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Pollution au plomb suite à l'incendie de Notre-Dame : questions - réponses

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L’incendie de Notre-Dame de Paris est à l’origine d’une pollution au plomb aux abords de la cathédrale en raison de la présence importante de ce métal dans la toiture de l’édifice. Cette situation, et sa médiatisation, ont provoqué des inquiétudes quant au risque d’intoxication au plomb. L’ARS Île-de-France répond à vos questions.
Corps de texte

------------------ Questions / Réponses ------------------

L’ingestion de plomb peut provoquer une maladie appelée le saturnisme.

Le saturnisme infantile est une maladie qui concerne les enfants. La déclaration auprès des autorités sanitaires par les professionnels de santé est obligatoire lorsque la plombémie (dosage du plomb dans le sang) est supérieure ou égale à 50 µg/Litre de sang.

Les études scientifiques internationales montrent qu’il existe des effets de l’intoxication par le plomb sur la santé, sans seuil (c’est-à-dire sans que soit identifié un « seuil » au-delà duquel des effets existent et en-deça non), et que ces effets sont d’autant plus importants que les plombémies sont élevées, notamment chez

  • les jeunes enfants : développement intellectuel, comportement et humeur, développements staturo-pondéral (retard de croissance) sexuel (retard pubertaire) et sur l’acuité auditive
  • la femme : développement fœtal et déroulement de la grossesse.

Les effets du plomb ne se traduisent en général pas par des signes cliniques spécifiques visibles.

Les niveaux d’exposition au plomb associés au contact avec les sols et les poussières contaminés étudiés ici sont tels que le plomb n’est pas en quantité suffisante pour entraîner des symptômes visibles qui lui soient facilement attribuables.

Les populations les plus à risques sont :

  • les jeunes enfants (en particulier ceux âgés de moins de 7 ans) en raison du risque d’absorption du plomb qui se fait principalement par voie digestive ou de poussières du fait de leur comportement « main-bouche » (porter ses mains à sa bouche). En outre, leur métabolisme favorise une absorption digestive beaucoup plus importante du plomb que chez les adultes. Les jeunes enfants sont de plus une population particulièrement sensible aux effets du plomb du fait du développement en cours de leur système nerveux et osseux ;
  • les femmes enceintes et l’enfant qu’elles portent, du fait notamment d’une plus grande sensibilité du fœtus en lien avec le développement en cours de son système nerveux.

Seule une prise de sang, appelée plombémie, réalisée dans un laboratoire de biologie médicale classique, permet de confirmer ou d’infirmer une intoxication au plomb et de suivre, le cas échéant, son évolution.  

  • Une concentration supérieure ou égale à 50 µg/L (microgrammes de plomb par litre de sang) est le signe d’une exposition significative et fait l’objet pour le mineur d’une déclaration de saturnisme infantile auprès des autorités sanitaires (ARS). L’ARS conduit alors une enquête environnementale pour identifier les sources de plomb auxquelles est exposé l’enfant afin de mettre en œuvre les mesures les plus adaptées pour supprimer-cette exposition en apportant les conseils hygiéno-diététiques adaptés.
  • Pour des concentrations de plomb sanguin comprises entre 25 et 49 µg/L, un suivi des enfants est organisé par le médecin traitant et des conseils hygiéno-diététiques sont donnés aux parents pour réduire l’exposition de leur enfant et ainsi réduire le risque de contamination.

Pour les femmes enceintes, le repérage du risque d’exposition au plomb pendant la grossesse est recommandé, en lien avec le médecin traitant. Il peut se faire à tout moment, en particulier lors de la 1re consultation du suivi de grossesse ou au cours de l’entretien prénatal précoce.

L’ARS Île-de-France a invité les familles ayant des enfants de moins de 7 ans et les femmes enceintes vivant sur l’Île de la Cité à consulter leur médecin traitant en vue de la réalisation d’une plombémie.

Le risque sanitaire étant bien moindre pour les adultes, la surveillance médicale est privilégiée pour les enfants et les femmes enceintes ou désireuses d’avoir une grossesse dans les 6 mois. Si le médecin le juge opportun en fonction des facteurs de risque d’exposition, il prescrira une plombémie (prise de sang) afin de vérifier la teneur en plomb dans l’organisme. Si la teneur en plomb chez l’enfant dépasse le seuil fixé pour une déclaration obligatoire (50µg/L), une enquête sur les lieux habituellement fréquentés par l’enfant sera réalisée pour rechercher la/les source(s) de contamination et un suivi dans le temps de la teneur sanguine en plomb sera recommandé, ainsi que des conseils hygiéno-diététiques le cas échéant.

Pour les enfants mineurs et les femmes enceintes, l’examen est pris en charge à 100 % par les organismes de sécurité sociale.

