Ségur investissement en Île-de-France : le point sur sa mise en œuvre à mi-parcours

Actualité

En 2021, l’ARS Île-de-France s’est vu allouer plus de 2,4 milliards d’euros au titre du Ségur de la santé, afin de déployer, d’ici 2030, une stratégie régionale d’investissement ambitieuse. Au mi-temps de son déploiement, cette stratégie se traduit par une dynamique d’investissement soutenue, visant à garantir l’accès aux soins et à moderniser durablement l’offre sanitaire et médico-sociale.

Le Ségur investissement constitue l’un des volets structurants du Ségur de la santé. Il est dédié au financement d’investissements dans le système de santé, tant dans le champ sanitaire que médico-social.

Un engagement massif dans le champ sanitaire

En 2021, l'ARS Île-de-France a choisi d’accompagner 83 projets de modernisation d’établissements de santé, pour un montant global chiffré aujourd’hui à près de 5,5 Md€. Après regroupement et dépriorisation, 78 projets sont finalement concernés. La part financée par le Ségur investissement représente en moyenne 33 % du coût total de ces projets avec un taux d’aide plancher fixé, en 2021, à 10 % du montant par projet. 

Au total, ce sont ainsi près de 2 Md€ qui sont mobilisés dans le cadre du Ségur investissement, constitués à la fois de crédits alloués par le ministère et de mobilisation de marges régionales pluriannuelles. 

À janvier 2026, sur les 78 projets prioritaires encore retenus dans le champ sanitaire, 59 projets d’investissement ont d’ores et déjà fait l’objet d’une contractualisation, soit :

  • 76 % des projets en nombre ;
  • 81 % des montants engagés.

Ces contractualisations représentent une aide contractualisée de près de 1,35 milliard d’euros, correspondant à environ 76 % de l’aide totale fléchée sur l’ensemble des projets sanitaires actuellement accompagnés.

Deux projets structurants contractualisés à l’automne 2025

Reconstruction de l’hôpital de Montfermeil – GHT Grand Paris Nord Est

Le projet de reconstruction de l’hôpital de Montfermeil constitue l’opération la plus structurante du plan de transformation Ségur porté par le Groupement Hospitalier de Territoire Grand Paris Nord Est (GHT GPNE). Ce groupement a également porté deux autres projets de moins grande ampleur : un à Aulnay-Sous-Bois et un à Montreuil.

  • Montant total de l’opération GHT GPNE : 431 M€ (hors équipements et foncier)
  • Aides allouées pour le GHT GPNE au titre du Ségur investissement : 338,5 M€.
  • Montant du volet Montfermeil : 337 M€ (équipements et acquisitions foncières inclus), 

Ce projet a été contractualisé le 23 octobre 2025.

A travers cette contractualisation, l’ARS Île-de-France et le ministère en charge de la santé ont réaffirmé leur plein soutien à ce projet, tant pour son importance stratégique que pour sa nécessité : la vétusté du site, les conditions d’exercice dégradées et les besoins démographiques croissants du territoire appelaient une réponse à la hauteur. Ce projet s’inscrit donc dans un contexte territorial et social très spécifique et contribue notamment au plan « L’Etat plus fort en Seine-Saint-Denis ».  

Le projet accompagne également la fusion, au 1er janvier 2026, du GHI (Groupe Hospitalier Intercommunal) Le Raincy-Montfermeil avec les autres établissements du GHT GPNE (CHI Robert Ballanger d’Aulnay-sous-Bois et CHI André-Grégoire de Montreuil).

Les Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne (HPEVM)

Les Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne (HPEVM), issus de la fusion des Hôpitaux de Saint-Maurice et du CH Les Murets en janvier 2024, sont un acteur majeur de la psychiatrie adulte et infanto-juvénile ainsi que des soins médicaux et de réadaptation (SMR)

Soutenu par le Ségur de la santé, ce projet de rénovation vise à :

  • moderniser les bâtiments et conditions d’accueil ;
  • valoriser le patrimoine hospitalier ;
  • répondre aux besoins d’une offre publique de psychiatrie et de SMR pour près d’un million d’habitants.

