yvelines ; Essonne ; Hauts-de-Seine ;Seine-Saint-Denis ;Val-de-Marne ;Val-d’Oise.

L’ARS Île-de-France coordonne un réseau de surveillance régionale et des points d'entréedu territoire (aéroports) via des pièges pondoirs permettant de suivre l’implantation de cette espèce nuisible.

La période de surveillance renforcée s’étend du 1er mai au 30 novembre, période d'activité du moustique vecteur.

Risques de transmission des maladies vectorielles

Le moustique tigre peut transmettre plusieurs maladies  :

  • la dengue ;
  • le chikungunya ;
  • le Zika.

Lorsqu’il pique une personne infectée, il peut ensuite transmettre le virus à d’autres personnes.

La majorité des cas recensés en Île-de-France sont des cas importés chez des voyageurs revenant de zones tropicales. Toutefois, des cas autochtones peuvent apparaître lorsque la transmission a lieu localement, sans notion de voyage.

Le signalement de proximité permet donc de renforcer et d'adapter les messages de prévention individuelle et collective des maladies vectorielles transmises par les moustiques.

Pourquoi le signalement du moustique tigre est-il une action citoyenne essentielle ?

Le signalement du moustique tigre participe directement à la protection de la santé individuelle et collective en limitant le risque de transmission des maladies.

Chaque déclaration aide les autorités sanitaires à :

  • mieux suivre la progression du moustique tigre ;
  • anticiper les risques sanitaires ;
  • adapter les mesures de prévention et de sensibilisation ;
  • limiter le risque de transmission des maladies vectorielles.

Cette surveillance citoyenne complète les actions menées par les ARS, les opérateurs de lutte antivectorielle, les collectivités locales et le Ministère chargé de la Santé.

Pour effectuer votre signalement en ligne, utilisez exclusivement le portail officiel de l’ANSES.


Procédure pour signaler le moustique tigre (Aedes albopictus)

Le portail de signalement officiel est géré au niveau national par l’ Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et la Direction générale de la santé (DGS).

Le signalement en ligne est accessible à tous les habitants.

Étape 1 : Vérifier les critères d’identification

Avant de faire un signalement, il est important de bien identifier le moustique tigre.

Voici les principaux critères visuels permettant de le reconnaître :

  • taille inférieure à celle d'une pièce de 1 centime ;
  • rayures noires et blanches sur le corps et les pattes ;
  • ligne blanche sur le thorax ;
  • moustique silencieux ;
  • piqûre diurne ;
  • activité surtout le matin et en fin de journée.

Le moustique tigre vit principalement près des habitations et se déplace dans un rayon limité d’environ 150 mètres de son lieu de naissance.

Étape 2 : Accéder au portail officiel de signalement de l’ANSES

Pour effectuer un signalement de moustique tigre, rendez-vous sur le portail de signalement officiel.

Vous devrez fournir :

  • une identification par photo ;
  • ou un échantillon du moustique conservé dans un état permettant le diagnostic entomologique.

Le questionnaire d’identification permet ensuite aux experts de confirmer ou non la présence d’un moustique tigre.

Aucune validation ne peut être réalisée sans photo ou spécimen.

Portail de signalement ANSES

Étape 3 : Que devient votre signalement ?

Votre signalement contribue à suivre la progression du moustique tigre sur le territoire. Une fois votre déclaration  validée par les opérateurs de lutte antivectorielle via Internet :

  • si vous êtes dans une commune non encore colonisée, les opérateurs de lutte antivectorielle peuvent être mobilisés pour mener des enquêtes de terrain et sensibiliser les habitants aux bons gestes. 
    ;
  • les données sont intégrées à la cartographie régionale ;
  • la liste de communes colonisées est actualisée.

Dans certaines situations, des pièges pondoirs ou des pièges à moustiques peuvent être installés afin de confirmer l'implantation durable du moustique tigre dans le secteur communal concerné.


La présence du moustique tigre dans les départements franciliens

Le moustique tigre continue de progresser dans l’ensemble de la région.

Les données issues du signalement moustique tigre permettent d’actualiser régulièrement la carte de présence du moustique. Cette cartographie aide les autorités sanitaires à :

  • suivre les départements colonisés ;
  • identifier les zones de prolifération ;
  • surveiller les fronts de progression ;
  • adapter les dispositifs de prévention et de sensibilisation.

Les cartes de présence sont mises à jour dans le cadre du réseau de surveillance piloté par l’ARS et l’ANSES.

Cartographie de l'implantation du moustique tigre en Île-de-France


Le rôle de l’ARS Île-de-France dans la lutte contre le moustique tigre

Le moustique tigre constitue un enjeu majeur de santé publique car il favorise la transmission locale de virus dans les zones urbanisées.

