Ce programme est financé par l'Institut national du cancer à hauteur de 6 millions d'euros et co-piloté par les Prs Marie-Pierre Revel (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) et Sébastien Couraud (Hospices Civils de Lyon). Il débute dans 5 régions pilotes (Île-de-France, Hauts-de-France, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes).
Avec également un soutien financier de la direction générale de la santé et des Agences régionales de santé pour le déploiement de coordinations régionales, ce programme pilote a pour objectif de déterminer les contours d'un futur programme national. Avec un objectif de 20000 inclusions, le programme IMPULSION s'adresse aux personnes de 50 à 74 ans, fumeuses et ex-fumeuses ayant arrêté depuis moins de 15 ans1. Il repose sur la réalisation d'un scanner thoracique à faible dose et la proposition d'un accompagnement au sevrage tabagique. Les cancers du poumon touchent chaque année près de 53 000 personnes et sont à l'origine de près de 30 900 décès2. Ce cancer de mauvais pronostic a un taux de survie nette à 5 ans de 20 %3. Dans 73 % des cas, il est détecté à un stade avancé, ce qui restreint considérablement les chances de guérison. Les études montrent qu'un dépistage par scanner pourrait réduire d'environ 20 à 25 %4 la mortalité liée à ce cancer.
20 000 VOLONTAIRES POUR DESSINER LE FUTUR PROGRAMME DE DÉPISTAGE DU CANCER DU POUMON
Le programme de recherche IMPULSION est l'étape préalable à la généralisation d'un programme organisé du dépistage du cancer du poumon. La participation de 20 000 volontaires doit permettre notamment d'évaluer, dans le contexte français, le taux de détection de ce cancer dans la population dépistée et déterminer les conditions et modalités de mise en œuvre les plus sûres et efficaces pour la population cible. Sur les 5 régions dans lesquelles les inclusions débutent, plus d'une centaine de professionnels de santé sont d'ores et déjà mobilisés pour les consultations d'inclusion et l'orientation vers l'aide au sevrage tabagique. Systématiquement proposée, l'absence de sevrage ne conditionnera pas la participation au programme. Dans chaque région, 5 à 15 centres de radiologie habilités à réaliser les scanners thoraciques dans le cadre de cette recherche, ouvriront progressivement au cours de l'étude.
EN PRATIQUE
Les personnes de 50 à 74 ans, répondant aux critères (fumeurs ou anciens fumeurs ayant arrêté depuis moins de 15 ans), disposent de plusieurs modalités pour manifester leur souhait de participer. Deux parcours mènent à la consultation d'inclusion qui valide l'inscription à IMPULSION.
1/ La proposition d'un professionnel de santé
Le professionnel de santé propose à son patient de participer au dépistage du cancer du poumon. Il lui transmet les informations nécessaires sur ce programme. S'il fait partie des médecins investigateurs du programme, il pourra, après s'être assuré de son éligibilité, l'inscrire directement. S'il n'est pas médecin investigateur, il oriente son patient vers un médecin investigateur qui procédera à son inclusion dans le programme.
2/ La manifestation spontanée
La personne qui souhaite participer au programme de recherche peut vérifier son éligibilité :
soit en contactant le 34 33, le centre d'appel national ;
soit en se connectant au site https://www.depistage-cancer-pou mon.fr/.
Une fois cette éligibilité évaluée, elle aura accès à la liste des médecins investigateurs afin de prendre rendez-vous pour la consultation d'inclusion au programme.
LA CONSULTATION D'INCLUSION
La consultation d'inclusion permet de confirmer l'éligibilité de la personne volontaire avant son inscription au programme. Le soignant l'informe en détail sur les modalités de ce dépistage et recueille son accord de participation. Si cette personne fume, une consultation d'aide à l'arrêt du tabac lui est proposée (en cabinet ou en téléconsultation). Cette première consultation pourra être suivie de 2 (télé)consultations complémentaires. Le sevrage tabagique augmente l'efficacité du dépistage. Des études internationales ont démontré que combiner le dépistage à l'arrêt du tabac réduit de 38 %5 le risque de décès par cancer du poumon.
