Santé des enfants protégés : l'ARS Île-de-France désigne les quatre premières structures coordinatrices du parcours « enfance protégée »

Actualité

Au terme de son appel à candidatures, l'Agence régionale de santé Île-de-France a retenu les structures chargées d'assurer, dans quatre départements franciliens, le parcours coordonné renforcé (PCR) "enfance protégée". Ce dispositif vise à garantir aux enfants, adolescents et jeunes majeurs accompagnés au titre de la protection de l'enfance un suivi de santé régulier, structuré et coordonné.

Un dispositif pour répondre à des besoins de santé spécifiques

Les enfants et jeunes protégés présentent des besoins de santé particulièrement importants, liés notamment aux situations de vulnérabilité, de négligence, de violence ou de rupture qu'ils ont pu connaître. De nombreuses études montrent qu'ils sont davantage exposés à des difficultés de santé physique, psychique et développementale que la population générale, sans bénéficier toujours d'un suivi continu.

Créé par l'arrêté ministériel du 21 avril 2026, le parcours coordonné renforcé « enfance protégée » répond à cet enjeu. Il prévoit une coordination structurée du parcours de santé, la réalisation d'un bilan de santé à l'entrée dans le dispositif de protection de l'enfance et son actualisation annuelle, un accompagnement renforcé vers les professionnels et structures de soins, ainsi qu'une mobilisation facilitée des prises en charge précoces, notamment en santé mentale (psychologie, psychomotricité, ergothérapie). 

Une structure coordinatrice par département

Le 12 juin 2026, l'ARS Île-de-France a lancé un appel à candidatures afin de désigner, pour chacun des quatre départements de la première vague, une structure responsable de la coordination du parcours. Cette structure devient l'interlocuteur unique du conseil départemental et des acteurs de santé : elle inclut les enfants dans le dispositif, organise les bilans, mobilise et anime un réseau de professionnels de santé, assure le suivi des préconisations et sécurise la continuité des parcours, y compris lors des changements de lieu de vie.

Les candidatures ont été examinées au regard des critères du cahier des charges national : ancrage territorial et connaissance du public, capacité à inclure progressivement l'ensemble de la file active, organisation du parcours de soins, composition de l'équipe dédiée, solidité du réseau de professionnels, usage du système d'information régional et viabilité du modèle. À l'issue de cette instruction, l'ARS a retenu quatre structures, chacune fortement ancrée dans son territoire.

Quatre structures lauréates, ancrées dans leur territoire

Paris (75) — Consortium porté par le Centre de santé Œuvre de Secours aux Enfants (OSE) Elio Habib. La coordination parisienne réunit, aux côtés du Centre de santé Elio Habib, structure responsable de la coordination, l'association Im'Pactes et la Ville de Paris. Elle associe l'expertise du centre Asterya,  acteur historique et innovant de la protection de l'enfance, adossé à l'AP-HP, et reconnu notamment sur la santé mentale et le psychotraumatisme,  ainsi que l'implication directe des services départementaux de l'aide sociale à l'enfance et de la protection maternelle et infantile.

Hauts-de-Seine (92) — Mission santé publique / Protection maternelle et infantile du Conseil départemental. Le département assure un portage public direct, sous l'égide de son médecin référent en protection de l'enfance. Il s'appuie sur une organisation opérationnelle déjà éprouvée et sur un réseau territorial mobilisant équipes mobiles de psychiatrie, unités d'accueil pédiatrique enfance en danger et professionnels de soins de proximité. 

Seine-Saint-Denis (93) — Service départemental de Protection maternelle et infantile du Conseil départemental travaillant en articulation étroite avec la cellule santé de l'ASE. Le projet bénéficie d'une antériorité majeure grâce à sa participation à l'expérimentation « Santé Protégée » (2021-2026), garantissant une reprise sécurisée de la file active. Le département dispose ainsi d'un réseau de partenaires constitué avec l’appui du Dispositif d’appui à la coordination 93 Sud. La mise en place du PCR permettra de le renforcer et de le développer à plus grande échelle, notamment sur les sept circonscriptions qui n’étaient pas concernées par l’expérimentation (sur vingt-deux au total).

Val-d'Oise (95) — Consortium des trois Dispositifs d'appui à la coordination (DAC). La coordination réunit les trois DAC du département — le DAC 95 Est OPALIA, structure responsable de la coordination, le DAC 95 Ouest Coordinov et le DAC 95 Sud AGVMRS —, garantissant une couverture complète du territoire et bénéficant de l'expérience de ces dispositifs dans la coordination des parcours de santé complexes. Les DAC mettront également à profit leur expertise dans l’usage de l’outil régional e-parcours Santélien afin d’assurer le partage sécurisé des informations entre professionnels habilités et ainsi permettre la continuité des soins. 

Un déploiement progressif jusqu'en 2027

Le dispositif sera progressivement mis en œuvre dans les quatre départements,  permettant d'inclure par étapes l'ensemble des enfants et des jeunes éligibles tout en garantissant la qualité de la coordination dès son démarrage. 

Un deuxième appel à candidature sera prochainement ouvert afin de permettre le déploiement en 2027 du Parcours coordonné renforcé « enfance protégée » dans les quatre autres départements franciliens — Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne et Val-de-Marne —, pour une couverture de l'ensemble de la région.