La santé avance en Île-de-France

Toxicovigilance et RTU

Article
Dès 2009, alors que la toxicovigilance était une mission pilotée par l’InVS, la Cellule de l’InVS en Régions (Cire) en Île-de-France Champagne-Ardenne et le Centre antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) de Paris ont mis en place un programme collaboratif pour la constitution d’un tableau de bord régional des intoxications aigües humaines dans la région.
Corps de texte

Comment déclarer un cas d’intoxication humaine ?

Appelez le centre antipoison 
Permanence médicale téléphonique : 01 40 05 48 48

et/ou un médecin et/ou 
le SAMU (15)

Partenariat ARS/CAPTV/ Etudes

La Cire et le CAPTV ont commencé à développer, en accord avec l’unité Toxicovigilance de l’InVS, un réseau régional expérimental associant divers partenaires : le service d’accueil des urgences de l’hôpital Lariboisière, pour la surveillance des intoxications bénignes et fréquentes ; et pour la surveillance des intoxications graves, le service de réanimation médicale et toxicologique de l’hôpital Lariboisière et le réseau Cub-Réa qui permet la mutualisation des données médicales issues du PMSI d’une trentaine de service de réanimation franciliens.

En 2011, sous l’impulsion de la cellule de coordination des vigilances et d’appui (CCVA) de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Île-de-France qui rejoint le comité de pilotage, d’autres partenaires s’inscrivent dans l’expérimentation, en particulier la fédération de Pharmacovigilance en IDF et les laboratoires de toxicologie analytique impliqués dans l’expertise des décès associés à des expositions à des agents chimiques. Le renforcement de la surveillance des intoxications aigües en Île-de-France, au travers d’une dynamique commune, vise à fédérer tous les partenaires pertinents, en préservant leurs spécificités ; elle doit permettre de bénéficier de toutes les potentialités de chaque acteur et de proposer un modèle d’observatoire des intoxications aigües.

Pour la première fois en France, une région se dote d’un dispositif multi-partenarial pérenne et reproductible de surveillance globale et multi-focale des intoxications aigües au niveau régional.

Par ailleurs, le centre de Toxicovigilance participe en collaboration avec l’ARS et ses délégations territoriales à l’investigation (en particulier en recevant des patients en consultation) et à l’expertise des cas de pollutions de l’environnement entraînant des expositions en population générale. Il est généralement associé à l’information des populations sur les risques pour la santé qui en résultent.

En association avec l’ARS et la Cire, il coordonne les réseaux régionaux de surveillance spécialisés des intoxications oxycarbonées et des plombémies de l’enfant.

Cadre réglementaire

La toxicovigilance définie par décret a pour objet la surveillance des effets toxiques pour l'homme d'un produit, d'une substance ou d'une pollution aux fins de mener des actions d'alerte, de prévention, de formation et d'information.

Elle comporte le signalement par les professionnels de santé de toute information relative aux cas d'intoxications aiguës ou chroniques et aux effets toxiques potentiels ou avérés résultant de produits ou de substances naturels ou de synthèse non concernés par le dispositif de pharmacovigilance ou de situations de pollution.

Son organisation est basée en particulier sur le réseau national des centres antipoison et des centres de toxicovigilance, d'ores et déjà fonctionnel, et elle doit prochainement être complétée par des arrêtés.

La RTU est au coeur du dispositif mis en place à partir de 2009 et coordonné par la cellule de coordination des vigilances (CCV) de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Ile-de-France, la Cire Ile de France Champagne Ardenne et le CAP de Paris, pour la constitution d’un tableau de bord des intoxications aiguës en Ile de France, en collaboration avec le centre de toxicovigilance, l’unité Toxicovigilance de l’InVS, le service d’accueil des urgences et le service de réanimation médicale et toxicologique de l’hôpital Lariboisière, le réseau Cub-Réa qui permet la mutualisation des données médicales issues du PMSI d’une trentaine de services de réanimation franciliens, la fédération de Pharmacovigilance en IDF et les laboratoires de toxicologie analytique impliqués dans l’expertise des décès associés à des expositions à des agents chimiques.

Par ailleurs, la collaboration entre la RTU du CAP et la plateforme de veille de l’ARS a été renforcée pour un signalement plus réactif des signaux nécessitant une coordination par l’ARS.

Sont définies comme telles :

  • toutes expositions supposées ou avérées à des substances naturelles ou de synthèse entrainant des manifestations chez plusieurs personnes, hors celles déjà prises en charge dans le cadre de réseaux franciliens spécialisés (par exemple intoxications par le monoxyde de carbone ou le plomb)
  • toutes expositions, symptomatiques ou non, susceptibles d’avoir un impact sanitaire ou médiatique régional, du fait de leur gravité virtuelle ou réelle (hors celles qui résulte d’un geste suicidaire), de leur fréquence croissante, ou de leur notoriété médiatique.

Ces signalements sont effectués, en collaboration avec les systèmes de vigilance concernés.

Cadre réglementaire

Réglementairement (article D.6141-43 du Code de la santé publique) un centre antipoison est composé, au minimum, d’une unité de réponse téléphonique à l’urgence toxicologique (RTU) et d’une unité de toxicovigilance (TV) ; ils peuvent en outre, en fonction des moyens et des situations locales, comporter une unité de soins pour intoxiqués, une unité de consultation, un laboratoire de toxicologie analytique et être associés à un centre régional de pharmacovigilance, à un CEIP-A …

La RTU des CAP a pour mission réglementaire (article D. 6141-37 du Code de la santé publique) de répondre, 24h/24 et 7j/7, à toute demande d'évaluation des risques et à toute demande d'avis ou de conseil concernant le diagnostic, le pronostic et le traitement des intoxications humaines, accidentelles ou volontaires, individuelles ou collectives, aiguës ou non, provoquées par tout produit ou substance d'origine naturelle ou de synthèse, disponible sur le marché ou présent dans l'environnement.

En pratique la RTU crée des dossiers qui relèvent de nombreuses vigilances ciblées sur la sécurité des produits : toxicovigilance, mais aussi pharmacovigilance (des médicaments humains sont concernés dans environ 30% des dossiers créés), addictovigilance, matériovigilance, nutrivigilance, phytopharmacovigilance, cosmétovigilance, vigilance des médicaments vétérinaires, vigilance des produits biocides…

Les avis sont donnés par des équipes médicales constituées de médecins, pharmaciens et infirmières sous la coordination d’un toxicologue sénior. Chaque consultation fait l’objet de la création d’un dossier informatisé dans le système d’information commun aux 9 centres antipoison français (SICAP).