Méningite - Infections invasives à méningocoque : quel danger pour la santé ?

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Les infections invasives à méningocoque (IIM) sont des infections bactériennes dues au méningocoque. Elles peuvent provoquer une méningite ou une septicémie. D’autres formes cliniques sont aussi décrites comme des arthrites ou des formes avec des symptômes gastro-intestinaux.

Il existe plusieurs types de méningocoques. Les plus fréquents en France sont les méningocoques de groupe B, C, W et Y. Les méningocoques sont des bactéries normalement présentes dans la gorge et le nez de nombreuses personnes. Ces bactéries peuvent se transmettre par voie aérienne ou par la salive. Le méningocoque ne survit pas dans le milieu extérieur. Sa transmission est interhumaine et nécessite un contact proche (moins de 1 mètre) et prolongé.

Le plus souvent, les méningocoques n’entrainent pas de maladies particulières, mais dans certains cas, ils peuvent provoquer des maladies très graves comme les méningites ou les septicémies.

  • La méningite survient lorsque le méningocoque infecte le liquide et les membranes (méninges) qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière.
  • La septicémie à méningocoque (dont la forme la plus grave est le purpura fulminans) est une infection généralisée. Le méningocoque se propage dans tout le corps et provoque alors une infection généralisée du sang et de différents organes. L’état de santé peut se dégrader très rapidement et des taches rouges ou violacées peuvent apparaître sur la peau.

Des symptômes qui doivent alerter

Une fièvre élevée mal tolérée, des maux de tête intenses, une raideur de nuque, une intolérance à la lumière, des nausées, voire, des vomissements, et/ou l’apparition de taches rouges ou violacées (purpura) sur la peau peuvent notamment laisser suspecter une infection invasive à méningocoque. Au moindre doute, il faut contacter en urgence son médecin traitant ou le 15.

Recommandations de vaccination contre les méningocoques 

Nourrissons : depuis le 1er janvier 2025, la vaccination de tous les nourrissons (moins de 2 ans) contre le méningocoque B et contre les méningocoques ACWY est obligatoire.

Adolescents : la vaccination contre les méningocoques ACWY est recommandée entre 11 et 14 ans avec un rattrapage jusqu’à l’âge de 24 ans. Ce rattrapage est essentiel pour protéger directement les jeunes adultes et a également un objectif de protection collective en diminuant la transmission dans la population.

Pour la troisième année consécutive, le ministère de la santé, en lien avec l’Éducation nationale, a lancé à la rentrée 2025 une campagne vaccinale dans les collèges à destination des élèves de 5ème. Jusqu’à présent dédiée à la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), cette campagne inclut désormais le vaccin contre les méningocoques A, C, W et Y.

Qui peut réaliser la vaccination ? 

La vaccination peut être réalisée en cabinet libéral, en pharmacie, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans), ou dans un laboratoire de biologie médicale. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.

Prise en charge précoce des cas, et prévention des cas secondaires

La précocité de la prise en charge est un élément déterminant du pronostic pour le malade et de l’efficacité de la prévention pour son entourage.

Les recommandations concernant la conduite à tenir autour d’un ou plusieurs cas d’infections invasives à méningocoque sont détaillées dans l’INSTRUCTION N° DGS/SP/2018/163 du 27 juillet 2018 relative à la prophylaxie des infections invasives à méningocoque

Déclaration obligatoire (DO) des infections invasives à méningocoque

Les infections invasives à méningocoques sont, en France, des maladies à déclaration obligatoire : les professionnels de santé doivent informer les agences régionales de santé, chargées de mettre en place les mesures de gestion nécessaires. Tout cas doit être notifié sans délai et par téléphone à l’Agence régionale de santé puis une fiche de déclaration obligatoire doit être remplie. 

Tout cas suspect doit faire l’objet d’une confirmation par examen biologique afin d’identifier les méningocoques par culture et/ou PCR. Certains cas peuvent être considérés comme des IIM en l’absence de confirmation biologique lorsqu’ils sont caractérisés par des symptômes cliniques fortement évocateurs d’IIM. L’envoi au Centre national de référence (CNR) des méningocoques et Haemophilus influenzae de toute souche ou de tout matériel positif pour le méningocoque (échantillon clinique ou extrait d’ADN) est indispensable pour typage complet.