La santé avance en Île-de-France

Monoxyde de carbone

Article
Visuel
santé publique - visuel générique
L’Île-de-France est la région la plus touchée par les intoxications au monoxyde de carbone. Le monoxyde de carbone reste en France la première cause de mort toxique accidentelle. Cette intoxication affecte aussi bien les individus isolés que les groupes (famille).
Corps de texte

Tout signalement d’une intoxication au monoxyde de carbone doit être adressé au centre antipoison et de toxicovigilance de Paris qui assure une permanence 24h/24. Les principaux signalants sont les pompiers, les services d’incendies et de secours, les services hospitaliers, les médecins et les maires.

Le centre antipoison et de toxicovigilance réalise une enquête médicale et s’assure par la suite du bon suivi des personnes intoxiquées.

Ce signalement donne aussi lieu à une enquête environnementale menée par les Délégations Territoriales de l’ARS (DT ARS) en grande couronne, en lien avec les Services Communaux d’Hygiène et de Santé (SCHS) et le Laboratoire Central de la Préfecture de Police (LCPP) à Paris et en petite couronne.

L’enquête permet de déterminer les circonstances et la ou les source(s) à l’origine de l’intoxication afin de proposer des mesures permettant d’éliminer ou de réduire le risque d'intoxication. C’est pourquoi il est important que tous ces cas soient signalés le plus rapidement possible.

monoxyde-carbone-reponses-intoxications

Chaque année, la Cellule de l'Institut de veille sanitaire en région Île de France (CIRE) et l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) analysent les données issues du système de surveillance afin de mettre en évidence les évolutions sanitaires observées.

Si vous souhaitez participer au réseau de toxicovigilance des intoxications au monoxyde de carbone, contactez le centre Antipoison ou la Délégation Territoriale de votre département :

Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Paris
Hôpital Fernand WIDAL
200, rue du Faubourg Saint Denis
75475 Paris Cedex 10
cap.paris@lrb.aphp.fr

Délégations départementales

Qu’est-ce que le monoxyde de carbone ?

https://www.youtube.com/watch?v=XiLXSMIm_HI

Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant indétectable : il est invisible, inodore et non irritant. Il résulte d’une mauvaise combustion au sein d’un appareil de chauffage fonctionnant au gaz, au bois, au charbon, à l’essence, au fuel ou encore à l’éthanol. Sa densité étant voisine de celle de l’air, il se diffuse donc très vite dans l’environnement, et peut donner lieu à des intoxications mortelles en quelques minutes.

Tout appareil thermique (moteur, appareil de cuisson, de chauffage ou de production d’eau chaude) utilisant un combustible contenant du carbone est susceptible de provoquer une intoxication au monoxyde de carbone, s’il n’est pas installé, utilisé ou entretenu correctement.

Quels sont les appareils à surveiller ?

Tous les types d’appareils sont concernés :

  • les chaudières (bois, charbon, gaz, fioul) ;
  • les chauffe-eau et chauffe-bains ;
  • les inserts de cheminées, poêles ;
  • les chauffages mobiles d’appoint ;
  • les cuisinières (bois, charbon, gaz) ;
  • les moteurs automobiles dans les garages ;
  • les groupes électrogènes à essence ou à fioul et tout moteur thermique fixe ou mobile ;
  • les appareils de fortune : type brasero ;
  • les appareils de cuisson d'extérieur : barbecue, plancha au gaz.

Comment survient une intoxication ?

Dans une majorité des cas, les accidents résultent de :

  • la mauvaise évacuation des produits de combustion (conduit de fumée obstrué ou mal dimensionné) ;
  • l’absence de ventilation dans la pièce où est installé l’appareil (pièces calfeutrées, sorties d’air bouchées) ;
  • l'absence ou du défaut d’entretien des appareils de chauffage et de production d’eau chaude ainsi que les inserts, poêles, cuisinières, chauffages mobiles d’appoint ;
  • la vétusté des appareils ;
  • la mauvaise utilisation de certains appareils (appareils de chauffage d’appoint utilisés en continu par exemple, groupes électrogènes…).

Parfois deux ou plusieurs facteurs cités interviennent dans l’accident.

Dans ces conditions, le monoxyde de carbone est inhalé par la personne exposée, puis se fixe sur les globules rouges et les cellules musculaires où il entre en compétition avec l’oxygène. Il agit comme un gaz asphyxiant, parfois mortel, qui immobilise la victime, et l’empêche de se secourir.

Les symptômes d’une intoxication

L’intoxication au monoxyde de carbone peut intervenir de deux façons différentes :

L’intoxication aiguë

Elle entraîne une intervention des secours en urgence. Elle a pour effet des vertiges, maux de tête, nausées, une perte de connaissance, voire un coma et le décès dans les cas les plus graves. En cas d'intoxication aiguë, dans la majorité des cas, les symptômes disparaissent en 48 heures. Cependant, il arrive que plusieurs jours, voire plusieurs semaines (de 2 à 40 jours) après l'intoxication, des troubles apparaissent : il peut s'agir de migraines, de vertiges, de sensation de faiblesse musculaire, de troubles de l'audition, de la vue, de la mémoire ou du comportement, d'insomnie. L'apparition de ces séquelles n'est pas systématique mais est mal connue et nécessite une vigilance particulière.

