Campagne de peinture de la Tour Eiffel

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La 20ème campagne de peinture de la Tour Eiffel est actuellement en cours. Certaines anciennes peintures aujourd’hui décapées contiennent du plomb. Les risques liés à un export potentiel de poussières contenant du plomb dans les espaces ouverts au public à l’intérieur et à l’extérieur du monument doivent être maîtrisés.

Les opérations de la 20e campagne de peinture sont programmées après la fermeture de la Tour au public, en soirée et de nuit. Ces travaux sont complexes et sont susceptibles d’entraîner l’émission d’écailles de peintures et de poussières. Or certaines anciennes peintures aujourd’hui décapées contiennent du plomb. 

Les risques liés à un export potentiel de poussières contenant du plomb dans les espaces publics à l’intérieur de la Tour (parvis, escaliers, étages) et à l’extérieur du site (Champ de Mars, aires de jeux et rues adjacentes) doivent être maîtrisés.

Dans ce cadre, la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel (SETE) - nouvelle fenêtre réalise chaque semaine des prélèvements et des analyses dans et aux abords du monument. L’Agence régionale de santé d’Île-de-France appuie cette démarche de surveillance environnementale, afin d’assurer la protection de la santé des visiteurs de la Tour et des populations résidant à proximité du chantier et/ou fréquentant les espaces publics, notamment les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Des prélèvements de poussières sont donc réalisés sur les zones suivantes :

  • parvis, rdc des piliers, escaliers et étages de la Tour Eiffel,
  • toboggans des aires de jeux du Champ de Mars, sols des zones piétonnes aux entrées et sorties du monument, trottoirs de  rues adjacentes.

Ces prélèvements et analyses permettent de suivre l’évolution de la concentration en plomb dans les poussières, d’alerter les responsables des travaux et les différents acteurs du chantier en cas de détection d’anomalie, et de prendre le cas échéant toute mesure nécessaire pour protéger la santé des populations.

La cartographie de l’ensemble des résultats est consultable depuis cette page.

Carte des prélèvements de contrôle réalisés

Fin 2020, des teneurs en plomb très élevées sur le chantier de la Tour Eiffel ont été rapportées à l'ARS Île-de-France par la DIRECCTE. L’ARS a alors fait les recommandations suivantes : mettre en place un isolement correct du chantier permettant une étanchéité par rapport aux zones accessibles au public, réaliser des mesures de poussières sur le parvis, réaliser un nettoyage poussé et une campagne de contrôle. Ceci dans le but d’éviter toute contamination vers l’extérieur.

En janvier 2021, l’ARS a été alertée par les responsables de la Halte-garderie du Champ de Mars et certains parents, nous faisant part de leur inquiétude quant au risque d’envol de poussières de plomb depuis le chantier vers leur lieu d’activité (situé à 550 mètres) et la possible exposition des enfants y séjournant. L’ARS a très vite fait réaliser par le Laboratoire Central de la Préfecture de Police des prélèvements de poussières et de sol au sein de la Halte-Garderie et sur 10 points extérieurs entre la Tour Eiffel et la Halte-garderie.

Résultats Halte-garderie (du 26/01/2021)
Les résultats sur les sols montrent des teneurs toutes inférieures à 300 mg/kg (valeur recommandée par le HCSP devant conduire à la recherche de cas de saturnisme). Elles sont même inférieures au seuil de 100mg/kg, seuil dit de vigilance par le HCSP dans son avis « Expositions au plomb : détermination de nouveaux objectifs de gestion (juin 2014) »

Quant aux résultats sur les poussières à l’intérieur des locaux, ils montrent des teneurs toutes inférieures à 20µg/m² en plomb acido-soluble (alors que la valeur seuil recommandée par le HCSP devant conduire à la recherche de cas de saturnisme est de 70 µg/m2 en plomb total, soit 55 en plomb acido-soluble, voir avis du HCSP de février 2021).

