Selon les dernières estimations de Santé publique France, le tabagisme a été responsable de plus de 68 000 décès prématurés et évitables en 2023, soit 11 % de l’ensemble des décès enregistrés dans le pays. Le tabac représente ainsi 16 % des décès chez les hommes et 6 % chez les femmes.
Au-delà de cette mortalité massive, le tabagisme constitue également un fardeau majeur de morbidité. Les cancers représentent à eux seuls 57 % des décès attribuables au tabac. Le tabagisme est également impliqué dans près d’un tiers des décès liés aux maladies respiratoires chroniques et dans environ un décès cardio-neurovasculaire sur dix. Ces données rappellent que le tabac demeure un enjeu majeur de santé publique, responsable de pathologies lourdes, chroniques et invalidantes.
Les indicateurs récents témoignent néanmoins d’une amélioration encourageante. En France hexagonale, la prévalence du tabagisme quotidien chez les 18-75 ans s’établissait à 23,1 % en 2023, soit le niveau le plus faible jamais enregistré depuis la mise en place de cet indicateur. Plus globalement, environ 31 % des adultes déclaraient fumer, qu’il s’agisse d’un usage quotidien ou occasionnel.
En Île-de-France, la prévalence du tabagisme quotidien reste inférieure à la moyenne nationale, notamment chez les adultes. Cette situation favorable ne doit toutefois pas masquer les fortes disparités territoriales et sociales observées au sein de la région. Comme au niveau national, le tabagisme touche davantage les populations les plus précaires, les personnes sans diplôme, les personnes au chômage ou encore certains publics particulièrement exposés aux vulnérabilités sociales et psychiques.
Les inégalités sociales de santé demeurent marquées face au tabac
Santé publique France observe un écart de près de 12 points de prévalence du tabagisme quotidien entre les personnes aux revenus les plus faibles et celles disposant des revenus les plus élevés. Ces inégalités interrogent directement les enjeux d’accès à la prévention, au repérage précoce et à l’accompagnement au sevrage tabagique.
Si la baisse du tabagisme est également très forte chez les moins de 18 ans, les données récentes montrent cependant une progression importante du vapotage chez les adolescents. Les travaux publiés par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) mettent en évidence une hausse marquée de l’expérimentation et de l’usage quotidien de la cigarette électronique chez les lycéens entre 2015 et 2024.
En 2024, 46 % des lycéens déclaraient avoir déjà expérimenté la cigarette électronique, contre 35,1 % en 2015. Cette progression est particulièrement marquée chez les élèves de lycée professionnel, où l’expérimentation atteint près de 59 %. L’usage quotidien du vapotage chez les lycéens a également plus que doublé en quelques années, passant de 2,8 % en 2018 à 6,8 % en 2024.
Les données relatives aux « puffs » appellent également une vigilance particulière. Avant leur interdiction en France en 2025, 39,4 % des lycéens et 16,6 % des collégiens déclaraient avoir déjà expérimenté ces cigarettes électroniques jetables. Parmi les jeunes ayant expérimenté la cigarette électronique, plus de 85 % avaient utilisé une puff. L’OFDT souligne également qu’une part importante des adolescents ayant expérimenté les puffs n’avait jamais utilisé de cigarette électronique rechargeable auparavant.
Ces évolutions interrogent les stratégies marketing ciblant les jeunes publics ainsi que les risques d’initiation précoce à la nicotine. Si la cigarette électronique peut constituer, pour certains fumeurs adultes, un outil de réduction des risques dans une démarche d’arrêt du tabac, son usage chez les adolescents n’est pas sans conséquence. L’exposition à la nicotine au cours de l’adolescence peut favoriser l’installation d’une dépendance durable et avoir des effets sur le développement cérébral et les comportements addictifs futurs.
Dans ce contexte, l’ARS Île-de-France poursuit son engagement en faveur de la prévention du tabagisme et des conduites addictives, du soutien au sevrage tabagique et de la réduction des inégalités sociales de santé. La mobilisation des professionnels de santé, des établissements scolaires, des associations et de l’ensemble des acteurs de terrain demeure essentielle pour protéger les jeunes générations et accompagner durablement les personnes souhaitant arrêter de fumer.
Dépistage du cancer du poumon : les inclusions du programme de recherche IMPULSION sont ouvertes
Le programme de recherche IMPULSION est l'étape préalable à la généralisation d'un programme organisé du dépistage du cancer du poumon. La participation de 20 000 volontaires doit permettre notamment d'évaluer, dans le contexte français, le taux de détection de ce cancer dans la population dépistée et déterminer les conditions et modalités de mise en œuvre les plus sûres et efficaces pour la population cible. Les personnes de 50 à 74 ans, répondant aux critères (fumeurs ou anciens fumeurs ayant arrêté depuis moins de 15 ans), disposent de plusieurs modalités pour manifester leur souhait de participer.
Programme financé par l'Institut national du cancer et co-piloté par les Prs Marie-Pierre Revel (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) et Sébastien Couraud (Hospices Civils de Lyon). Il débute dans 5 régions pilotes : Île-de-France, Hauts-de-France, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes.
Plus d’informations : Dépistage du cancer du poumon : les inclusions du programme de recherche IMPULSION sont ouvertes | Agence régionale de santé Ile-de-France





