Pourquoi participer aux programmes de dépistage organisé des cancers ?
Chaque année, les cancers représentent la première cause de décès chez l'homme et la deuxième chez la femme en France. Pourtant, lorsqu'ils sont détectés à un stade précoce, certains cancers peuvent être traités plus facilement, avec des traitements souvent moins lourds et de meilleures chances de guérison.
C'est tout l'objectif des programmes de dépistage organisé des cancers : proposer à des personnes ne présentant ni symptôme ni facteur de risque particulier des examens simples permettant d'identifier une anomalie avant même l'apparition des premiers signes de la maladie.
En Île-de-France, l'Agence régionale de santé (ARS), en partenariat avec le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers d'Île-de-France (CRCDC-IDF), pilote ces programmes nationaux afin de garantir à tous les habitants un accès équitable à un dépistage de qualité.
Trois cancers font aujourd'hui l'objet d'un programme national de dépistage organisé :
le cancer colorectal ;
le cancer du sein ;
le cancer du col de l'utérus.
Ces dépistages sont proposés selon l'âge, le sexe et la situation médicale de chacun. Ils sont complémentaires au suivi assuré par le médecin traitant ou les autres professionnels de santé.
Des examens simples, rapides et pris en charge à 100 %
Les programmes de dépistage organisé reposent sur des examens validés scientifiquement et réalisés selon un cahier des charges national garantissant leur qualité.
Ils présentent plusieurs avantages :
ils sont simples à réaliser ;
ils sont proposés à intervalles réguliers ;
ils sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais dans le cadre du programme organisé ;
ils bénéficient d'un contrôle qualité permanent.
Cette gratuité constitue un élément essentiel afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier d'un dépistage.
Le dépistage du cancer colorectal de 50 à 74 ans
Le cancer colorectal, également appelé cancer du côlon et du rectum, est l'un des cancers les plus fréquents en France.
Il touche aussi bien les femmes que les hommes et représente la deuxième cause de décès par cancer. Pourtant, détecté tôt, il peut être guéri dans près de 90% des cas.
Le dépistage organisé s'adresse aux femmes et aux hommes âgés de 50 à 74 ans qui ne présentent :
aucun symptôme ;
aucun antécédent familial ou personnel particulier ;
aucun facteur de risque nécessitant un suivi spécifique.
Les personnes présentant des antécédents ou un risque élevé bénéficient d'un parcours de surveillance personnalisé avec leur médecin.
Comment obtenir et réaliser son kit de dépistage du cancer colorectal ?
Tous les deux ans, les personnes concernées reçoivent une invitation de l'Assurance Maladie. Le kit de dépistage peut être obtenu :
auprès de son médecin traitant ;
auprès d'un pharmacien habilité ;
en le commandant sur la plateforme officielle monkit.depistage-colorectal.fr grâce à son invitation.
Le test immunologique est simple, rapide et peut être réalisé directement à domicile. Il consiste à prélever un très faible échantillon de selles afin de rechercher la présence de sang invisible à l'œil nu. Le prélèvement est ensuite envoyé au laboratoire pour analyse grâce à l'enveloppe prévue à cet effet. Quelques jours plus tard, le résultat est communiqué au patient et à son médecin. L'ensemble du dispositif est gratuit et pris en charge à 100 %.
Interprétation du test immunologique : résultat positif ou négatif, que faire ?
La majorité des tests reviennent négatifs. Dans ce cas, aucun saignement n'a été détecté et un nouveau test sera proposé deux ans plus tard.
Un résultat positif ne signifie pas que vous êtes atteint d'un cancer. Il indique simplement que des traces de sang ont été retrouvées dans les selles. Ces traces peuvent être liées à différentes causes, notamment :
un polype ;
une lésion bénigne ;
une inflammation ;
plus rarement un cancer.
Votre médecin traitant vous orientera alors vers un gastro-entérologue afin de réaliser une coloscopie. Cet examen permet d'examiner l'intérieur du côlon et du rectum, d'identifier l'origine du saignement et, si nécessaire, de retirer immédiatement certains polypes avant qu'ils ne deviennent cancéreux.
Quelques chiffres : En 2023 :
Les pharmaciens peuvent suivre une formation proposée par le CRCDC-IDF afin d'être habilités à remettre les kits de dépistage. |
Le dépistage du cancer du sein : la mammographie dès 50 ans
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Chaque année, plusieurs milliers de nouveaux cas sont diagnostiqués en Île-de-France. Lorsqu'il est détecté avant l'apparition des symptômes, les traitements sont souvent moins lourds et les chances de guérison sont améliorées. Le programme national concerne toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans ne présentant pas de risque particulier. Tous les deux ans, elles sont invitées à réaliser une mammographie associée à un examen clinique des seins auprès d'un radiologue agréé.
