Les Franciliennes, les Franciliens et leur santé en 2025 : le baromètre ARS Île-de-France / Toluna Harris Interactive

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L’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France publie son 3ème baromètre annuel sur « les Franciliennes, les Franciliens et leur santé » avec l’institut Toluna Harris Interactive. Ce baromètre permet de suivre le ressenti et les avis des habitants de la région quant à la prise en charge de leur santé, leur accès aux soins, ou encore leurs souhaits pour leur santé pour l’avenir.

Initié en 2022 dans le cadre de la démarche de co-construction du Projet régional de santé 2023-2028 entre l’ARS et l’ensemble de ses partenaires, ce baromètre a vocation à suivre les progrès réalisés, notamment en matière d’accès aux soins et de lutte contre les inégalités de santé. L’enquête a été réalisée du 13 au 19 novembre 2025 par internet auprès d’un échantillon de 3 040 habitants d’Île-de-France représentatif de la population francilienne âgée de 18 ans et plus et auprès d’un échantillon de 1 033 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 

Voici ses principaux enseignements.  

Comme en 2024, 74% des Franciliens se déclarent satisfaits de la prise en charge de leur santé dans leur région (et 89% se déclarent en bonne santé) en dépit de disparités territoriales toujours très marquées.

Ce taux de satisfaction reste très supérieur à la moyenne nationale (69% qui affiche néanmoins une progression de 4 points par rapport à 2024). De fortes inégalités territoriales demeurent encore même si elles tendent, selon les Franciliens interrogés, à converger. En effet, Paris (79% en recul de 5 points), les Hauts-de-Seine (77%, soit - 4 points versus 2024) et le Val-de-Marne (75% en 2025) dépassent la moyenne régionale rejoints par la Seine-Saint-Denis (77% en 2025 en progression de 7 points par rapport à 2024) alors qu’à l’inverse, la satisfaction est moindre dans les Yvelines (70% - 2 points). Mais elle s’améliore dans les autres départements de la Grande couronne : le Val d’Oise (72% en 2025 contre 69% en 2024) et l’Essonne (70% cette année contre 68% l’an passé), et plus fortement encore en Seine-et-Marne (66% versus 63% en 2024).

À noter également le sentiment d’une amélioration dans la prise en charge du handicap dans la région avec toutefois une marge de progrès qui reste importante avec 64% (contre 60% en 2024) des Franciliens en situation de handicap qui jugent qu’en Île-de-France, les personnes handicapées bénéficient d’un bon accès aux soins. 

Contrairement aux idées reçues, plus de 7 Franciliens sur 10 considèrent qu’ils accèdent facilement aux services d’urgences. Il existe néanmoins de fortes différences entre les différents départements : 76% des habitants de Paris disent accéder facilement aux urgences, comme 75% des habitants des Hauts-de-Seine et du Val-d’Oise mais uniquement 66% des habitants de la Seine-et-Marne (néanmoins en hausse de 6 points par rapport à 2024).

Le jugement est plus nuancé s’agissant de l’accès à un médecin spécialiste puisque 69% des Franciliens déclarent avoir des difficultés pour consulter un médecin spécialiste. 57% des Franciliennes et Franciliens déclarent rencontrer des difficultés pour consulter un médecin généraliste, en progression de 3 points par rapport à 2024, contre 49 % pour les Français. L’accès aux médecins généralistes est également marqué par des inégalités territoriales : 69% des habitants de la Seine-et-Marne rencontrent des difficultés, tout comme 66% de ceux de l’Essonne et 63% de ceux des Yvelines, contre 47% de ceux des Hauts-de-Seine et 49% des Parisiens. Les habitants de la grande couronne affirment davantage que les autres rencontrer des difficultés à pouvoir consulter un médecin, qu’il soit généraliste ou spécialiste.

La question de l’accessibilité financière, enjeu important dans la région comme partout en France, progresse de 10 points en 2025 : 44% des Franciliennes et Franciliens indiquent avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des dernières années, soit une hausse de 4 à 8 points selon les professionnels de santé, et notamment 23% pour la consultation d’un généraliste contre 15% en 2024.

Des attentes d’actions de prévention qui restent en priorité tournées vers la santé environnementale et la santé mentale 

Grande cause nationale 2025, prolongée en 2026, la santé mentale se place désormais en 1ère position des attentes (50%) et s’impose de plus en plus nettement dans les souhaits exprimés (+ 13 points par rapport au baromètre 2022). 