Une consultation spécifique a été mise en place à l’Hôtel-Dieu, pour faciliter la réponse aux besoins des familles, si besoin.

En complément des mesures de prévention et par précaution, l’ARS a invité les familles ayant des enfants de moins de 7 ans et les femmes enceintes vivant sur l’Île de la Cité à consulter leur médecin traitant en vue de la réalisation d’une plombémie. Cet examen peut également être réalisé auprès de la consultation de dépistage spécifiquement mise en place au Centre de diagnostic et de thérapeutique de l’Hôtel-Dieu ou du Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Paris à l’Hôpital Fernand-Widal.

De manière générale si vous pensez que votre enfant a pu être exposé à une ou plusieurs sources de plomb, il est recommandé de consulter votre médecin traitant.

Une surveillance régulière est exercée par l’ARS en lien avec le centre anti-poison rattaché à l’AP-HP, qui reçoit toutes les plombémies de la région. Ainsi, si une anomalie apparaît (à savoir un nombre important de plombémies élevées), pouvant signifier un risque sanitaire, cette surveillance permet de la repérer.

  • Le centre de santé de la Ville de Paris Edison (44 rue Charles Moureu dans le 13e arrondissement) dépiste en priorité les populations les plus à risque : enfants de moins de 7 ans et femmes enceintes.
  • Vous pouvez également vous rendre directement à l’Hôtel-Dieu, (1 parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II, dans le 4e arrondissement) où un médecin prescrira ce dépistage que vous pourrez réaliser sur place.

Pour les enfants de moins de 7 ans, vous pouvez également vous rendre dans un centre de Protection Maternelle Infantile (PMI), pour bénéficier gratuitement d’une prescription pour le dépistage à réaliser ensuite en laboratoire :

  • centre de PMI, 85 bd Raspail dans le 6e arrondissement, sans rendez-vous les mardis et jeudis après-midi de 14h à 17h, les mercredis matin de 9h à 12h ;
  • centre de PMI, 6 rue de Moussy dans le 4e arrondissement, sans rendez-vous, les lundis, jeudis et vendredis matin de 9h à 12h, les mardis et mercredis matin de 9h à 12h et après-midi de 14h à 17h.
     

A la suite d’une exposition suspectée ou avérée, votre enfant s’est vu prescrire une prise de sang visant à doser une éventuelle présence de plomb dans son sang. Cet examen s’appelle une plombémie. C’est le moyen de dépister une intoxication au plomb.

Les résultats sont exprimés en microgrammes par litre de sang (µg/L). Le compte-rendu d’analyse indique également en général une concentration sous la forme de micromole par litre (µmol/L).

Plusieurs seuils existent en fonction de la dose de plomb révélée par l’examen sanguin, entraînant différentes recommandations :

Plombémie inférieure à 25 µg/L

Ce résultat correspond à une valeur normale chez l’enfant. Elle ne nécessite pas de mettre en place un suivi systématique.

Néanmoins, par précaution, pour les enfants de moins de 7 ans susceptibles d’être ou d’avoir été exposés à une pollution au plomb (à leur domicile ou dans les lieux qu’ils fréquentent régulièrement), et seulement dans ce cas, le médecin traitant pourra proposer de réaliser un suivi de la plombémie tous les 6 à 12 mois jusqu’à l’âge de 6 ans.

Plombémie comprise entre 25 et 49 µg/L : seuil de vigilance

Dans cette fourchette de résultats, l’enfant n’est pas atteint de saturnisme.

Toutefois, cela est en général révélateur d’une exposition au plomb actuelle ou antérieure. En effet, sur la base d’un seul examen sanguin, il n’est pas possible de déterminer s’il s’agit d’une exposition passée et révolue, ou bien toujours actuelle.

C’est pourquoi le médecin réalisera un suivi de l’enfant, afin de s’assurer qu’il ne continue pas d’être exposé. Il contrôlera à nouveau la plombémie dans les 3 à 6 mois. En fonction de l’évolution des résultats, un recontrôle peut être effectué tous les 6 à 12 mois jusqu’à l’âge de 6 ans.

En complément, le médecin réalisera un repérage des autres enfants et femmes enceintes du foyer familial et leur prescrira une plombémie de contrôle, afin de s’assurer qu’ils n’ont pas eux aussi été exposés à la même source.  

Plombémie supérieure ou égale à 50 µg/L : seuil de déclaration obligatoire du saturnisme infantile

Lorsque le seuil de 50 µg/L est atteint ou dépassé chez un enfant, on parle alors de saturnisme infantile. Une telle plombémie est révélatrice d’une surexposition de l’enfant au plomb, probablement encore existante dans son milieu de vie (domicile et/ou lieux fréquentés régulièrement). Cela nécessite de déterminer et de supprimer les sources d’exposition.