L’intoxication chronique

Elle se manifeste par des symptômes communs à d'autres maladies et donc diffcilement diagnosticable : maux de tête, vertiges, malaises, nausées, troubles de la vision, de l’odorat ou du goût, troubles du sommeil, de la mémoire, de l’attention, douleurs thoraciques, abdominales, musculaires peuvent être des conséquences selon les individus.

Le monoxyde de carbone a été décrit comme «le grand imitateur» car les intoxications donnent lieu à un grand nombre de faux diagnostics de grippe, de gastro-entérites ou d’autres affections bénignes.

Le monoxyde de carbone : 5 conseils pratiques

1- Avant l’hiver, faire systématiquement intervenir un professionnel qualifié pour contrôler les installations

Faire vérifier et entretenir chaudières, chauffe-eau, chauffe-bains, inserts et poêles. Il est recommandé de signer un contrat d’entretien garantissant une visite annuelle de prévention (réglage, nettoyage et remplacement des pièces défectueuses).

Faire vérifier et entretenir les conduits de fumées (par ramonage mécanique) chaque année. Le conduit de cheminée doit être en bon état et raccordé à la chaudière. Il doit déboucher loin de tout obstacle qui nuirait à l’évacuation des fumées.

2- Toute l’année et particulièrement pendant la période de chauffe, assurer une bonne ventilation du logement :

Aérer le logement tous les jours pendant au moins 10 minutes, même quand il fait froid.

Ne pas obstruer les entrées et sorties d’air (grilles d’aération dans les cuisines, salles d’eau et chaufferies principalement).

Si une pièce est insuffisamment aérée, la combustion au sein des appareils sera incomplète et émettra du monoxyde de carbone.

3- Utiliser de manière appropriée les appareils à combustion :

Ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu. Ils sont conçus pour une utilisation brève et par intermittence uniquement.

Respecter scrupuleusement les consignes d’utilisation des appareils à combustion (se référer au mode d’emploi du fabricant), en particulier les utilisations proscrites en lieux fermés (barbecue, groupe électrogène…).

Ne jamais utiliser pour se chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero…

4- Entretenir les appareils :

Nettoyer régulièrement les brûleurs de la cuisinière à gaz (on doit voir la flamme dans chaque orifice). S’ils sont encrassés, le mélange air-gaz ne s’effectue pas dans de bonnes conditions et le brûleur peut s’éteindre, notamment quand il est au ralenti. Une flamme bien réglée ne doit pas noircir le fond des casseroles.

5- En cas d’installation de nouveaux appareils (groupes électrogènes ou appareils à gaz) :

Ne jamais placer les groupes électrogènes dans un lieu fermé (maison, cave, garage…) : ils doivent impérativement être installés à l’extérieur des bâtiments.

S’assurer de la bonne installation et du bon fonctionnement de tout nouvel appareil à gaz avant sa mise en service et exiger un certificat de conformité auprès de l’installateur.

Monoxyde de carbone : que faire en cas d’accident

Maux de tête, nausées, malaises et vomissements peuvent être le signe de la présence de monoxyde de carbone.

Les consignes de sécurité sont simples :

  • Aérer immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres.
  • Arrêter si possible les appareils à combustion.
  • Evacuer les locaux et les bâtiments.
  • Appeler les secours : le numéro unique d’urgence européen (112) ou les pompiers (18) ou le SAMU (15).
  • Ne réintégrer pas les lieux avant d’avoir reçu l’avis d’un professionnel du chauffage ou des Sapeurs-Pompiers.
  • 169 épisodes d’intoxications au monoxyde de carbone ont rapportés (soit près de 15% des signalements rapportés au niveau national). 157 étaient confirmés.
  • 485 personnes ont été intoxiquées et 2 sont décédées.
  • 95% des personnes intoxiquées ont été transportées vers un service d'accueil d'urgences hospitalières.

Près des trois quarts (112/157) des épisodes d’intoxication par le CO notifiés en 2015 sont survenus durant les 6 mois de la période de chauffe : de janvier à mars et d’octobre à décembre. Ils sont survenus dans l'habitat près de 9 fois sur 10. 

Répartition par département du nombre d'épisodes signalés par le monoxyde de carbone en Île de France en 2015 :

  • Paris 35
  • Seine-et-Marne 13
  • Yvelines 11
  • Essonne 13
  • Hauts-de-Seine 16
  • Seine-St-Denis 29
  • Val-de-Marne 18
  • Val-d'Oise 22

Les intoxications dues à des appareils raccordés (chaudières et chauffe-eau au gaz) représentaient près de 60 % des épisodes domestiques survenus en 2015 dans la région (près de 75 % sur Paris et la petite couronne).

L’autre particularité régionale est la fréquence des intoxications par braséro/barbecue, deuxième source d’intoxication en Île-de-France, avec 13% des foyers concernés au niveau régional et 21% en Seine-Saint-Denis (93). 

Aller plus loin

Contact

Contenu

Centre Antipoison et de Toxicovigilance de PARIS
Hôpital Fernand WIDAL
200 rue du Faubourg Saint Denis
75475 Paris Cedex 10
cap.paris@lrb.aphp.fr

Laboratoire Central de la Préfecture de Police (L.C.P.P.)
39 bis, rue de Dantzig
75015 PARIS
Tél : 01 55 76 24 15
pp-labcent@interieur.gouv.fr