La santé mentale est ainsi un enjeu de plus en plus central dans la région.  Plus de 4 Franciliens sur 10 déclarent avoir déjà ressenti le besoin de consulter un professionnel de santé concernant leur santé mentale, une part en légère hausse depuis 2024. Le psychologue (41%) et le médecin psychiatre (24%) apparaissent comme moins consultés pour des problèmes liés à la santé mentale qu’en 2024 au profit du médecin généraliste (36%) et de l’hôpital (20%, + 20 points). À noter le besoin toujours pressant de renforcer les actions d’information, de sensibilisation et de prévention des troubles liés à la santé mentale afin notamment de casser les préjugés puisque 41% des Franciliens concernés n’ont pas osé consulter pour ce type de trouble (le fait de ne pas savoir à qui s’adresser est également un facteur de non-consultation non négligeable). 

Par ailleurs, dans une région où 58% des habitants jugent que l’environnement et les pollutions ont des effets négatifs sur leur santé (contre 48% des Français dans leur ensemble), 42% des Franciliens demandent des actions de prévention sur la santé environnementale. 

La lutte contre les addictions se place en 2ème position des domaines d’action prioritaires en matière de prévention (pour 45% des Franciliens). 

Prise en charge de la grossesse : un regard positif sur l’accompagnement à la parentalité 

La prise en charge de la grossesse en Île-de-France est plutôt bien perçue notamment avant et pendant l’accouchement. Le constat est un peu plus nuancé au sujet du post-accouchement. 82% des femmes enceintes ou ayant récemment accouché sont satisfaites de leur prise en charge. Avant l’accouchement, elles sont notamment 81% à déclarer une bonne prise en compte de leur sécurité médicale physique et psychique et 81% à considérer disposer d’un accès facilité aux droits sociaux (+ 8 points versus 2024). Des réserves sont toutefois exprimées concernant la prise en compte, avant l’accouchement, des vulnérabilités sociales, ou physiques des femmes (73% (+ 9 points versus 2024) ou encore des contraintes pesant spécifiquement sur elles, comme la conciliation entre vie personnelle et professionnelles, les transports ou les difficultés financières (66%, soit + 13 points versus 2024). Le niveau de satisfaction est globalement plus faible après l’accouchement (entre 66 et 79% selon les indicateurs) bien qu’ils soient tous en hausse depuis 2024.

A noter que les Franciliennes continuent à rencontrer plus de difficultés que la moyenne nationale pour accéder à un professionnel pour leur suivi gynécologique (61%, soit 7 points de plus que la moyenne nationale).

Vaccination : un état d’esprit largement favorable, mais une information à améliorer

6 Franciliens sur 10 s’estiment bien informés sur les différents vaccins et rappels obligatoires que l’on doit réaliser au cours de sa vie. Un sentiment d’information majoritaire mais hétérogène sur le territoire. Néanmoins seuls 38% des Franciliens sont certains d’être à jour de leurs vaccins, et 39% pensent l’être sans en être sûrs. 

Plus spécifiquement, le vaccin contre les infections à Papillomavirus humains jouit d’une notoriété importante (87% en ont entendu parler), et la vaccination des collégiens contre les infections à Papillomavirus humain est largement jugée comme une bonne chose, que ce soit par les Franciliens (87%) ou par les Français (89%). 

Les priorités et attentes des Franciliens restent stables pour les années à venir

Les habitants d’Île-de-France indiquent qu’il faut en priorité faciliter l'accès aux soins, d’abord aux médecins spécialistes (46%), à l’hôpital (45%) puis aux médecins généralistes (41%). Si l’accès aux médecins et à la prise en charge à l’hôpital restent des attentes prioritaires, notamment en grande couronne, elles reculent tendanciellement, tandis que le renforcement de la prévention à tous les âges progresse (+ 6 points versus 2024). Les enjeux de la prévention sont plus cités à Paris et dans les Hauts-de-Seine, tout comme la lutte contre les inégalités sociales en Seine-Saint-Denis. Les habitants de grande couronne mettent quant à eux davantage l’accent sur l’accès à un médecin généraliste. 

L’ensemble de ces résultats viennent confirmer les priorités inscrites dans le Projet régional de santé 2023-2028, notamment sur la santé mentale et la périnatalité, les orientations pour les ressources humaines en santé et les objectifs de réduction des inégalités de santé, qu’elles soient sociales, environnementales ou territoriales.