LE SCANNER A FAIBLE DOSE
Le scanner à faible dose est réalisé dans un centre d'examen agréé (la liste est accessible sur le site depistage-cancer-poumon.fr ou auprès du numéro d'appel national 34 33). D'une durée totale de moins de 10 minutes, il ne nécessite pas d'injection. Un premier radiologue analyse les images du scanner. Elles sont ensuite relues par un autre radiologue et par un système d'intelligence artificielle. Cet examen est pris en charge à 100 % par les régimes d'assurance maladie. Si un cancer est diagnostiqué, la personne est orientée vers une équipe pluridisciplinaire spécialisée en oncologie thoracique pour une prise en soins incluant un soutien psychologique. Le scanner peut aussi permettre de détecter d'autres anomalies comme des maladies respiratoires (emphysème ou signes de fibrose), des calcifications sur les artères du cœur ou des signes d'ostéoporose (fragilité osseuse). Elles sont alors signalées au médecin sur le compte rendu. La personne peut le consulter pour en savoir plus et pour un suivi si nécessaire.
13 000 DÉCÈS POURRAIENT ÊTRE ÉVITÉS EN 5 ANS GRÂCE AU DÉPISTAGE
Le cancer du poumon est le 2e cancer le plus fréquent chez les hommes, avec 33 438 cas détectés en 2023, et le 3e le plus fréquent chez les femmes avec 19 339 cas détectés la même année. Il représente la première cause de mortalité par cancer en France avec 30 896 décès en 2022. Le tabagisme représente le 1er facteur de risque de développer la maladie. Sa consommation est responsable de plus de 80 % des cancers du poumon. Alors que le taux d'incidence tend à se stabiliser chez les hommes (- 0.2 % entre 2003 et 2023), il augmente de façon préoccupante chez les femmes (+ 5 % sur la même période)6. Cette augmentation est le résultat d'une consommation de tabac chez les femmes qui s'est intensifiée dans les années 80/90, tandis que celle des hommes commençait à diminuer. La détection de ce cancer à un stade précoce, lorsque les chances de guérison sont plus importantes, demeure difficile. En effet, ce cancer évolue tout d'abord silencieusement et lorsque les symptômes apparaissent, le cancer du poumon est déjà à un stade avancé et le traitement devient alors plus complexe.
Tout l'enjeu de ce dépistage, qui combine un scanner à faible dose et une proposition de sevrage tabagique, est de permettre la détection de la maladie le plus précocement possible de façon à ce qu'un traitement curatif, idéalement chirurgical, soit possible. En 5 ans, en France, on estime à 13 0007 le nombre de décès qui pourraient être évités grâce à ce dépistage.
1 Les personnes concernées sont les fumeurs et exfumeurs dont la consommation cumulée de tabac correspond à au moins 20 paquets années.
Un paquet année correspond à la consommation d'un paquet de 20 cigarettes manufacturées (non roulées) par jour pendant un an ou deux
paquets par jour pendant 6 mois.
2 Institut national du cancer. Panorama des cancers 2025, édition 20 ans.
3 Taux de survie nette standardisée à 5 ans des personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015. Source « Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine,1989-2018 "- Publication, septembre 2020. Institut national du cancer, Santé publique France, Registre français des cancers Francim et Hospices Civils de Lyon.
4 Koning HJ, et al. Reduced Lung-Cancer Mortality with Volume CT Screening in a Randomized Trial. N Engl J Med 2020;382:503-13. National Lung Screening Trial Research Team Aberle DR, et al. Lung Cancer Incidence and Mortality with Extended Follow-up in the National Lung Screening Trial National Lung Screening Trial. J Thorac Oncol. 2019 October; 14(10): 1732-1742. National Lung Screening Trial Research Team, Aberle DR, et al. Reduced lung-cancer mortality with low-dose computed tomographie screening. N. Engl. J. Med. 365, 395-409 (2011)