Le coût total du projet HPEVM s’élève à 287 M€, dont 97,5 M€ d’aides.
Le volet psychiatrique représente 114 M€, soit environ 40 % du coût total du projet. Leur patrimoine immobilier, marqué par une forte vétusté et des contraintes patrimoniales (site Esquirol classé Monument historique), ne répond plus aux standards actuels.

Après instruction nationale, le projet a été contractualisé le 5 novembre 2025.

30 projets concernent la psychiatrie

Sur les 78 projets Ségur du champ sanitaire, 30 projets concernent la Psychiatrie. 

  • 19 projets sont 100% Psy ;
  • 11 projets embarquent une partie Psy ;

Les 30 projets sont actuellement chiffrés à 966 M€ pour un montant total d’aide fléchée de 316 M€. 

A fin janvier, en termes d’avancée, 25 projets ont déjà fait l’objet d’une contractualisation soit :

  • En nombre : 25 soit 83% ;
  • En montant projets Psy : 924,6 M€ soit 95,7% ;
  • En montant aides Psy : 308 M€ soit 97,4%
Les plus gros projets Psy :
  • 93 - EPS Ville Evrard (100% PSY) : 149,7 M€ ;
  • 91 - EPS Barthélémy Durand (100% PSY) : 117 M€ ;
  • 94 - GH Paul Guiraud (100% PSY) : 115 M€ ;
  • 94 - HPEVM : 287 M€ (part PSY : 114 M€).

Deux exemples de projets en psychiatrie

CH Paul Guiraud  

Le groupe hospitalier Paul Guiraud assure une mission de service public en psychiatrie adulte, répartie sur 11 secteurs de psychiatrie générale, dont cinq se situent dans le Val-de-Marne et six dans les Hauts-de-Seine. L’établissement dispose de deux sites d’hospitalisation à Villejuif et à Clamart, ainsi que de 55 structures extrahospitalières. 

Le projet de modernisation du site d’hospitalisation de Villejuif et de création d’unités de 25 lits (de 177 lits ouverts à 300 lits ouverts et installés) de chambres d’isolement thérapeutique ainsi qu’un espace d’apaisement a été sélectionné dans le cadre du Ségur de la Santé avec 25,5M€ d’aide à l’investissement sur un projet total de 115M€. Ce projet consiste également à démolir certains pavillons, à positionner l’ensemble des unités d’hospitalisation en rez-de-chaussée, et en étage les locaux de soins de journée, locaux tertiaires et de personnel. 

EPS Barthélémy Durand

L'établissement public de santé Barthélémy Durand (EPS BD) situé en Essonne est dédié à la santé mentale. Il couvre 84 % du territoire départemental, représentant près des deux tiers de la population au travers de deux sites d’hospitalisation (à Étampes et Sainte-Geneviève-des-Bois) et de 70 structures extrahospitalières. Les secteurs du nord-ouest du département sont couverts par le GHNE, ceux du nord-est, par le CHSF. 

Deux des sites font l’objet de restructurations pour un montant global de 117 M€ avec une aide de 30,7 M€ pour ces deux projets dans le cadre du Segur.

  • Sainte-Geneviève-des-Bois (78M€)

Le projet de restructuration du site de Sainte-Geneviève-des-Bois vise à regrouper et moderniser l’offre de soins spécialisés afin d’améliorer l’accessibilité, la lisibilité et l’efficacité des prises en charge. Il prévoit le rassemblement du pôle transversal de recours, référence et recherche (pôle 3TR) ainsi que la relocalisation de structures ambulatoires auparavant dispersées en ville, peu accessibles et non conformes PMR, sur un site facilement accessible à proximité du RER.

Cette réorganisation doit permettre de valoriser les activités de recours à l’échelle départementale, de renforcer les dispositifs d’« aller-vers » et d’accroître l’attractivité du site pour les professionnels grâce à des locaux modernes, ergonomiques et fonctionnels.

Le projet comprend également la création d’un pôle universitaire départemental adolescents–jeunes adultes, avec des flux séparés et sécurisés, ainsi qu’une zone dédiée à la filière de crise pour adolescents et adultes, intégrant prévention et gestion des situations aiguës.

Enfin, la restructuration facilitera l’organisation des soins et de la logistique, en structurant l’offre en filières, en améliorant les échanges entre équipes et en optimisant les dispositifs de garde médicale et de livraison.