L’ARS Île-de-France met donc en œuvre une stratégie de prévention, surveillance de lutte antivectorielle contre le moustique tigre associant :

  • le suivi de l’implantation du moustique tigre via une surveillance entomologique ;
  • les signalements réalisés par les citoyens ;
  • la surveillance épidémiologique des cas de dengue, chikungunya et Zika ;
  • les enquêtes entomologiques autour des situations à risque ;
  • les actions de prévention et de sensibilisation ;
  • les interventions ciblées de lutte antivectorielle (démoustications) lorsque le risque sanitaire le justifie.

Cette vigilance active permet de détecter rapidement l’apparition de cas importés ou de cas autochtones de dengue, chikungunya ou Zika.


Signalement du moustique tigre : ce qu’il faut retenir

Pour réaliser un signalement de moustique tigre (Aedes albopictus), vous devez vous rendre sur le portail officiel national signalement-moustique.anses.fr. Cette démarche citoyenne est essentielle pour cartographier la progression de l’insecte vecteur. Pour que votre signalement soit validé par les experts, il est impératif de disposer d’une photo nette de l’insecte ou de pouvoir envoyer le spécimen par courrier. Sans preuve visuelle ou physique, les autorités sanitaires ne pourront pas confirmer la présence du moustique dans votre secteur communal.

Bien que le moustique tigre soit déjà implanté dans de nombreux départements franciliens, chaque signalement reste utile. Le signalement permet aux autorités de l’ARS Île-de-France de suivre l’évolution de la densité de population de l’insecte et d’identifier de nouveaux fronts de colonisation. Ces données sont cruciales pour orienter les actions de prévention et de sensibilisation locale, et pour surveiller les risques de transmission de virus tels que la dengue, le chikungunya ou le Zika.

Non, le signalement d’un moustique tigre n’entraîne pas systématiquement une démoustication (pulvérisation d’insecticide). En France, la démoustication chimique est une mesure de santé publique exceptionnelle. Elle n’est déclenchée par l’ARS que dans des cas très précis : lorsqu’un cas de maladie vectorielle (arboviroses) comme la dengue, le chikungunya et le virus Zika est diagnostiqué chez une personne revenant de voyage ou contaminée localement, y compris dans d'autres régions de France hexagonale et Corse. L’objectif est alors d’éliminer les moustiques tigres autour du domicile de la personne malade pour éviter une épidémie, dans un rayon de 150 à 200 mètres.

Pour que les entomologistes puissent identifier formellement l’Aedes albopictus, votre photo doit être la plus nette possible. Essayez de photographier le moustique de profil ou de dessus, en gros plan. Les éléments clés à faire apparaître sont les rayures noires et blanches sur les pattes et, surtout, la ligne blanche caractéristique qui parcourt le thorax. Si l’insecte est écrasé, il peut toujours être identifié tant que ses couleurs et ses écailles restent visibles.

La période de surveillance active du moustique tigre, en Île-de-France comme au niveau national, s’étend du 1er mai au 30 novembre. C’est durant ces mois de chaleur et d’humidité que l’insecte est le plus actif. Le moustique tigre est diurne, ce qui signifie qu’il pique principalement le jour, avec des pics d’activité au lever du soleil et au crépuscule. Si vous observez un moustique rayé qui vous pique en plein après-midi, il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’un spécimen à signaler.

Les plateformes de signalement officiel sont dédiées à l’identification de l’espèce et non au recensement des piqûres. Une piqûre, même douloureuse ou provoquant un bouton important, ne suffit pas à confirmer la présence du moustique tigre, car d’autres espèces locales peuvent causer des réactions similaires. Le signalement doit porter exclusivement sur l’observation de l’insecte (avec photo à l’appui). Si vous présentez des symptômes tels qu'une fièvre brutale, des douleurs articulaires ou musculaires, ou des symptômes grippaux après avoir été piqué, consultez un médecin.

Une fois votre signalement réalisé sur le portail de signalement de l’Anses, l’information est transmise aux opérateurs de lutte antivectorielle mandatés par l’ARS Île-de-France pour validation. Ces données permettent de mettre à jour les cartes de présence du moustique tigre. Si votre commune est située sur un “front de colonisation” (commune où l’insecte n’était pas encore installé), des agents peuvent intervenir pour poser des pièges pondoirs ou mener des enquêtes de terrain afin de confirmer l’implantation durable de l’espèce.

Avant de faire votre signalement de moustique tigre, vérifiez trois critères simples : la taille, la couleur et le comportement. Le moustique tigre est plus petit qu’une pièce de 1 centime soit environ 5 mm. Il est strictement noir et blanc jamais jaune ni marron). Enfin, il est silencieux et pique exclusivement durant la journée. Si l’insecte est grand, qu’il a des reflets dorés ou qu’il vous pique la nuit en faisant un bruit strident, il s’agit probablement d’un moustique commun, Culex pipiens.