Les urgences médico-psychologiques (UMP)

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Des situations d’urgence médico‑psychologique (UMP) peuvent survenir lorsqu’un événement traumatique provoque des blessures psychiques individuelles ou collectives, immédiates ou différées, aiguës ou chroniques, chez les personnes impliquées.

Ces situations peuvent avoir des conséquences psychologiques immédiates ou différées, et nécessitent une prise en charge rapide pour limiter limpact du traumatisme et prévenir les troubles psychiques à long terme.

Qu’est‑ce que le risque d’urgence médicopsychologique (UMP) ?

Le risque UMP correspond à l’ensemble des situations où un événement soudain et potentiellement traumatisant peut entraîner une détresse psychique chez les victimes, leurs proches, les témoins ou les professionnels mobilisés. 

Les urgences collectives médico-psychologiques peuvent être la conséquence : 

  • D’un accident (accident collectif de circulation, explosion, incendie, catastrophe naturelle, etc.) ; 

  • D’une action terroriste (agression collective par armes de guerres, explosion, ...) ; 

  • D’une épidémie importante (ex. du Covid-19) ; 

  • D’un conflit armé potentiellement de haute intensité. 

Ces situations peuvent provoquer stress aigu, sidération, anxiété, troubles du sommeil ou réactions émotionnelles intenses. Une intervention précoce permet de réduire le risque d’évolution vers un trouble psychotraumatique.

Comment se préparer au risque d’urgence médico‑psychologique et y faire face ?

Pour répondre efficacement à ces urgences, l’ARS Île-de-France organise et coordonne un dispositif spécialisé mobilisable à tout moment, en lien avec les SAMU :

  • Activation rapide des Cellules d’Urgence Médico‑Psychologique (CUMP) en cas d’événement traumatique ;

  • Prise en charge immédiate des victimes, témoins et proches pour évaluer leur état psychique et proposer un soutien adapté ;

  • Accompagnement des professionnels de secours exposés à des situations difficiles ;

  • Orientation vers des structures de soins pour un suivi psychologique ou psychiatrique si nécessaire.

Les équipes pluridisciplinaires (psychiatres, psychologues, infirmiers) des CUMP sont formées pour intervenir en urgence et prévenir l’installation de troubles psychiques post-traumatiques. Ce dispositif repose sur des professionnels de santé volontaires, mobilisés en tant que de besoin.

De plus, dans le cadre du dispositif ORSAN régional, le plan ORSAN MÉDICO-PSY piloté par l’ARS Île-de-France définit l’organisation de la réponse du système de santé face à un événement provoquant un nombre important de blessés psychiques, dépassant les capacités habituelles des CUMP et des établissements de santé dans la région francilienne.

Les Cellules d’Urgence Médico‑Psychologique (CUMP) en Île-de-France

En Île-de-France, chaque département dispose d’une CUMP départementale renforcée. 

La CUMP départementale de Paris (75) joue un rôle central en tant que CUMP zonale et CUMP régionale pour la région francilienne. Située à l’Hôpital Necker Enfants malades AP-HP à Paris, elle assure la mission de référence régionale MEDICO-PSY et coordonne les 7 autres CUMP de la région. Elle remplit également une mission nationale et peut mettre en place un Poste d’Urgence Médico-Psychologique (PUMP) téléphonique national.

CUMP

Etablissement siège de la CUMP et du SAMU 

Contact

CUMP 75

Hôpital Necker Enfants malades AP-HP - Paris

cump.samu75@aphp.fr

CUMP 77

Groupe hospitalier Sud Île-de-France (GHSIF) - Melun

cump77@ghsif.fr

CUMP 78

Centre Hospitalier de Versailles - Versailles

cump78@ght78sud.fr

CUMP 91

Centre Hospitalier Sud Francilien - Corbeil-Essonnes

cump.samu91@chsf.fr

CUMP 92

Hôpital Raymond-Poincaré AP-HP - Garches

cump.samu92@aphp.fr

CUMP 93

Hôpital Avicenne AP-HP - Bobigny

cump.93@aphp.fr

CUMP 94

Hôpital Henri-Mondor AP-HP - Créteil

cump.samu94@aphp.fr

CUMP 95

Hôpital Novo - Pontoise

cump95@ght-novo.fr

Si vous êtes médecin psychiatre, psychologue ou infirmier, en milieu hospitalier ou en médecine de ville, et que vous souhaitez vous former et vous engager au sein du dispositif de l’urgence médico-psychologique : les inscriptions sur les listes de volontaires sont toujours ouvertes ! Il vous suffit de prendre contact avec la CUMP de votre département. Une convention sera ensuite établie entre l’établissement siège de la CUMP et du SAMU, et votre structure de rattachement (employeur ou conseil départemental de l’Ordre pour les professionnels libéraux).