Comment se déroule l'examen de dépistage organisé du cancer du sein ?
Le dépistage organisé du cancer du sein repose sur la réalisation d'une mammographie tous les deux ans. Cet examen est proposé aux femmes âgées de 50 à 74 ans qui ne présentent ni symptôme, ni facteur de risque particulier nécessitant un suivi spécifique. La mammographie est réalisée par un radiologue agréé, choisi librement par la patiente parmi les professionnels participant au programme national. L'examen comprend :
une mammographie des deux seins ;
un examen clinique des seins réalisé par le radiologue ou un autre médecin
La mammographie permet de détecter des anomalies parfois trop petites pour être palpées. Lorsqu'un cancer est découvert à un stade précoce, les traitements sont généralement moins lourds et les chances de guérison sont plus importantes.
L'importance de la seconde lecture des mammographies
L'une des spécificités du dépistage organisé est la double lecture des mammographies. Si aucune anomalie n'est détectée lors de la première interprétation, les clichés sont systématiquement revus par un second radiologue expert appartenant au CRCDC Île-de-France.
Cette seconde lecture constitue une garantie supplémentaire de qualité. Elle permet d'améliorer la détection de certaines anomalies discrètes qui auraient pu passer inaperçues lors du premier examen. Cette double lecture est l'un des principaux avantages du dépistage organisé par rapport à une mammographie réalisée en dehors du programme national.
Où prendre rendez-vous pour sa mammographie en Île-de-France ?
Les femmes concernées peuvent prendre rendez-vous directement auprès d'un radiologue agréé participant au programme.
Le CRCDC Île-de-France met à disposition une carte des centres de radiologie et des radiologues agréés, facilitant la recherche d'un professionnel à proximité de son domicile.
Quelques chiffres :En Île-de-France, environ 1 761 873 femmes étaient éligibles en janvier 2023. La région reste au premier rang des régions métropolitaines les plus touchées par le cancer du sein, avec un nombre estimé de 9 440 nouveaux cas par an (source : Santé Publique France).
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Le dépistage du cancer du col de l'utérus de 25 à 65 ans
Le cancer du col de l'utérus peut être évité dans une grande majorité des cas grâce à deux moyens de prévention complémentaires :
la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) ;
un dépistage régulier.
Chaque année, plus de 3 100 nouveaux cas sont diagnostiqués en France et environ 770 femmes décèdent de cette maladie. Pourtant, un dépistage régulier permet de détecter les lésions précancéreuses avant qu'elles n'évoluent vers un cancer. Le programme de dépistage organisé concerne les femmes âgées de 25 à 65 ans.
Frottis et test HPV : quel examen selon votre âge ?
Le type d'examen dépend de l'âge.
Entre 25 et 29 ans
Le dépistage repose sur un test cytologique, réalisé à partir d'un frottis du col de l'utérus. Deux premiers examens sont réalisés à un an d'intervalle, puis un frottis est recommandé tous les trois ans si les résultats sont normaux.
Entre 30 et 65 ans
Le dépistage repose sur un test HPV-HR, qui recherche la présence des papillomavirus humains à haut risque. Ce test est réalisé lors d'un prélèvement du col de l'utérus et est recommandé tous les cinq ans lorsque le résultat est normal.
Les prélèvements peuvent être réalisés :
par un gynécologue ;
par une sage-femme ;
par un médecin généraliste ;
dans certains laboratoires, sur prescription médicale.
Les femmes qui ne réalisent pas leur dépistage selon les recommandations reçoivent une invitation de l'Assurance Maladie afin de les encourager à prendre rendez-vous.
Quelques chiffres :
Bon à savoir : les frottis peuvent être réalisés chez une sage-femme, un gynécologue ou un médecin généraliste ou dans certains laboratoires (avec ordonnance). |
Vaccination contre les papillomavirus (HPV) : un moyen de prévention contre les cancers du col de l'utérus
La vaccination contre les HPV constitue le premier moyen de prévention contre le cancer du col de l'utérus.
Elle protège contre les infections à papillomavirus responsables de 70 à 90 % des cancers du col de l'utérus.
Le vaccin est recommandé :
pour toutes les filles ;
pour tous les garçons âgés de 11 à 14 ans ;
avec un rattrapage possible jusqu'à 19 ans.
Depuis la rentrée scolaire 2023, une campagne de vaccination est déployée dans les collèges franciliens afin d'améliorer la couverture vaccinale et de prévenir les cancers liés aux HPV. Il est important de rappeler que la vaccination ne remplace pas le dépistage : les deux démarches sont complémentaires.
