Les plaines d’épandage : contrôle et suivi sanitaire par l’Agence

Article

Les plaines d’Achères, de Carrières-sous-Poissy et Triel-sur Seine (Yvelines) et celle de Méry-sur-Oise et Pierrelaye (Val d’Oise) ont fait l’objet d’épandages d’eaux usées brutes, puis partiellement traitées, à partir de 1890 et jusqu’à nos jours pour certains secteurs. Ces eaux usées peuvent être à l’origine d’une pollution diffuse des sols en surface, notamment en métaux lourds.

Contrôle et suivi sanitaire par l’Agence de la pollution des sols suite à des épandages d’eaux usées

L’Île-de-France est une région marquée par des pollutions environnementales dont certaines sont anciennes. 

Les plaines d’Achères, de Carrières-sous-Poissy et Triel-sur-Seine (Yvelines) et celles de Méry-sur-Oise et Pierrelaye (Val d’Oise) ont fait l’objet d’épandages d’eaux usées brutes, puis partiellement traitées, à partir de 1890 et jusqu’à 2006 pour certains secteurs. 

Dès le début des années 2000, par précaution, les préfectures des Yvelines et du Val d’Oise ont pris des arrêtés interdisant certaines productions agricoles à visée commerciale sur la zone. L’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France, la Préfecture de région, la Préfecture des Yvelines, la Préfecture du Val d’Oise et Santé publique France, ont coordonné ces dernières années leurs travaux autour des anciennes plaines d’épandage d’eaux usées à l’origine d’une pollution au plomb dans les départements des Yvelines et du Val-d’Oise.

L’objectif de cette surveillance renforcée était d’identifier les zones polluées, de mesurer les seuils de pollution afin de pouvoir déclencher des opérations de dépistage du saturnisme infantile si nécessaires auprès des populations concernées.

Résultats de l’étude sanitaire menée sur la pollution des sols par des épandages d’eaux usées

L’ARS et le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) se sont engagés dans la réalisation d’une étude sanitaire de 2007 à 2018.

L’objet de cette étude était d’identifier si les zones urbanisées de ces territoires, lorsqu’elles comprennent des habitations, des écoles ou des jardins potagers, présentent des concentrations en polluants susceptibles d'avoir un impact sur la santé des populations exposées. 

Les résultats de cette étude ont mis en évidence la présence de plomb dans les sols superficiels à des teneurs supérieures aux valeurs-repères en Île-de-France. Ces teneurs restent pour autant à des niveaux très inférieurs à ceux rencontrés sur d’anciens sites industriels pollués.

En parallèle, Santé publique France a évalué à la demande de l’ARS la pertinence de réaliser un dépistage du saturnisme infantile sur ces sites d’épandage de boues et d’eaux usées. Il en résulte que la survenue d’un effet sanitaire lié à cette exposition au plomb ne peut être complètement écartée, en particulier pour les enfants de 0 à 6 ans (par l’ingestion de particules de terre via le contact main-bouche). 

Pour autant, les autorités sanitaires n’ont pas détecté de différences dans les plombémies dans la population générale de la zone concernée (système national de surveillance). Les rares cas de saturnisme identifiés concernent des enfants dont le mode de vie (campement sur un terrain en friche des Yvelines) les expose plus spécifiquement, appelant une action sanitaire spécifique.

Quelles sont les zones concernées par la pollution des sols suite à des épandages d’eaux usées ?

8 communes situées dans les Yvelines sont concernées par cette pollution :

  • Achères, 
  • Andrésy, 
  • Carrières-sous-Poissy, 
  • Chanteloup-les-Vignes, 
  • Conflans-Sainte- Honorine, 
  • Saint-Germain-en Laye, 
  • Poissy, 
  • Triel-sur-Seine

11 autres communes concernées sont, elles, situées dans le Val-d’Oise :

  • Beauchamp, 
  • Bessancourt, 
  • Eragny, 
  • Frépillon, 
  • Herblay, 
  • La Frette-sur-Seine, 
  • Méry-sur-Oise, 
  • Montigny-lès-Cormeilles, 
  • Pierrelaye, 
  • Saint-Ouen l’Aumône, 
  • Taverny

Quelles mesures adopter pour limiter les risques ?

Le plomb contenu dans les sols peut être assimilé par le contact main­-bouche car il est présent dans les particules de terre qui peuvent ainsi être ingérées (essentiellement par les jeunes enfants). Ces particules de terres peuvent également être présentes dans les poussières des maisons (rapportées de l’extérieur par les chaussures par exemple). Enfin, les végétaux produits sur place peuvent également contenir du plomb s’ils ont été cultivés dans un sol lui-même contaminé.

Certains gestes du quotidien permettent de limiter les expositions au plomb :

  • veiller au respect des gestes habituels d’hygiène des mains (lavage fréquent, particulièrement avant les repas et après un contact avec les sols, ongles courts) ;
  • nettoyer régulièrement, avec une serpillère humide, les sols intérieurs, les balcons et  terrasses ainsi que le rebord des fenêtres ;
  • varier la provenance des fruits et légumes ;
  • veiller à un bon équilibre alimentaire pour éviter  les carences en fer et en calcium qui favorisent  la fixation du plomb dans l’organisme ;
  • nettoyer et éplucher les fruits et légumes  cultivés dans les jardins, fruits et légumes qui peuvent continuer d’être consommés.

En savoir + sur les conseils à appliquer pour limiter les risques d'exposition au plomb

Qui contacter en cas de questions sur l'exposition au plomb ?

Pour demander conseils, poser des questions : 

Au moindre doute sur l’exposition au plomb, n’hésitez surtout pas à demander conseil auprès de votre médecin.

Il pourra évaluer le risque et vous prescrire une plombémie (prise de sang) s’il le juge nécessaire.

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de PARIS

Permanence médicale téléphonique : 01 40 05 48 48

Site web : Association Française des Centres Antipoison et de Toxicovigilance (CAPTV)

  • Association des Familles Victimes du Saturnisme - AFVS

Téléphone : 09 53 27 25 45 / 06 99 89 19 39

Mail

Adresse postale : 20 Villa Compoint ; 75017 PARIS