Le saturnisme est une Maladie à déclaration obligatoire (MDO). Le médecin qui établit le diagnostic, sur la base d’une plombémie supérieure à 50µg/L, doit en faire la déclaration auprès de l’Agence régionale de santé (ARS). L’ARS diligente alors une enquête environnementale pour identifier les sources de plomb auxquelles l’enfant est exposé, afin de recommander les mesures les plus adaptées pour supprimer cette exposition. A Paris, c’est le service parisien de santé environnementale de la Ville qui réalise cette enquête et se rend sur le terrain.

La suppression de l’accès aux sources d’exposition au plomb permettra de faire baisser le taux de plomb dans l’organisme.

Une plombémie de contrôle sera réalisée à 3 mois, puis tous les 3 à 6 mois selon l’évolution de la plombémie et des risques d’exposition au plomb.

En complément, le médecin réalisera  un repérage des autres enfants et femmes enceintes du foyer familial et leur prescrira une plombémie.

Si la plombémie reste inférieure à 250 µg/L, aucun traitement médical n’est généralement mis en place. C’est en effet la suppression de l’accès aux sources d’exposition au plomb qui permettra de faire baisser le taux de plomb dans l’organisme de l’enfant.

Dans la plupart des cas, la suppression de la source d’exposition (ou la suppression de l’accès à la source d’exposition) permet de faire baisser la plombémie de l’enfant, à savoir la quantité de plomb présent dans son sang. En effet, en supprimant l’accès à la source d’exposition, la concentration du plomb dans le sang diminue naturellement (baisse de moitié en un mois environ).

C’est pourquoi l’enfant présentant une plombémie supérieure à 50µg/L doit faire l’objet d’un suivi médical et de contrôles ultérieurs de sa plombémie.

L’Agence régionale de santé est systématiquement informée des cas de saturnisme infantile dans le cadre du dispositif des maladies à déclaration obligatoire. L’ARS engage alors une investigation environnementale pour déterminer les sources de plomb auxquelles est exposé l’enfant afin de mettre en œuvre les mesures les plus adaptées pour supprimer son exposition.

Les intoxications aiguës sont extrêmement rares et se situent généralement dans des contextes professionnels, différents de ceux de l’incendie, ou l’exposition d’enfants en bas âge à des habitats très dégradés et très contaminés. Aucune intoxication de ce type n’a été signalée dans les jours qui ont suivi l’incendie.

Le risque éventuel d’intoxication chronique, après l’incendie, serait consécutif à l’ingestion de poussières contaminées par le plomb, qui pourrait intervenir notamment via la contamination des mains par les dépôts de plomb dans les sols ou les poussières déposées sur les surfaces (sols intérieurs, bords de fenêtres…) et le manuportage à la bouche directement (pour les enfants ou les adultes qui rongent leurs ongles) ou indirectement.

Par ailleurs, sans lien avec l’incendie de la cathédrale, il existe d’autres sources d’exposition qui peuvent également contribuer à une exposition au plomb, au plus long court : peintures au plomb dégradées dans les logements, le minium de plomb utilisé sur certaines  les ferronneries peintes, anciennes canalisations d’eau potable en plomb, cosmétiques et remèdes  traditionnels, manipulation régulière d’objets contenant du plomb, etc. La présence de peintures dégradées contenant du plomb (peintures utilisées dans les bâtiments anciens construits avant 1975, surtout s’ils ont été construits avant 1949) est l’une des sources d’exposition les plus documentées comme  cause du saturnisme infantile.  

Les recommandations visant à prévenir les expositions pour les personnes pouvant être en contact avec des sols ou des poussières contaminées par le plomb sont les suivantes :

  • Respecter les gestes habituels d’hygiène des mains : lavage fréquent, particulièrement avant les repas et après un contact avec les sols, ongles courts ;
  • Suivre les recommandations de nettoyage mise à disposition par l’ARS (voir ci-après) ;
  • Ne pas manger ni fumer ni boire pendant certaines tâches exposant aux poussières (jardinage, entretien des bâtiments, ménage…).
  1. Élimination des poussières dans le logement et les parties communes

Cette partie porte sur les surfaces du logement (meubles, encadrements de portes et fenêtres, boiseries, murs, sols, plinthes, bibelots, etc.), des parties intérieures et extérieures des ouvrants (fenêtres et rebords), des terrasses et balcons, et des parties communes.

