L’Agence développe des actions de prévention, d’information et de vaccination, avec les associations de santé sexuelle et de santé communautaire et les élus, qui évolue et s’intensifie. Parmi les mesures déployées : assurer la sensibilisation et l’entière mobilisation des laboratoires, professionnels et établissements de santé, organiser les filières de prise en charge diagnostique et thérapeutique, diffuser des messages de prévention ciblés avec les associations, et organiser le fonctionnement et la montée en puissance de 25 centres de vaccination en ville, avec et sans rendez-vous, dont un centre dédié à Paris.
Avec plus de 1 300 cas déclarés en Île-de-France, dont 15 cas féminins et 4 cas pédiatriques (dont un en cours d’investigation), la région francilienne est particulièrement concernée. En Ile-de-France, chaque jour, 60 à 70 nouveaux cas sont déclarés auprès de l’ARS et SPF. L’épidémie en Île-de-France a les mêmes caractéristiques que celles décrites par Santé Publique France (SPF) au niveau national : à ce jour, en France, 96 % des cas pour lesquels l'orientation sexuelle est renseignée sont survenus chez des personnes ayant des relations sexuelles multipartenaires fréquentes. Parmi les cas pour lesquels l'information est disponible, 74% déclarent avoir eu au moins 2 partenaires sexuels dans les 3 semaines avant l'apparition des symptômes. Les cas féminins et pédiatriques font l’objet d’une investigation approfondie et d’une démarche de contact tracing, et ne présentent aucun signe de gravité (Source : SPF). A ce jour, il n’y a pas d’hospitalisation liée à la variole du singe dans la région. Quelques courts séjours à l’hôpital ont été enregistrés en juillet pour des complications ponctuelles.
Avec les associations les plus concernées, l’ARS informe régulièrement sur la maladie (symptômes, conduite à tenir) et développe une prévention adaptée, intégrant une approche de réduction des risques associée à des actions de prévention. Des outils nationaux ont été mis à disposition, complétés depuis plusieurs semaines par des outils multilingues créés par l’ARS Île-de-France. L’Agence réunit chaque semaine l’ensemble des partenaires, associations et CeGIDD, pour repérer les difficultés et élaborer les réponses appropriées. L’Agence a également engagé des actions d’information en direction des personnes moins touchées par la communication communautaire. Dans l’ensemble de ces démarches, et toujours en lien avec les acteurs concernés, une attention particulière est portée à la non-stigmatisation et à une approche participative.
L’ARS assure le déploiement de la campagne de vaccination avec SPF, s’agissant de la mobilisation d’un vaccin du stock stratégique de l’Etat. L’organisation mise en place en Île-de-France s’appuie sur les services de maladies infectieuses et tropicales des hôpitaux pour les cas contact.
Dès l’extension des indications de vaccination (le 8 juillet dernier en prévention avec la publication de l’avis émis par la Haute Autorité de Santé (HAS), pour les personnes à haut risque d’exposition, les circuits d'approvisionnement des doses de vaccin ont été développés en urgence et l’ARS Île-de-France a organisé et financé l’ouverture de 25 lieux de vaccination adaptés au parcours des patients pour assurer les injections auprès des personnes ciblées par la HAS : les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans qui sont multipartenaires, les travailleurs du sexe, les professionnels exerçant dans les lieux de consommation sexuelle, et au cas par cas pour les professionnels amenés à prendre en charge les personnes malades. De nouvelles structures sont actuellement en cours d’ouverture. A la date du 28 juillet, plus de 8 000 injections ont d’ores-et-déjà été réalisées grâce à la mobilisation de l’ensemble des acteurs en Île-de-France, soit 70% des vaccinations réalisées en France, avec une montée en charge importante (5000 des 8000 vaccinations se sont faites la semaine du 25 juillet).
En particulier, 18 centres de vaccination ont été ouverts à Paris, département qui dénombre le plus de cas, grâce à la mobilisation conjointe de l’ARS et de la Ville de Paris. Parmi les récentes ouvertures, le centre Edison, situé dans le 13ème arrondissement, a permis de réaliser 291 injections depuis son ouverture le 26 juillet, soit 97 en moyenne par jour. L’objectif est d’augmenter rapidement ses capacités pour en faire un “très grand centre de vaccination” et atteindre les 2 000 rendez-vous hebdomadaires à court terme.
La sensibilisation de la population francilienne, la prévention y compris chez les personnes moins informées, la lutte contre les stigmatisations, et le déploiement de la campagne de vaccination sont au cœur des préoccupations de l’Agence. La campagne de vaccination va s’intensifier avec notamment la mise à disposition d’équipes désignées dans les CeGIDD. L’ARS Île-de-France a dû toutefois faire face à des difficultés, notamment liées à la conservation, au transport et à la traçabilité du vaccin issu des stocks de l’Etat mais aussi à un manque de ressources humaines qui ont pu freiner le déploiement de la vaccination. Les CeGIDD, dont ceux gérés par la Ville de Paris et financés par l’Agence, connaissent également les mêmes difficultés. Le ministre de la Santé, François Braun, a signé ce mardi 26 juillet, un arrêté permettant aux retraités et aux étudiants en santé de vacciner.
Concernant la prise en charge des patients et le diagnostic biologique, le parcours des patients a été progressivement élargi et adapté depuis le mois de mai. Initialement centré sur les « Etablissements de Santé de Référence », le diagnostic biologique est maintenant réalisé dans l’ensemble des laboratoires de niveau 3 de la région. Le remboursement par l’Assurance Maladie des tests PCR va lui aussi faciliter la mise en place d’un parcours de diagnostic en dehors de l’hôpital.
Les personnes volontaires et concernées pourront accéder à la vaccination sur la base d’une auto-déclaration de leur statut de personne cible pour la vaccination, après évaluation de la balance bénéfice-risque individuelle de cette vaccination. Les personnes rapportant un contact à risque avec une personne malade pourront également accéder de la même manière à la vaccination. La vaccination ne confère pas une protection immédiate, aussi il est important de continuer à réduire les risques de transmission et d’éviter tout contact au moindre symptôme.
L’ARS Île-de-France informe continuellement l’ensemble des associations et des professionnels des circuits de prise en charge et diffuse les recommandations de bonnes pratiques auprès de tous. L’Agence a mis en ligne sur son site un espace dédié contenant toutes les informations sur la variole du singe. Ces informations, actualisées quotidiennement, sont largement diffusées à l’ensemble des interlocuteurs.