Acteurs de santé et partenaires du dépistage en région francilienne
Le succès des programmes de dépistage repose sur la mobilisation de nombreux professionnels de santé.
Médecins traitants, pharmaciens, gynécologues, sages-femmes, gastro-entérologues, radiologues, biologistes et laboratoires participent au parcours de dépistage et d'accompagnement des patients.
Le rôle du Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC Île-de-France)
Le CRCDC Île-de-France coordonne les programmes de dépistage organisé dans la région.
Ses principales missions sont :
assurer le suivi des programmes ;
garantir la qualité des examens ;
organiser la seconde lecture des mammographies ;
former les professionnels participant aux dépistages, notamment les pharmaciens pour la remise des kits de dépistage colorectal.
En lien avec l'ARS Île-de-France, il contribue également à informer le grand public et à améliorer la participation aux programmes de dépistage.
Ressources utiles et outils d'information à télécharger
Plusieurs ressources sont mises à disposition des usagers et des professionnels :
le site du CRCDC Île-de-France ;
la plateforme de commande du kit de dépistage du cancer colorectal ;
les campagnes nationales Mars Bleu, Octobre Rose et les actions de sensibilisation consacrées au dépistage du cancer du col de l'utérus.
Dépistages organisés des cancers : ce qu'il faut retenir
Les programmes de dépistage organisé s’adressent aux personnes ne présentant aucun symptôme ni facteur de risque particulier (comme des antécédents personnels ou familiaux). Le dépistage du cancer du sein concernetoutes les femmes e âgées de 50 à 74 ans, avec des examens recommandés tous les 2 ans. Pour le cancer du col de l'utérus, le dépistage s'adresse aux femmes de 25 à 65 ans; Le dépistage du cancer colorectal quant à lui concerne les hommes et les femmes à partir de 50 ans Si vous présentez des facteurs de risque spécifiques, votre médecin traitant ou votre gynécologue vous orientera vers un suivi personnalisé et adapté.
Si vous avez entre 50 et 74 ans, vous recevez une invitation de l'Assurance Maladie tous les 2 ans. Pour récupérer votre kit de dépistage du cancer colorectal, vous pouvez vous rendre chez votre pharmacien ou votre médecin traitant (généraliste, gynécologue) qui vous le remettra gratuitement. Vous pouvez également commander votre kit en ligne sur le site officiel monkit.depistage-colorectal.fr en vous munissant de votre courrier d'invitation ou en vous connectant via FranceConnect.
Oui. Dans le cadre des programmes nationaux de dépistage organisé pilotés par l'ARS Île-de-France, les examens de dépistage du cancer du sein, du cancer colorectal et du cancer du col de l'utérus sont pris en charge selon les modalités prévues par l'Assurance Maladie. La mammographie de dépistage du cancer du sein (incluant la double lecture de sécurité) ainsi que le test immunologique pour le cancer colorectal sont pris en charge à 100 %, sans avance de frais. Les kits de recherche de sang dans les selles et leur analyse en laboratoire agréé sont également entièrement gratuits. Pour le dépistage du cancer du col de l'utérus (frottis ou test HPV, selon l'âge), les examens réalisés dans le cadre du programme organisé bénéficient également d'une prise en charge par l'Assurance Maladie.
Un résultat positif au test immunologique signifie que des traces de sang invisibles à l'œil nu ont été détectées dans vos selles. Cela ne signifie pas que vous avez un cancer. Dans plus de la moitié des cas, ce saignement est lié à une anomalie bénigne ou à un polype. Votre médecin traitant vous orientera alors vers un gastro-entérologue afin de réaliser une coloscopie. Cet examen permettra d'identifier l'origine du saignement et, si nécessaire, de retirer les polypes avant qu'ils ne se transforment en cancer.
Les programmes de dépistage organisé s'arrêtent à l'âge de 74 ans car les études scientifiques montrent que le rapport bénéfice/risque est maximal entre 50 et 74 ans. Au-delà de 75 ans, vous ne recevrez plus d'invitation automatique de l'Assurance Maladie. Cependant, la surveillance médicale reste essentielle. Parlez-en avec votre médecin traitant : il pourra vous prescrire des examens de contrôle personnalisés (mammographie ou coloscopie) en fonction de votre état de santé général et de vos antécédents.
En partenariat avec l'ARS Île-de-France, le CRCDC-IDF (Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers d'Île-de-France) est chargé de mettre en œuvre, de coordonner et de promouvoir les dépistages organisés sur l'ensemble du territoire francilien. Il assure notamment le suivi des dossiers, la seconde lecture systématique des mammographies jugées normales pour garantir une sécurité maximale, et mène des actions d'information auprès des usagers et des professionnels de santé de la région.





