Représentants d’usagers à la CRSA : témoignages

Actualité
visuel illustrant les droits des usagers avec un patient discutant avec un représentant associatif bénévole

A l’occasion de l’appel à candidatures actuel pour renouveler les membres de la CRSA (Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie) dont la mandature arrive à terme le 30 septembre prochain, nous sommes allés à la rencontre de trois d’entre eux. Chacun nous a partagé son regard sur ce mandat, ses missions et les motivations associées à cette fonction.

Présentation des représentants d’usagers (RU) rencontrés

 

  • Madame Catherine OLLIVET

Présidente de l’association France Alzheimer 93

Représentante des usagers à la CRSA

 

  • Monsieur Sidi-Mohammed GHADI

Représentant des usagers à la CRSA et dans la CDU de l’hôpital Armand Trousseau - la Roche-Guyon AP-HP

Bénévole à l’association des familles victimes du saturnisme (AFVS)

Membre de France Assos Santé d’Ile-de-France.

 

  • Monsieur Tim GREACEN

Représentant des usagers à la CRSA

Membre et ancien président de l’association AIDES Ile-de-France

 

 

Pourquoi avez-vous souhaité devenir représentant d’usager au sein de la CRSA ?

 

Mme Catherine Ollivet  : Après 20 ans d’engagements bénévoles associatifs au service des personnes accueillies et soignées dans les structures sanitaires et médico-sociales de mon département de Seine-Saint-Denis, j’ai pensé, à la création de la CRSA au sein de l’ARS d’Île-de-France, qu’il serait souhaitable de mettre ces expériences approfondies au service de tous les habitants de notre région.

 

M. Sidi-Mohammed Ghadi : Initialement représentant d’usagers au sein de la CRUCQPC (Commission des Relations avec les Usagers et de la Qualité de la Prise en Charge) de l’hôpital Armand Trousseau - la Roche-Guyon (département du Val d’Oise), je m’apercevais que les décisions locales étaient impactées par l’ARS et la CRSA. Intégrer cette instance m’a permis d’avoir une lecture globale du système de santé, et de mieux comprendre l’articulation locale et régionale de la politique de santé. Je souhaitais participer à l’amélioration des pratiques.

 

M. Tim Greacen : Je suis devenu représentant d'usagers car, selon moi, notre système de santé s'est construit autour de la maladie, de l'usager comme patient passif du soin qu’il reçoit, du professionnel expert qui soigne le patient. Il était temps que le citoyen reprenne la parole sur sa santé, afin qu’il ne soit pas uniquement perçu comme le patient malade, mais comme un véritable acteur de sa santé et de la démocratie sanitaire. Nous avons besoin d'un système de santé dans lequel le citoyen s’exprime auprès d’un système à l'écoute, qui l'entend et l'accompagne.

 

Quelles ont été vos missions pendant vos années d’engagement ?

 

Mme Catherine Ollivet : Au cours de ces 11 années d’engagement, j’ai été amenée à participer aux réunions plénières de la CRSA au titre du Collège des représentants des usagers, mais aussi à sa Commission permanente, ses commissions spécialisées médico-sociales et Droits des usagers. J’ai également siégé dans certains comités de sélection d’appels à projets de l’ARS et bien d’autres domaines encore.

 

M. Sidi-Mohammed Ghadi : Membre de la commission spécialisée de l’organisation des soins, je cherchais à contribuer au rééquilibrage et à la répartition de l’offre en santé, en tenant compte des difficultés des usagers pour accéder au soin et à la démographie médicale des territoires.

Je pense que la présence des RU à la CRSA permet de garantir une vision 360 degrés des acteurs du système de santé pour traiter les questions de santé. Il s’agit de représenter tous les usagers, en ayant une parole libre. Dans cette optique, je me suis particulièrement engagé à défendre l’usager, notamment en favorisant l’adaptation de l’offre de soin à ses besoins.

 

M. Tim Greacen : Représentant des usagers durant environ 8 ans, mais aussi professionnel de recherche en santé mentale, il était logique que je m'engage dans le Groupe de réflexion sur la santé mentale. Surtout pour promouvoir les approches basées sur le rétablissement (l'idée que l’on peut aller mieux, même lorsque l’on souffre d’un trouble psychique grave) et sur l'empowerment* du citoyen en matière de santé mentale. Un élément clé : aider avec les projets territoriaux de santé mentale, les rendre visibles, pouvoir les comparer, créer de la concurrence entre les départements pour qu'on avance, qu'on expérimente.

*NDLR : terme anglophone : pouvoir d’agir, autonomisation

 

Qu’est-ce que vous pourriez dire à quelqu’un qui se pose la question de s’engager ou non au sein de la CRSA ?

 

Mme Catherine Ollivet : Participer avec enthousiasme et persévérance à la co-construction de la Démocratie en Santé dans notre région et à la réduction des inégalités en santé est un engagement passionnant même s’il faut parfois surmonter certaines déceptions ! La diversité des sujets abordés impose à chacun des représentants des usagers de s’enrichir en permanence des autres expériences. 

 

M. Sidi-Mohammed Ghadi : Rejoindre la CRSA permet d’accéder à l’acculturation par le groupe et d’avoir des échanges avec les autres membres. Cette expérience est intellectuellement très enrichissante. J’ai eu plaisir à découvrir le dynamisme de cette instance, où le travail en réseau, quelles que soient les appartenances collégiales, est maître mot. L’enjeu de la CRSA n’est pas de créer des oppositions, mais de produire le consensus par la représentativité des acteurs au sein des commissions.  Le conseil que je donne aux futurs mandataires serait de ne pas avoir peur de vous former et de solliciter ceux qui détiennent l’information, osez poser des questions.

 

M. Tim Greacen : C'est une instance de démocratie sanitaire. Sa grande richesse : on rencontre un tas de gens issus des différents horizons de notre système de santé. Le premier piège : ne pas se laisser happer par une démocratie qui donne la parole aux professionnels et non pas aux citoyens. Ensuite le problème pour toute démocratie : (i) non seulement de prendre la parole, mais que cette parole soit écoutée et que le système bouge pour la prendre en compte (ii) souvent, ce sont les mêmes personnes qui accaparent la parole, il est donc nécessaire d’être vigilant sur les besoins des personnes qui ont du mal à prendre la parole : les grands malades, les enfants, les populations exclues, les étrangers, les gens du voyage, les prisonniers... Je pense qu’il est essentiel de constamment vérifier que l'ARS écoute la CRSA, qu'elle entende ce qu'elle dit, qu'elle le prenne en compte, que l’on sente que ça sert à quelque chose.