Bronchiolite du nourrisson : symptômes, traitements et conseils de prévention

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La bronchiolite est une infection respiratoire fréquente chez les nourrissons, principalement causée par le Virus Respiratoire Syncytial (VRS). Si elle guérit le plus souvent en quelques jours, certaines formes peuvent être graves. Symptômes, traitements et gestes de prévention : retrouvez les conseils pour protéger les nourrissons.

Qu'est-ce que la bronchiolite du nourrisson et comment se transmet-elle ?

La bronchiolite est une infection virale respiratoire aiguë qui est le plus souvent bénigne.  Dans quelques cas, chez les nourrissons, la maladie peut être plus grave et peut conduire à une hospitalisation.

Lorsque le virus infecte les bronchioles, celles-ci s'enflamment, produisent davantage de sécrétions et se rétrécissent. Dans un premier temps la maladie ressemble à un simple rhume (nez bouché ou qui coule). Puis cette obstruction des bronchioles rend la respiration plus difficile et explique la toux, la respiration sifflante et la gêne respiratoire caractéristiques de la maladie.

Chaque année, la bronchiolite est responsable d'une importante épidémie saisonnière en France. Les très jeunes enfants, les enfants nés prématurément et certains nourrissons à risque sont plus exposés aux formes sévères.

Le VRS (Virus Respiratoire Syncytial), cause principale de l'infection 

Dans la grande majorité des cas, la bronchiolite est provoquée par le Virus Respiratoire Syncytial (VRS).

Très contagieux, ce virus circule largement chaque hiver. Les adultes et les enfants plus âgés présentent souvent un simple rhume mais peuvent transmettre le virus sans le savoir aux nourrissons.

La contagion s'effectue principalement :

  • par les sécrétions bronchiques d'une personne porteuse du virus via des gouttelettes projetées lors de la toux, des éternuements ou du mouchage ;
  • par les mains contaminées ;
  • par les objets du quotidien (jouets, tétines, biberons, poignées de porte) ;
  • lors de contacts rapprochés, comme les câlins ou les baisers.

C'est pourquoi le lavage des mains, l'aération régulière des pièces et le port du masque en cas de symptômes respiratoires restent des gestes essentiels pour protéger les tout-petits.

Quels sont les symptômes de la bronchiolite chez le bébé ?

Les symptômes de la bronchiolite apparaissent progressivement.

La maladie débute généralement comme un simple rhume avant d'évoluer dans les deux ou trois jours suivants.

Reconnaître les premiers signes de la maladie

Les premiers symptômes sont souvent :

  • un écoulement nasal (rhinite) ;
  • un nez bouché ;
  • une toux ;
  • une respiration rapide ;
  • une respiration sifflante ou bruyante ;
  • une gêne respiratoire ;
  • une fatigue inhabituelle.

À mesure que l'infection respiratoire progresse, certains nourrissons présentent également :

  • des difficultés alimentaires ;
  • une perte d'appétit ;
  • des réveils fréquents ;
  • des difficultés à dormir.

Dans la majorité des situations, les symptômes s'améliorent progressivement après quelques jours, même si la toux peut persister pendant deux à quatre semaines.

Si votre bébé présente ces signes, prenez rapidement rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre pédiatre afin de confirmer le diagnostic et de vérifier qu'il ne présente aucun signe de gravité.

Comment prévenir la bronchiolite et protéger son bébé ?

La prévention constitue aujourd'hui le meilleur moyen de limiter les formes graves de bronchiolite.

Elle repose à la fois sur les gestes barrières du quotidien et sur les traitements préventifs contre le VRS .

Les gestes barrières indispensables au quotidien

Les gestes barrières permettent de réduire efficacement la transmission du virus.

Pour protéger votre bébé :

  • lavez-vous soigneusement les mains avant chaque repas, change ou câlin ;
  • utilisez une solution hydroalcoolique lorsque le lavage des mains n'est pas possible ;
  • portez un masque si vous présentez des symptômes respiratoires ;
  • aérez chaque jour les pièces du logement pendant au moins dix minutes ;
  • évitez les lieux très fréquentés pendant l'épidémie saisonnière lorsque cela est possible ;
  • évitez le contact avec des personnes enrhumées ;
  • ne partagez pas les tétines, biberons ou couverts ;
  • nettoyez régulièrement les jouets et les doudous ;
  • ne fumez jamais en présence d'un nourrisson.