Infirmière depuis dix ans et volontaire en urgence médico-psychologique (UMP) depuis quatre ans, Fanette Aïthocine est aujourd’hui infirmière de coordination et référente des liens ville-hôpital à la M2A-DAC Paris Centre (Maison des Aînés et des Aidants – Dispositif d’Appui à la Coordination). Elle est également engagée dans la task force internationale de la Réserve sanitaire, avec un premier déploiement à Mayotte après le cyclone Chido.

«Très tôt dans ma pratique, j’ai ressenti le besoin de mieux accompagner les patients confrontés à des événements traumatiques. J’ai intégré la CUMP en 2022 et j’ai participé à ma première mission peu après, en tant qu’observatrice. Depuis, j’interviens régulièrement sur différentes opérations. J’apprécie la souplesse du dispositif : les volontaires peuvent indiquer leurs disponibilités selon leur contexte professionnel, sans être soumis à une astreinte systématique. »

Sur le terrain, les rôles sont transversaux. Psychologues, psychiatres et infirmiers interviennent ensemble pour évaluer, accueillir et soutenir les victimes ou les témoins. Les interventions se structurent autour de deux grandes missions :

  • accompagner les personnes confrontées à un événement potentiellement traumatique (exposition brutale à la mort, menace pour leur vie ou celle d’autrui) ;
  • soutenir les primo-intervenants : professionnels de santé, forces de l’ordre, salariés du lieu de l’événement.

     

« À Paris, nous sommes de plus en plus identifiés, donc très souvent sollicités. »

 

La CUMP peut être activée lors de situations sanitaires exceptionnelles, mais aussi pour des événements traumatiques du quotidien. Les personnes rencontrées présentent souvent un stress aigu, réaction normale face à un choc. D’autres sont en état de stress dépassé (sidération, agitation, effet tunnel) : « Notre rôle est alors de les repérer rapidement et de les ramener à la réalité. Nous les aidonsà verbaliser leur vécu, à remettre de la chronologie dans leur récit et à identifier les réactions normales après un choc psychologique. Si nécessaire, une orientation vers une prise en charge adaptée est proposée, parfois accompagnée d’un rappel à distance de l’événement. »

Au fil des interventions, Fanette Aïthocine a été mobilisée sur des situations très variées : « attaques au couteau, défenestrations, homicides, explosions, décès sur des lieux de travail… »

Concrètement, lorsqu’une intervention est déclenchée, les volontaires reçoivent un message indiquant le lieu et l’horaire. Sur place, un permanent de la CUMP réalise un briefing, partage les informations et fixe les priorités.

 « On peut mener des entretiens sur les marches du RER, dans un bar prêté pour l’occasion, avec des personnes de cultures différentes ou encore avec des soignants ayant vécu un événement traumatique dans leur service. », explique-t-elle. 

Les équipes travaillent également en lien étroit avec les secours, la police judiciaire et les autres acteurs présents. Après chaque mission, un débriefing est organisé avec les permanents de la CUMP afin de partager le vécu des intervenants. Des formations régulières, notamment au SAMU de Paris, complètent ce dispositif : apports théoriques, mises en situation, accompagnement spécifique des enfants.

Parfois, certaines missions se déroulent à distance via des postes d’urgence médico-psychologiques téléphoniques (PUMP), mobilisés pour soutenir des ressortissants français et leurs familles en France ou à l’étranger, par exemple au Moyen-Orient ou à Mayotte après le cyclone Chido.

 

« Les formations et exercices de crise sont précieux, car ils nous préparent à affronter le terrain, parfois même l’impensable, tout en renforçant nos capacités de protection. »

 

Les volontaires participent aussi à des exercices de grande ampleur simulant des situations de crise. « L’un des plus marquants a été celui organisé en préparation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 : une simulation nocturne mobilisant près de 500 figurants, avec les équipes du SAMU d’Île-de-France, les pompiers et la Protection civile. »

Pour l’infirmière, rejoindre une CUMP s’est imposé comme une évidence : « Nous intervenons très tôt auprès de personnes en état de choc : nous faisons souvent partie de leurs premiers repères. »

Elle souligne également la reconnaissance croissante du psycho-traumatisme, de la prévention du trouble de stress post-traumatique et du traumatisme vicariant dans les professions exposées à la souffrance ou à l’exceptionnel : soignants, magistrats, grands reporters.

« S’engager dans une CUMP, c’est aller à la rencontre de personnes qui viennent de traverser l’impensable et leur offrir écoute et présence. C’est aussi rejoindre une équipe soudée, aux parcours variés et profondément engagée. », conclut-elle.