Infection par le virus du Nil occidental : transmission, symptômes et prévention

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Le virus du Nil occidental, (ou West Nile), est une infection transmise principalement par les moustiques du genre Culex, aussi appelés moustiques communs. Le plus souvent sans symptôme, l’infection peut, dans de rares cas, provoquer des formes neurologiques graves. En Île-de-France, la surveillance sanitaire associe santé humaine, santé animale et surveillance environnementale.

Qu’est-ce que le virus du Nil occidental (VNO) ?

Le virus du Nil occidental (VNO), également appelé virus West Nile (WNV), est un arbovirus transmis principalement par la piqûre de moustiques du genre Culex (moustique commun). Il circule naturellement entre les oiseaux et les moustiques vecteurs. Les êtres humains et les chevaux peuvent être infectés accidentellement, mais ils ne participent pas au cycle habituel de transmission du virus.

Il n’existe pas de transmission interhumaine directe dans les situations courantes. Une transmission d’une personne à une autre reste toutefois possible, mais très rare, par l’intermédiaire de produits issus du corps humain, notamment lors de transfusions sanguines, de greffes d’organes, de tissus ou de cellules. Le HCSP rappelle que les produits sanguins, organes, tissus et cellules peuvent faire l’objet de mesures de dépistage ou de contre-indication temporaire en période de circulation du virus.

Depuis 2010, une augmentation des formes neuro-invasives est détectée en Europe. En 2025, pour la première fois en Île-de-France, 19 cas autochtones d'infection par le virus du Nil Occidental ont été détectés.

En France, la surveillance du VNO est renforcée chaque année entre le 1er mai et le 30 novembre, période d’activité des moustiques vecteurs. L’ARS Île-de-France avec Santé publique France coordonne ce dispositif de vigilance sanitaire du volet humain afin de limiter les risques de transmission à l’homme.

Origine et évolution du virus du Nil occidental

Le virus du Nil occidental (VNO) a été identifié pour la première fois en Ouganda, en Afrique au XXème siècle, dans le district de West Nile. Aujourd’hui, il circule sur plusieurs continents, notamment en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique du Nord et en Asie occidentale. En France, longtemps concentrée autour du bassin méditerranéen et de certaines zones d’endémie comme la Camargue, la circulation du virus s’est progressivement étendue à plusieurs régions françaises.

Le VNO avance progressivement vers le nord de l’Europe sous l’effet :

  • de l’évolution des zones humides ;
  • des déplacements d’oiseaux migrateurs ;
  • des modifications environnementales favorisant la prolifération des moustiques vecteurs ;
  • du réchauffement climatique dans les zones septentrionales.

Symptômes et complications de l’infection par le virus du Nil occidental

La période d’incubation est généralement comprise entre 2 et 6 jours, pouvant aller jusqu’à 14 jours.

Formes asymptomatiques ou bénignes et syndrome pseudo-grippal

Dans environ 80 % des cas, l’infection est asymptomatique et passe totalement inaperçue.

Chez les personnes symptomatiques, la maladie se manifeste le plus souvent par un syndrome pseudo-grippal associant :

  • une fièvre brutale ;
  • des maux de tête (céphalées) ;
  • des douleurs musculaires (myalgies) ;
  • des douleurs articulaires ;
  • une fatigue importante ;
  • parfois une éruption cutanée ou des troubles digestifs.

Ces symptômes disparaissent généralement en quelques jours.

Complications neurologiques et populations à risque

Dans moins de 1 % des cas, l'infection peut évoluer vers une forme neuro-invasive grave.
Les complications neurologiques peuvent inclure :

  • une méningite ;
  • une méningo-encéphalite ;
  • une paralysie flasque aiguë ;
  • une atteinte du système nerveux central.

Les populations les plus à risque sont :

  • les personnes âgées ;
  • les personnes immunodéprimées ;
  • les personnes greffées ;
  • les personnes atteintes de maladies chroniques.

Certaines formes graves peuvent entraîner des séquelles neurologiques durables et un risque accru de mortalité.


Comment se transmet le virus du Nil occidental ?

La transmission repose principalement sur un cycle entre les oiseaux et les moustiques vecteurs du genre Culex.
Les oiseaux migrateurs, puis les oiseaux de jardin (corneilles, pigeons, moineaux, étourneaux, merles, etc.) constituent le principal réservoir naturel du virus.