Ces gestes simples permettent de limiter la contagion du VRS mais aussi de nombreux autres virus respiratoires.

Les traitements préventifs pour éviter les formes graves de la maladie

Ces traitements permettent de protéger les nourrissons contre les formes graves de bronchiolite dues au VRS, en choisissant soit la vaccination de la mère pendant sa grossesse, soit une immunisation du nouveau-né dès la naissance.

  • Vaccination de la femme enceinte

Le vaccin Abrysvo® est injecté lors du 8ème mois de grossesse (entre 32 et 36 Semaines d'aménorrhées)  Il permet à la femme enceinte de produire des anticorps qui seront transmis au bébé pendant la grossesse. Une durée minimum de 14 jours est nécessaire entre l'administration du vaccin et l'accouchement pour que l'enfant puisse bénéficier de ces anticorps.

Le nouveau-né bénéficie ainsi d'une protection dès sa naissance contre les formes graves de bronchiolite dues au VRS.

  • Les anticorps monoclonaux pour les nouveau-nés

Beyfortus® et Enflonsia®

Ces 2 traitements sont des anticorps monoclonaux administrés par injection durant la campagne d'immunisation: 

  • aux nouveau-nés durant leur séjour à  la maternité ;
  • aux nourrissons de moins d'un an avant leur première saison de circulation du VRS ;
  • en rattrapage, selon les recommandations en vigueur.

SYNAGIS

Les nourrissons à haut risque présentant certaines pathologies particulières peuvent recevoir Synagis®, selon l'avis du spécialiste qui les suit.

Votre médecin, votre sage-femme ou votre pédiatre pourra vous conseiller sur la stratégie de prévention la plus adaptée à votre situation.

Ces traitements ont démontré leur efficacité pour réduire les hospitalisations liées à la bronchiolite à VRS.

Quels soins apporter à un nourrisson qui a une bronchiolite ?

Il n'existe actuellement aucun traitement antiviral spécifique permettant de guérir la bronchiolite. Les antibiotiques sont inutiles, car la maladie est provoquée par un virus et non pas par une bactérie.

Cependant, il existe des soins destinés à soulager les symptômes, à maintenir une bonne hydratation et à faciliter la respiration 

A domicile : Importance du lavage de nez

Le lavage de nez (ou désobstruction rhinopharyngée) est le geste de soin le plus important car il  permet d'aider le bébé à respirer, à manger et à dormir plus facilement Ce geste est recommandé :

  • avant chaque repas ;
  • avant chaque coucher ;
  • chaque fois que le nez est encombré.

Le lavage de nez s'effectue avec du sérum physiologique. Votre médecin, votre pédiatre ou votre pharmacien peut vous montrer la bonne technique.

En complément du lavage de nez, il est recommandé de :

  • fractionner les biberons ou les tétées ;
  • proposer régulièrement à boire afin d'éviter la déshydratation ;
  • laisser l'enfant se reposer ;
  • surveiller son état général durant les premiers jours.

Quand l'hospitalisation du bébé est-elle nécessaire ?

La plupart des nourrissons guérissent à domicile.

Toutefois, une hospitalisation peut être nécessaire lorsque le bébé présente une forme sévère ou appartient à une population particulièrement fragile.

L'hospitalisation permet notamment d'assurer une surveillance respiratoire continue, une assistance à l'alimentation si nécessaire et une oxygénothérapie lorsque les difficultés respiratoires deviennent trop importantes.

Quand faut-il s'inquiéter et consulter en urgence ?

La bronchiolite évolue le plus souvent favorablement vers la guérison. Toutefois, certains symptômes doivent conduire à consulter rapidement un professionnel de santé ou à appeler les secours.

La bronchiolite évolue le plus souvent favorablement vers la guérison. Toutefois, certains symptômes doivent conduire à consulter rapidement un professionnel de santé ou à appeler les secours.

Les signes de détresse respiratoire à surveiller

Contactez rapidement votre médecin ou appelez le 15 (SAMU) si votre bébé présente un ou plusieurs des signes suivants :

  • une respiration très rapide ou très difficile ;
  • un creusement du thorax ou de la base du cou à chaque inspiration ;
  • un battement des ailes du nez ;
  • une coloration bleutée autour de la bouche ou des lèvres ;
  • une respiration sifflante très importante ;
  • des difficultés alimentaires avec un refus de plus de la moitié des biberons ou des tétées ;
  • des vomissements répétés ;
  • une grande fatigue, un enfant difficile à réveiller ou inhabituellement peu réactif.