  • Étampes (39M€)

Le site d’Étampes fait l’objet d’une restructuration complète (les bâtiments actuels en état très dégradé) avec notamment un projet de construction d’un nouveau bâtiment regroupant l’ensemble des unités d’hospitalisation existantes du site qui sont actuellement dispersées dans plusieurs bâtiments. Certaines filières spécifiques existantes vont également être regroupées ou davantage développées. Les flux et zonages seront également rationalisés, améliorant le travail en équipe, et une zone ambulatoire sera délimitée, en bordure de ville. Cette dernière regroupe l’ensemble des activités ambulatoires adultes et enfants, ainsi que l’hôpital de jour enfants qui seront rassemblés pour plus d’efficience dans les prises en charge et avec moins de temps perdus pour les personnels

 

Soutenir les investissements du quotidien

Dans la continuité des actions engagées en 2021 et 2022, 39,7 M€ ont été mobilisés en 2023 pour soutenir les investissements du quotidien de 350 établissements sanitaires franciliens. Ces crédits ont permis de financer rapidement des équipements, des installations techniques ainsi que des travaux de rénovation légère.

Parmi cette enveloppe, 5,9 M€ ont été consacrés à l’appel à projets visant à renforcer l’attractivité professionnelle à travers des investissements dédiés à la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) et des risques chimiques. 149 établissements ont ainsi bénéficié d’un financement complémentaire.

En 2024, une enveloppe de 36,4 M€ a été allouée à 89 établissements dans le cadre de cette mesure Investissements du quotidien.

Pour 2025, cette enveloppe s’élevait à 18,2 M€ ; dont les modalités de répartition feront prochainement l’objet d’un arbitrage, après présentation en comité inter-fédérations.

Ces crédits sont refinancés par l’Union européenne, dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR).


Le Ségur investissement dans le médico-social

Etablissements pour personnes âgées (PA)

Dans le champ médico-social, et plus particulièrement celui des personnes âgées, 83 projets portés par des établissements et leurs gestionnaires ont été contractualisés dans le cadre du Plan d’Aide à l’Investissement (PAI) sur la période 2021-2024, pour un montant total de 92,2 M€.

Les projets financés se répartissent comme suit :

  • 5 dossiers d’études pour la création de projets immobiliers ;
  • créations de tiers-lieux favorisant la convivialité et le lien social ;
  • 74 projets de travaux immobiliers (réhabilitation, rénovation, mise aux normes ou constructions neuves).

En janvier 2026, malgré les difficultés rencontrées (contraintes calendaires, complexité technique de certains projets), 9 projets sont achevés, certains demeurant en phase de levée de réserves.

Parmi les projets emblématiques figurent notamment :

  • la restructuration de l’EHPAD La Seigneurie (93);
  • la reconstruction de l’EHPAD La Table Ronde (77);
  • la création d’un tiers-lieu à l’EHPAD Léopold Bellan (78).

Exemples de projets d'investissement en EHPAD

EHPAD La Seigneurie – Seine-Saint-Denis (93)

Le projet a permis la mise aux normes d’un établissement de 280 places, avec pour objectifs l’amélioration de la performance énergétique, la réduction des coûts de consommation et l’amélioration du confort des résidents.

  • Coût total de l’opération : 3 050 396 € TTC
  • Subvention PAI : 1 830 000 € (60 %)

Vue en Perspective de l’Ehpad la Seigneurie réhabilité.
Vue des espaces conviviaux aménagés à l’ Ehpad la Seigneurie.
Vue en Perspective de l’Ehpad la Seigneurie réhabilité.
Vue des espaces conviviaux aménagés à l’ Ehpad la Seigneurie.

EHPAD La Table Ronde – Provins (77)

Soutenu dès le premier appel à candidatures du PAI en 2021, le projet de reconstruction de l’EHPAD La Table Ronde, porté par l’ACPPA en partenariat avec l’EPMS de Provins, répond à la vétusté de l’établissement existant et à un besoin territorial identifié.

  • Période de réalisation : décembre 2022 – mars 2025
  • Capacité : 73 places
  • Coût total : 14 079 763 € TTC
  • Subvention PAI : 3 358 922 €

Vue principale de l'Ehpad la Table Ronde
Vue de l'intérieur de l'Ehpad la Table Ronde
Vue principale de l'Ehpad la Table Ronde
Vue de l'intérieur de l'Ehpad la Table Ronde

Tiers-lieu – EHPAD Léopold Bellan, Septeuil (78)

Projet à forte dimension environnementale et sociale, visant la transformation d’un espace naturel en lieu de rencontre, d’apprentissage et d’inclusion intergénérationnelle. Projet exemplaire par sa co-construction avec les acteurs locaux et son engagement écologique et participatif.  

