Au-delà de la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), elle rappelle que la santé sexuelle englobe notamment la vie affective et relationnelle, le consentement, les droits sexuels et reproductifs, ainsi que l'accès à l'information, à la prévention, au dépistage et aux soins tout au long de la vie.
Une mobilisation collective autour de la santé sexuelle
Les associations, CeGIDD, centres de santé sexuelle, établissements d'enseignement se mobilisent partout en Île-de-France à travers de nombreuses actions de prévention, de dépistage, d'information et de sensibilisation.
L’ARS Île-de-France met à disposition une cartographie régionale des actions organisées sur le territoire. Cet outil permet au grand public de découvrir les initiatives proposées près de chez lui tout en valorisant la mobilisation des nombreux partenaires engagés en faveur de la santé sexuelle.
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La parole aux acteurs de terrain
La promotion de la santé sexuelle repose sur une mobilisation collective et l’ARS soutient une grande diversité d’associations dans une démarche de promotion d’une santé sexuelle positive et inclusive.
Pour la journée mondiale 2026, Bernard Bétrémieux, fondateur de l'association "je.tu.il..." revient sur plus de quarante ans d'engagement en faveur de l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Créée en 1981 par un collectif de comédiens, l'association « je.tu.il… » réalise depuis sa création des programmes audiovisuels et le dialogue comme outils d'éducation auprès des jeunes. Pionnière sur des sujets alors tabous, comme les violences sexuelles, l'inceste, les stéréotypes de genre puis, la pédophilie, le consentement par l’éducation à la responsabilité sexuelle et affective, elle développe des actions de sensibilisation et de formation en plaçant toujours les enfants et les adolescents au cœur de la réflexion.
À travers le programme EVARS (Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle) et en collaboration avec l’éducation nationale, l'association intervient aujourd'hui auprès des collégiens, lycéens, étudiants et professionnels de l'enfance pour favoriser la parole, développer les compétences psychosociales et accompagner les jeunes dans la construction de leur rapport à eux-mêmes et aux autres.
Une approche de l'EVARS construite avec les jeunes
S’inscrivant dans le cadre de la promotion de la santé et maintenant dans le cadre du déploiement des actions EVARS, l'association contribue, à partir de ses programmes dans diverses établissements (collège, lycée …), à mettre en place des parcours d’échanges sur des questions en phase avec leurs préoccupations au regard de leur degré de maturité. Les participants sont ainsi amenés à passer de l’affirmation à l’hypothèse pour sortir de l’évidence qui s’impose spontanément à soi, et ce,par la confrontation des points de vue pour considérer une situation sous différents angles, ce qui permet de ne pas être un simple réceptacle d’informations, mais de participer à leur traitement et à leur expression.
« Le travail en groupe est un véritable levier d’éducation tant on sait que la parole à laquelle les jeunes accordent le plus de crédit et de valeur est la parole de leurs pairs. L’enjeu est donc de faire de ce groupe un collectif « pensant » où chacun, par la rencontre de l’autre, se découvrira...
Les espaces d’échanges de l’association « je.tu.il… » sont des espaces de socialisation où les jeunes vont se mettre en lien. Se découvrir semblables et différents. Réunis sur ce qu’ils ont de commun, ils appréhenderont, par la complexité naissant des réponses apportées, la singularité, la différence. » explique Bernard Brétémieux, fondateur de l’association.
Le lien est fondamental dans l'éducatif. Le lien avec les pairs comme avec l'adulte, figure tutélaire. C’est ce lien qui qui favorisera la transmission des connaissances.
Des interventions qui dépassent la seule question de la sexualité
Les actions portent sur de nombreuses thématiques : le consentement, les relations affectives, les violences sexuelles et sexistes, le harcèlement, les addictions, les stéréotypes de genre, la confiance en soi ou encore les compétences psychosociales. Pour le fondateur de l’association, il est essentiel de ne pas dissocier ces différentes dimensions de la sexualité : « on ne peut réduire la sexualité à l’acte sexuel. Il faut en amont travailler sur l'image de soi, sur le regard porté sur soi comme par les pairs, sur l'appartenance au groupe de pairs, sur la confiance, sur sa capacité à décider, à faire des choix, sur le libre arbitre... sur tout ce qui se joue dans la rencontre de l'autre. L’autre différent de soi et non comme un semblable. »
Une attention particulière est également portée à l'implication des professionnels de l’éducation. « Les interventions ne constituent qu'un point de départ : elles doivent ensuite être relayées par les équipes éducatives et médico-sociales afin que les échanges puissent se poursuivre au-delà des ateliers. »
Développer les compétences psychosociales pour prévenir les violences
Selon Bernard Bétrémieux, l'enjeu est avant tout de permettre aux jeunes de développer leur capacité à penser, à comprendre les émotions qui les traverse, et à construire leur propre rapport aux autres. C’est l’occasion de développer les compétences psychosociales, aujourd'hui largement reconnues comme des facteurs de protection contre les violences et les conduites à risque, qui doivent selon lui être au cœur des actions menées auprès des jeunes.
« Même lorsque les sujets sont sensibles ou potentiellement clivants, nous constatons souvent que les échanges apaisent davantage qu'ils ne divisent. Les jeunes réfléchissent, s'interrogent et construisent progressivement leur propre compréhension des enjeux. C'est précisément ce travail de réflexion que nous cherchons à accompagner. Et les établissements nous renvoient combien ce travail contribue au climat scolaire et à la transmission. »