Une surveillance médicale est également indispensable chez les nourrissons âgés de moins de six semaines, les anciens prématurés de moins de trois mois et les enfants atteints d'une maladie cardiaque ou respiratoire.

Qui appeler en Île-de-France ?

En cas de symptômes évocateurs de bronchiolite, consultez en priorité votre médecin traitant ou votre pédiatre ou demandez conseil à un pharmacien.

En dehors des horaires habituels de consultation ou si vous n’avez pas pu trouver de solution, contactez le 15 qui vous orientera vers la prise en charge la plus adaptée en fonction de votre situation. 

Besoin de soins ou de consultation urgente : les bons réflexes en Île-de-France

 

FAQ

La bronchiolite du nourrisson débute généralement comme un rhume classique, avec un nez bouché ou qui coule, une légère toux et parfois une fièvre modérée. La différence majeure réside dans l’évolution des symptômes après 2 à 3 jours : la toux devient plus fréquente et s'accompagne d'une gêne respiratoire visible. L'enfant présente alors une respiration rapide, sifflante ou bruyante à l'expiration, et peut éprouver des difficultés à s'alimenter (biberons ou tétées refusés) ou à dormir en raison de l'obstruction de ses bronchioles.

Il n'existe pas de traitement médicamenteux curatif direct contre le virus de la bronchiolite. Le traitement pour la bronchiolite est essentiellement symptomatique et repose sur des gestes quotidiens rigoureux. La mesure la plus importante est la désobstruction rhinopharyngée (lavage de nez au sérum physiologique) avant chaque repas et couchage. Il est également conseillé de fractionner les repas (proposer à boire plus souvent mais en plus petites quantités),   et de maintenir la chambre à une température de 18°C à 19°C. Les sirops contre la toux, les fluidifiants bronchiques et les antibiotiques sont inutiles et contre-indiqués, sauf en cas de surinfection bactérienne avérée diagnostiquée par un médecin.

Une fièvre modérée est fréquente au début de l'infection. Le plus souvent, la fièvre reste modérée et disparaît spontanément en quelques jours.

 Lorsque votre enfant est fébrile :

  • veillez à bien l'hydrater ;
  • proposez-lui des repas plus fréquents mais en plus petites quantités ;
  • ne le couvrez pas excessivement ;
  • maintenez une température d'environ 18 à 19 °C dans sa chambre.

Si nécessaire, votre médecin peut recommander du paracétamol, administré selon le poids de votre enfant.

L'association de la bronchiolite et d'une fièvre élevée ou persistante doit inciter à la vigilance. Vous devez contacter immédiatement le 15 (SAMU) ou vous rendre aux urgences si votre bébé présente des signes de détresse respiratoire : s'il creuse son thorax (les espaces entre les côtes ou à la base du cou se creusent à chaque inspiration), si ses narines se dilatent (battement des ailes du nez), s'il présente une coloration bleue autour de la bouche (cyanose), s'il refuse plus de la moitié de ses rations alimentaires sur plusieurs repas consécutifs, ou s'il devient mou, apathique et difficile à réveiller.

La kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique n'est plus recommandée de manière systématique par la Haute Autorité de Santé (HAS) pour un premier épisode de bronchiolite aiguë bénigne chez le nourrisson. Elle est désormais réservée à des situations très spécifiques, sur prescription médicale uniquement, par exemple chez les nourrissons ayant des antécédents particuliers ou un encombrement bronchique exceptionnellement lourd que le lavage de nez ne suffit pas à soulager.

Pour protéger les nourrissons contre les formes graves de la bronchiolite dues au Virus Respiratoire Syncytial (VRS), deux catégories de traitements préventifs sont disponibles en France durant la campagne d'immunisation:

- d'une part, la vaccination par Abrysvo des femmes enceintes au cours du 8ème mois de grossesse, qui permet de transmettre de la mère à l'enfant des anticorps protecteurs ( pour autant qu'il y ait au moins 14 jours entre la vaccination de la mère et la naissance)

- d'autre part, l'administration d'un anticorps monoclonal (Beyfortus ou Enflonsia), administré par injection unique directement aux nouveau-nés en maternité ou en rattrapage chez le pédiatre, le généraliste, en PMI (Protection Maternelle et Infantile). 

Parlez-en à votre médecin, pédiatre ou sage-femme pour connaître la solution la plus adaptée à votre situation.