Les cyanobactéries se développent principalement en été dans les lacs, les étangs et certains cours d’eau et provoquent un changement de couleur de l’eau. Elles sont naturellement présentes dans les écosystèmes aquatiques, mais leur prolifération, liée aux conditions de températures et à un apport en nutriments trop important, peut entraîner des conséquences sanitaires et écologiques.
Les cyanobactéries, est-ce que c’est ?
Les cyanobactéries appelées cyanophycées ou algues bleues, sont des bactéries ressemblant à des algues microscopiques. Elles sont naturellement présentes dans les milieux aquatiques (eaux douces et salines) et contiennent des pigments qui leur donnent une coloration généralement bleue-verte.
Les cyanobactéries sont :
soit planctoniques c’est-à-dire en suspension dans l’eau,
soit benthiques, ce qui signifie fixées à un support.
Les cyanobactéries planctoniques se développent naturellement dans les eaux douces superficielles, stagnantes, peu profondes et riches en nutriments mais peuvent proliférer de façon soudaine, lorsque les conditions de température et d’ensoleillement leur sont favorables.
En quantités abondantes, elles peuvent alors former des fleurs d’eau, écumes ou mousses, pouvant s’étendre sur la totalité d’un plan d’eau ou s’accumuler près des berges, à l’abri du vent. Cette prolifération peut s’accompagner d’un changement de couleur d’eau (rouge, vert, etc.) et d'odeur nauséabonde.
Les cyanobactéries benthiques sont susceptibles de se développer dans le lit de certains cours d’eau ou sur des structures d’aménagement des baignades. Elles se développent fixées à un support naturel (en général, des galets immergés dans la rivière), et forment à la surface de ceux-ci une pellicule glissante, de couleur verdâtre (parfois marbrée) appelée « biofilm ».
Les biofilms peuvent finir par se décrocher et sont emportés par le courant sous forme de petits amas verdâtres appelés «flocs». Parfois, ils s’accumulent dans des zones d’eaux stagnantes, sur les bords des cours d’eau.
Quels sont les risques sanitaires associés aux cyanobactéries ?
Certaines cyanobactéries produisent des toxines (les cyanotoxines) qui peuvent, lorsqu’elles sont présentes en grande quantité, provoquer des troubles pour la santé des baigneurs, des pratiquants d’activités nautiques et des animaux domestiques. Elles peuvent également se retrouver dans la chair de certains poissons.
L’exposition aux cyanotoxines peut se faire par différentes voies dont principalement l’ingestion ou l’inhalation d’eau contaminée, la consommation de végétaux ou de poissons contaminés ou le contact cutané lors de la baignade ou des activités aquatiques.
Les symptômes les plus courants, sont des symptômes gastro-intestinaux, des états fébriles et des irritations cutanées, quelles que soient les voies d’expositions. L’ingestion ou l’inhalation de cyanobactéries peut également provoquer des toxicités hépatiques (inflammations ou nécroses au niveau du foie) et des neurotoxicités (tremblement, fourmillement, paralysie, etc.), notamment chez les personnes les plus fragiles.
Il est recommandé d’avoir une attention particulière envers les enfants et les animaux domestiques près des sites où une prolifération de cyanobactéries a été mise en évidence et de respecter les éventuelles restrictions affichées sur les sites.
En cas d’apparition de symptômes, consulter rapidement un médecin ou contacter le 15.
Y a t'il des cyanobactéries en Île-de-France ?
En Île-de-France, parmi les baignades contrôlées par l’ARS, 15 baignades ont été identifiées comme présentant un risque de prolifération de cyanobactéries : 4 en Seine-et-Marne, 3 dans les Yvelines, 5 dans le Val-de-Marne et 3 à Paris.
Comment savoir s’il y a des cyanobactéries dans l’eau de baignade ?
Il est recommandé aux exploitants des sites de baignade de surveiller quotidiennement l’aspect de la baignade et de signaler toute suspicion de présence de cyanobactéries à l’ARS Île-de-France afin qu’un contrôle soit réalisé.
Dans le cadre du contrôle des eaux de baignade organisé par l’ARS, les cyanobactéries (via un indicateur, la chlorophylle a) et leurs toxines sont recherchées régulièrement par analyses en laboratoire.
La fréquence du contrôle sanitaire diffère en fonction du risque de prolifération des cyanobactéries :
Pour les baignades identifiées à risque de prolifération de cyanobactéries : les analyses sont réalisées une fois avant l’ouverture de la baignade puis au moins deux fois par mois, durant toute la période d’ouverture ;
Pour les baignades ne présentant pas de risque identifié de prolifération : les analyses sont également réalisées une fois avant l’ouverture de la baignade mais réduites à une fois tous les 30 jours maximum pendant la durée d’ouverture au public.
L’Agence régionale de santé Île-de-France surveille la présence des cyanobactéries sur tous les sites de baignade de la région a minima 2 fois par mois indépendamment du fait qu’un risque de prolifération ait été identifié ou non.
Retrouvez toutes les informations relatives aux baignades et à la qualité de l’eau sur la cartographie ci-dessous.
Dans le cas où la présence de cyanobactéries toxinogènes, c’est-à-dire produisant des toxines, est mise en évidence lors d’une analyse, les contrôles deviennent hebdomadaires dans le cadre d’un contrôle sanitaire renforcé et sont complétés par des recherches de toxines. Tout dépassement des seuils sanitaires autorisés pour les toxines, entraine la fermeture du site de baignade ainsi que de tout ou partie des activités nautiques et il est fortement recommandé de ne pas consommer les produits issus de la pêche. Toutes ces recommandations sont affichées directement sur le site de baignade par l’exploitant lorsque la situation le nécessite.
Présence de toxines en dessous des seuils sanitaires - EAU CONFORME
éviter de se trouver en contact avec des zones de dépôts abondants, d'irisations de couleur verte et de mousse
éviter d'intégrer de l'eau
prendre une douche soignée après la baignade ou la pratique de loisirs nautiques
nettoyer le matériel et les équipements de loisirs nautiques
éviter de laisser boire ou se baigner ses animaux domestiques afin d'éviter toute intoxication par ingestion, consulter un vétérinaire en cas de comportement inhabituel
Présence de toxines au delà des seuils sanitaires - EAU NON CONFORME
baignade interdite
interdiction de pratiquer les activités de loisirs nautiques entrainant un risque d'ingestion d'eau
interdiction de consommer les produits de la pêche issus de ce plan d'eau
Quelles sont les conditions pour rouvrir un site de baignade ?
Si la pratique de la baignade a été interdite en raison de la présence de toxines sur un site, de nouvelles analyses sont réalisées une semaine après les premiers prélèvements. La réouverture du site est conditionnée au retour en dessous des seuils d’alerte de la teneur en toxines.
Où consulter les résultats en cyanobactéries des sites de baignade ?
Les cyanobactéries ne font pas partie des paramètres qui rentrent dans le classement européen des baignades (seuls les paramètres entérocoques intestinaux et Escherichia coli (E. coli) sont pris en considération).
La présence de cyanobactéries ne remet donc pas en cause le classement de la baignade.
Les résultats des cyanobactéries n’apparaissent pas sur le site du ministère concernant la qualité des eaux de baignade. Les résultats des analyses sont communiqués par l’ARS au gestionnaire de la base qui les affiche directement sur le site de baignade.