Le moustique Culex, notamment Culex pipiens et Culex modestus, se contamine en piquant des oiseaux infectés.
Après une période d’incubation chez le moustique, celui-ci peut transmettre le virus à l’être-humain ou aux chevaux lors d’une nouvelle piqûre de moustique.

L’être humain et les chevaux sont considérés comme des hôtes accidentels et des cul-de-sac épidémiologique : ils ne transmettent pas le virus à d’autres moustiques dans les conditions habituelles.

Contrairement au moustique tigre (Aedes albopictus), responsable de transmettre la dengue, le chikungunya, ou le virus du Zika, le moustique commun est principalement actif du crépuscule jusqu’à la nuit.

Risques liés aux dons de sang, d'organes, des tissus ou de cellules

Bien que rare, une transmission d'une personne à une autre peut survenir :

  • lors d’une transfusion sanguine ;
  • lors d’une transplantation d’organes ;
  • exceptionnellement, par certains produits issus du corps humain.

Pour limiter ces risques, des mesures de sécurisation des dons de sang et des greffons sont mises en œuvre dans les zones concernées

L’Établissement français du sang (EFS) peut notamment instaurer :

  • un dépistage renforcé ;
  • un ajournement temporaire de certains donneurs ;
  • une surveillance spécifique des zones à risque.

Diagnostic et prise en charge médicale

Comment diagnostiquer une infection par le virus du Nil occidental chez l'être humain ?

Le diagnostic repose principalement sur des examens biologiques.

Les médecins peuvent prescrire :

  • une sérologie ;
  • une analyse RT-PCR pour détecter l'ARN viral, dans certaines situations.

Depuis 2021, la surveillance humaine du virus du Nil occidental est inscrite sur la liste des maladies à signalement obligatoire (MSO).

Tout professionnel de santé suspectant ou confirmant via les examens biologiques un cas doit le signaler rapidement à l’ARS afin de déclencher les investigations épidémiologiques et entomologiques nécessaires.


Alerter, signaler, déclarer | Agence régionale de santé Ile-de-France

À ce jour, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique ni vaccin contre le virus du Nil occidental chez l'être humain.

La prise en charge repose principalement sur le traitement des symptômes :

  • antipyrétiques ;
  • antalgiques ;
  • surveillance médicale.

En cas de complications neurologiques sévères, une hospitalisation est nécessaire.

En revanche, un vaccin est disponible pour les chevaux et peut être recommandé dans les zones où des cas ont été signalés.


Mesures de prévention et de lutte antivectorielle

La prévention repose essentiellement sur la protection contre les piqûres de moustiques.

Se protéger des piqûres de moustiques

En cas de circulation du virus du Nil occidental, les mesures de protection individuelle sont essentielles :

  • utiliser des moustiquaires, de préférence imprégnées (moustiquaires de lit, de porte ou de fenêtre, en particulier moustiquaires de berceau) ;
  • imprégner les tissus (rideaux, vêtements) d’insectifuge ;
  • porter des vêtements clairs, amples et couvrants ;
  • utiliser des répulsifs cutanés (biocides TP19).

Ces mesures sont particulièrement importantes durant la période d’activité des moustiques vecteurs, entre mai et novembre. 

Les répulsifs doivent être utilisés de manière complémentaire à la tenue vestimentaire, à l’utilisation de moustiquaire et à la lutte contre les gîtes larvaires. Les répulsifs sont composés d’une substance active qui éloigne les insectes sans les tuer. Ils sont appliqués sur toutes les parties du corps non couvertes en évitant les muqueuses et les yeux. Ce sont des produits biocides de type TP 19.

Recommandations d’utilisation des répulsifs et biocides contre les moustiques (PDF) (Haut Conseil de Santé publique - HCSP)


Éliminer les gîtes larvaires autour du domicile

Pour limiter la prolifération des moustiques Culex, il est important de :

  • vider régulièrement les eaux stagnantes, même en petite quantité ;
  • entretenir les jardins et bassins ;
  • nettoyer les gouttières ;
  • couvrir les réserves d’eau ;
  • éliminer les gîtes larvaires autour des habitations (bouchons, bouteilles, jouets…).

Contrairement au moustique tigre, qui se développe surtout dans de petits contenants, les Culex peuvent aussi se développer dans des eaux stagnantes plus importantes, parfois chargées en matières organiques.