Enfin, les résultats sur les poussières en extérieur montrent la présence de plomb sur 2 des 5 échantillons prélevés (concentrations mesurées à 40µg/m²). Rappelons ici qu’il n’existe à ce jour aucun seuil pour les poussières en extérieur, le dernier avis du HCSP (Février 2021) indique « dans les espaces extérieurs, les prélèvements surfaciques ne peuvent être utilisés pour l’évaluation des risques de surexposition au plomb, car il n’existe pas actuellement de valeurs de référence pour les concentrations surfaciques de plomb dans ces milieux. Ils restent utiles pour comparer divers sites entre eux ou à la distribution des concentrations mesurées dans le même type de site ou encore, pour évaluer l’efficacité d’une opération de nettoyage et plus généralement pour le suivi longitudinal de la contamination d’un site.».

Résultats Champs de Mars
10 prélèvements ont été réalisés par le LCCP le 26 janvier également sur des supports divers (banc en pierre, table de ping-pong, toboggan aire de jeux, etc.) répartis sur le Champ de Mars. Ils indiquent la présence de plomb sur 7 de ces 10 échantillons, dans des concentrations entre 30 et 260 µg/m2 (dans le détail : 1 point à 30 µg/m2 ; 2 à 60 ; 1 à 100 ; 1 à 210 ; 2 à 260). L'ensemble des résultats sont accessibles et consultables depuis cette page.

S’y trouvent également les mesures effectuées par la SETE à un rythme hebdomadaire depuis Février 2021 autour de la Tour. A  titre d’exemple, sur l’aire de jeux où une  concentration de 260 µg/m2 a été mesurée par le LCCP en janvier, les mesures effectuées en février/mars varient entre 46 et 330 µg/m2. 

Pour mémoire, dans l’étude nationale « Exposition au plomb des enfants dans leur logement. Projet Plomb-Habitat (2008-2014) », le 95ème percentile des niveaux mesurés dans les poussières présentes sur les sols durs des aires de jeux fréquentées par les enfants est de 393,2 µg/m2 en plomb total, soit 352,4µg/m2 en plomb acido-soluble. Ce qui signifie que 95% des aires de jeux , au niveau national, présentaient une concentration inférieure à 352,4 µg/m2 en plomb acido-soluble. Au niveau statistique, on estime que l’on obtient une étendue représentative des valeurs, lorsque l’on en considère 95 % à l’exclusion des 5 % les plus hautes. Ces dernières sont alors définies comme « atypiques » et marquent un dépassement nécessitant une investigation approfondie.

L’ARS reste entièrement mobilisée et vigilante sur les possibles émissions de poussières de plomb, depuis le chantier de la Tour Eiffel vers les espaces publics alentours et notamment les lieux fréquentés par les enfants. C’est pourquoi, au vu des teneurs en plomb relevées sur le chantier en ce début 2021, de la présence de riverains et d’aires de jeux à proximité de la Tour, l’ARS a demandé aux responsables de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel la réalisation de prélèvements et d’analyses complémentaires et hebdomadaires en divers points sur la voirie autour du chantier. Ces mesures ont démarré en Février 2021 et ont vocation à se prolonger tout au long du chantier.

Les dernières analyses à l’extérieur de l’emprise du chantier, qui ont produit des résultats non préoccupants ne conduisent pas à mettre en place un suivi systématique des enfants et des femmes enceintes habitant et/ou fréquentant le quartier. En revanche, le monitoring des abords continue, avec des prélèvements réguliers. Si des valeurs anormalement élevées en plomb venaient à être mesurées sur les différents points de suivi, l’ARS serait bien évidemment amenée à préconiser des mesures complémentaires, en lien étroit avec l’ensemble des acteurs concernés par ce chantier, et notamment avec la ville de Paris dans le cadre de son plan d’actions contre le plomb.

Vous avez des questions sur les risques et bonnes pratiques à adopter face au plomb ? Consultez notre FAQ Prévention Plomb