  • Surface aménagée : 2 500 m²
  • Coût total : 112 177 € TTC
  • Subvention PAI (tiers-lieu 2024) : 81 321 €
  • Calendrier : travaux de septembre 2024 à mars 2025 – mise en service en juin 2025

Garantir la bonne utilisation des crédits

Afin de garantir la bonne utilisation des crédits engagés, un audit de l’Union est programmé au premier trimestre 2026 sur l’ensemble des projets concernés.

En amont, deux audits blancs ont été organisés par la DGCS en février et novembre 2025, portant sur les projets livrés au plus tard le 30 septembre 2025.

 

Soutenir les investissements du quotidien

En complément des projets immobiliers structurants, le Ségur investissement soutient les investissements du quotidien dans les établissements médico-sociaux : équipements hôteliers et logistiques, systèmes d’information, équipements médicaux et biomédicaux, travaux courants et installations techniques.

Ainsi, 232 dossiers ont été financés en 2021 et 224 en 2022, pour un montant total de 14,8 M€. Ces financements ont permis l’acquisition de matériel de rééducation, de dispositifs anti-chute, de rails de transfert, ainsi que la réalisation de travaux de mise aux normes PMR ou d’installation de climatisation.


Le logement des soignants : un axe prioritaire

Une enveloppe spécifique de 75 M€ est dédiée aux actions en faveur du logement des soignants, afin d’améliorer leurs conditions de vie et de renforcer l’attractivité des métiers du soin en Île-de-France.

À janvier 2026, l’enveloppe a été quasi intégralement ventilée entre les établissements sanitaires et médico-sociaux publics de la région. Les sommes sont versées au fur et à mesure des dépenses effectives des établissements.

Près de 3 000 solutions de logement sont programmées (sous réserve de l’aboutissement des projets portés par les établissements). L’AP-HP, l’ensemble des groupements hospitaliers de territoire ainsi que deux groupements d’EHPAD publics ont signé une convention “logement”.

En grande couronne, les projets concernent principalement le développement de solutions d’hébergement temporaire pour les internes et les Praticiens diplômés Hors Union Européenne (PADHUE).

Ces investissements en faveur du logement des soignants prennent différentes formes

  1. La rénovation et la transformation du patrimoine des établissements. Il s’agit de travaux visant à moderniser et adapter des logements existants pour les personnels soignants..
  2. Développement de partenariats entre établissements publics et bailleurs sociaux, prenant différentes formes :
    • Réservation dans le parc social : par exemple, 5 logements sociaux réservés pendant 25 ans par des EHPAD publics sur un programme neuf à Issy-les-Moulineaux. La réservation sur une longue durée permet à l’établissement employeur de réattribuer le logement lorsque ce dernier se libère et ce pendant toute la durée de la réservation..
    • La réservation dans des résidences dédiées aux jeunes actifs : par exemple, 14 studios meublés réservés pendant 25 ans par le GHU Paris Psychiatrie Neurosciences sur un programme neuf à Paris 14 (loyer 650 €/mois).
    • Location / sous-location : l’employeur loue un logement pour le sous-louer à son agent. Cela permet d’intégrer une clause de fonction dans le bail de sous-location ; l’employeur peut également adapter le niveau de loyer refacturé à l’agent occupant en fonction de ses revenus. Par exemple, prise à bail pendant 9 ans par des centres hospitaliers de logements locatifs intermédiaires neufs à Rueil-Malmaison pour les personnels du CASH de Nanterre, du Centre Hospitalier Quatre Villes et du Centre Hospitalier Stell.

Un accompagnement au déploiement du dispositif est proposé aux établissements, avec différentes actions visant à favoriser les échanges de bonnes pratiques et la montée en compétence des équipes.

En savoir plus sur les actions de l'ARS en faveur du logement des soignants : L’ARS poursuit son action en faveur du logement des soignants | Agence régionale de santé Ile-de-France

Aller plus loin