Surveillance sanitaire en Île-de-France

Le dispositif de surveillance du virus du Nil occidental s'inscrit dans une approche "Une seule santé" (One Health), associant santé humaine, santé animale et surveillance environnementale.

  • Cette stratégie associe les acteurs de la santé humaine ainsi que ceux de la santé animale :
  • les Agences régionales de santé (ARS) ;
  • Santé publique France ;
  • l’ANSES ;
  • les laboratoires spécialisés (LNR, CNR) ;
  • les professionnels de santé ;
  • les vétérinaires ;
  • les entomologistes ;
  • les opérateurs de démoustication ;
  • les acteurs de la surveillance de la faune sauvage.

Le dispositif de surveillance renforcée de l’ARS

Avec le concours de Santé publique France, une surveillance renforcée est mise en place chaque année du 1er mai au 30 novembre.

L’objectif de cette surveillance est de :

  • détecter rapidement les cas autochtones ;
  • suivre la circulation virale ;
  • sécuriser les dons de sang, d'organes, de tissus et de cellules si nécessaire (EFS) ;
  • prévenir les formes graves ;
  • informer les professionnels de santé et la population.

L’ARS Île-de-France poursuit également des actions de sensibilisation auprès des professionnels de santé déclarants et du grand public.

Emergence du virus West Nile en Île-de-France : bilan 2025

En 2025, l’Île-de-France a enregistré pour la première fois des cas autochtones d’infection par des flavivirus (West Nile et Usutu) transmis par le moustique commun (Culex pipiens). Au total, 28 cas ont été documentés :

  • 19 cas autochtones d’infection par le virus West Nile ;
  • 2 cas autochtones d’infection par le virus Usutu ;
  • 7 cas d’infection par un flavivirus West Nile/Usutu, pour lesquels la distinction entre les deux virus n’a pas pu être établie.

Ces cas ont été détectés entre le 31 juillet 2025, date de signalement du premier cas autochtone, et le 30 novembre 2025, fin de la période de surveillance renforcée.

Les mesures de sécurisation mises en place par l’EFS ont permis d’identifier plusieurs donneurs paucisymptomatiques ou asymptomatiques, contribuant à la détection précoce des infections.

Surveillance animale et entomologique 

La surveillance animale et entomologique menée en 2025 a permis de détecter 6 cas équins et 2 cas aviaires. Parallèlement, 6 pièges à moustiques se sont révélés positifs pour le virus du Nil occidental, témoignant d’une activité virale soutenue au sein des populations de moustiques suivies dans le cadre de la surveillance entomologique. 

La présence du virus a été établie dans l’ensemble des départements franciliens, à l’exception de la Seine-et-Marne (77).

La première détection du virus West Nile a été enregistrée le 23 juillet 2025, sur un piège à moustiques implanté dans le Val-de-Marne (94).


Virus du Nil occidental : ce qu’il faut retenir

Qu’est-ce que le virus du Nil occidental (West Nile) et comment arrive-t-il en Île-de-France ?

Le virus du Nil occidental (West Nile) est un arbovirus transmis principalement par la piqûre de moustiques du genre Culex. Ce virus circule naturellement entre les oiseaux migrateurs et de jardin (réservoirs naturels du virus). L’être humain et le cheval sont des “hôtes accidentels” : ils peuvent être infectés s’ils sont piqués par un moustique ayant préalablement piqué un oiseau migrateur ou sédentaire contaminé. En revanche, ils ne participent pas à la transmission du virus. Longtemps cantonné au pourtour méditerranéen, le virus progresse vers le nord de la France. En 2025, l'Ile-de-France a été touchée pour la première fois par une circulation autochtone des virus West Nile et Usutu.

Qu’est-ce que le virus Usutu ?

Le virus Usutu est un arbovirus proche du virus West Nile. Il est également transmis par des moustiques du genre Culex et circule principalement entre les oiseaux et les moustiques. L’être-humain et le cheval peuvent être infectés de manière accidentelle. En Île-de-France, 2 cas autochtones d’infection par le virus Usutu ont été identifiés en 2025, ainsi que 7 cas d’infection par un flavivirus West Nile/Usutu pour lesquels la distinction entre les deux virus n’a pas pu être établie. 

Quels sont les symptômes du virus Usutu chez l’être humain ?

L’infection par le virus Usutu est le plus souvent asymptomatique ou peu symptomatique. Lorsqu’elle provoque des symptômes, ceux-ci peuvent ressembler à un syndrome pseudo-grippal : fatigue, maux de tête, fièvre ou éruption cutanée. Dans de rares cas, notamment chez les personnes immunodéprimées, des atteintes neurologiques peuvent survenir voire des décès.

Quels sont les symptômes du virus du Nil occidental chez l’être humain ?

Dans environ 80 % des cas, l’infection par le virus est totalement asymptomatique (le patient ne présente aucun signe). Pour les 20 % restants, la maladie se manifeste après une incubation de 2 à 14 jours par un syndrome pseudo-grippal brutal : fièvre élevée, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, et parfois une éruption cutanée. Dans de très rares cas (moins de 1 %), l’infection peut entraîner des complications neurologiques graves, telles qu’une méningite ou une encéphalite, particulièrement chez les personnes âgées ou immunodéprimées.

Existe-t-il un vaccin ou un traitement contre le virus West Nile pour l'être-humain ?

À ce jour, il n’existe aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique pour soigner la fièvre du Nil occidental chez l’être-humain. La prise en charge médicale repose exclusivement sur le traitement des symptômes (antalgiques pour la douleur, antipyrétiques pour la fièvre). En cas de formes neurologiques sévères, une hospitalisation est nécessaire pour une surveillance étroite et des soins de support adaptés. À noter qu’un vaccin existe pour les chevaux, mais il n’est pas transposable à l’usage humain.

Quelle est la différence entre le moustique Culex et le moustique tigre (Aedes albopictus) ?

Le moustique Culex, ou moustique commun, est le principal vecteur du virus West Nile. Il pique surtout au crépuscule et pendant la nuit. Le moustique tigre, Aedes albopictus, pique davantage en journée et peut transmettre d’autres virus, comme ceux de la dengue, du chikungunya ou du Zika. Les mesures de protection doivent donc être adaptées aux périodes d’activité des moustiques.

Pourquoi les chevaux sont-ils surveillés ?

Les chevaux peuvent développer des formes neurologiques graves (ataxie, tremblements) après une infection par le virus West Nile. Comme ils passent plus de temps à l’extérieur, ils servent de “sentinelles” épidémiologiques. La détection d’un cas équin dans un département francilien est un signal d’alerte majeur qui révèle la circulation active du virus sur le territoire. Cela permet à l’ARS de renforcer immédiatement la surveillance humaine et à l'EFS de sécuriser les dons de produits issus du corps humain dans la zone concernée.

Peut-on donner son sang si l’on réside dans une zone où circule le virus du Nil occidental?

La sécurité transfusionnelle est une priorité lors de l’apparition de cas de virus West Nile. Bien que la transmission soit principalement vectorielle (moustiques), le virus peut exceptionnellement être transmis par le sang ou les greffons. Lorsqu’une zone de circulation est identifiée par l’ARS, des mesures de précaution sont instaurées par l’Établissement Français du Sang (EFS), incluant des tests de dépistage systématiques sur les dons ou un ajournement temporaire des donneurs résidant ou ayant séjourné dans les zones impactées.

Comment se protéger efficacement contre les virus West Nile et Usutu ?

La prévention repose uniquement sur la lutte contre les piqûres de moustiques, surtout entre mai et novembre, période d'activité des moustiques vecteurs. L’ARS recommande de porter des vêtements longs, amples et couvrants, d’utiliser des répulsifs y compris cutanés efficaces (en respectant les précautions d’emploi) et d’installer des moustiquaires. Pour limiter la prolifération des moustiques autour de votre domicile, videz régulièrement les soucoupes, les vases et tout récipient contenant de l’eau stagnante, qui servent de gîtes larvaires.

L’infection par le virus du Nil occidental est-elle une maladie à signalement obligatoire (MSO) ?

Oui, depuis 2021, l’infection par le virus du Nil occidental est inscrite sur la liste des maladies à signalement obligatoire (MSO) en France. Tout professionnel de santé (médecin, biologiste) qui diagnostique un cas suspect ou confirmé doit le signaler sans délai à l'ARS . Cette procédure permet de déclencher rapidement des enquêtes épidémiologiques et des mesures de protection de la population, notamment autour des dons de produits issus du corps humain.