Pour éviter une mise en suspension des poussières, il est conseillé de réaliser des nettoyages humides. Ce nettoyage peut être renforcé à l’aide d’un aspirateur uniquement si celui-ci dispose d’un filtre THE (très haute efficacité) ou HEPA (high efficiency particulate air) en particulier pour les surfaces irrégulières (sols poreux, non vitrifiés) et les espaces difficilement accessibles (ex. entre des lames de parquet)

Pour les surfaces lisses et planes, il est recommandé d’utiliser :

  • du nettoyant vitres et de l’essuie tout  (méthode très efficace et utilisée par les professionnels du nettoyage),
  • ou de l’eau avec du détergent et un linge propre (par exemple des serpillères ou des chiffons industriels à haut pouvoir absorbant) – changer l’eau et le linge souvent, en particulier entre le nettoyage des parties extérieures (parties extérieures des ouvrants – fenêtres et rebords -, terrasses, balcons…) et de l’intérieur du logement,
  • ou des lingettes jetables.

La fréquence de nettoyage : une fois par semaine pour les sols, meubles et bibelots est adaptée. Le matériel de nettoyage utilisé ne doit servir qu’à nettoyer les poussières du logement ; les vêtements portés pendant le nettoyage sont lavés après le ménage.

Un lavage des rideaux (machine ou nettoyage à sec) et un nettoyage au linge humide pour les stores sont conseillés.

  1. Limiter la re-contamination

Une fois le nettoyage effectué, plusieurs actions permettent de limiter la re-contamination des logements :

  • laisser devant l’entrée les chaussures utilisées à l’extérieur et les poussettes,  trottinettes, etc.,  
  • nettoyer les objets qui ont été en contact avec la chaussée, notamment les jouets (ex. ballon) utilisés par les enfants,
  • procéder régulièrement à un nettoyage humide des jouets et objets (ex. doudous) pouvant être portés à la bouche par les enfants,
  • procéder régulièrement à un nettoyage humide de l’entrée, des ouvrants, terrasses, balcons et rebords de fenêtres.
  1. Pour les balcons revêtus de feuilles de plomb laminé 

Le plomb est un polluant qui peut être présent dans les bâtiments et est notamment retrouvé dans les feuilles de plomb laminé qui recouvrent les sols des balcons. Lorsque ces surfaces ne sont ni vernies ni recouvertes d’une couche de protection en parfait état, il existe un risque très élevé de contamination par les poussières de plomb émises par ces surfaces.

Aussi, après un premier nettoyage à l’aide d’une serpillère humide pour éliminer les poussières retombées lors de l’incendie, il est recommandé :

  • de ne plus effectuer d’opération pouvant endommager ces surfaces (rayure, abrasion, impact, travaux),  
  • d’interdire l’accès du balcon aux enfants dans l’attente de travaux de recouvrement et
  • d’être particulièrement vigilant vis-à-vis de l’introduction dans le logement de poussières depuis ces espaces (via les chaussures, par exemple).

A ce jour, le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) classe le plomb dans le groupe 2B des substances « peut-être cancérogènes»  pour l’espèce humaine et non en groupe 1 (agent cancérogène) ou en groupe 2A (agent « probablement cancérogène »). Les données épidémiologiques internationales ne permettent pas d’établir le lien entre la survenue de cancers chez l’Homme et l’exposition au plomb, sans pour autant pouvoir exclure la possibilité d’un tel lien.

En l’absence de seuil réglementaire et de valeurs de référence sanitaires concernant la présence de plomb dans les poussières déposées sur la voirie, et au regard de la situation inédite suite à l’incendie de Notre-Dame de Paris, l’Agence régionale de santé a dû établir une valeur repère pour orienter son action, y compris au-delà du périmètre immédiat de l’Île de la Cité, et prévenir ainsi l’exposition au plomb des enfants. Cette démarche a associé des experts de Santé publique France et du Laboratoire central de la préfecture de police.

Ce point de repère permet d’orienter les actions au-delà de l’Île de la Cité et de ses environs.

La pollution au plomb est très importante sur l’Île de la Cité et aux abords de la cathédrale, c’est pourquoi le secteur a été ciblé prioritairement par l’Agence dès après l’incendie (recommandations de nettoyage, incitation au dépistage, prélèvements).

Toutefois, les nombreuses mesures effectuées dans Paris à la suite de l’incendie ont montré une pollution résiduelle au plomb, au-delà de ce périmètre. Même si aucun impact sanitaire attribuable à la pollution générée par l’incendie n’a été observé à ce jour, l’Agence a donc souhaité étendre ses recommandations en matière de protection de la santé. Dans l’avis sanitaire qu’elle a rendu le 18 juillet 2019, l’Agence a préconisé que soient menés, par précaution, des prélèvements environnementaux dans les lieux accueillant des enfants en condition normale d’utilisation, dès lors qu’ils sont situés dans un rayon de 300 mètres à proximité d’un point où aurait été effectué un prélèvement de poussières en surface extérieure supérieur à 5 000 µg/m2.

Cette démarche permet ainsi de s’assurer que les seuils sanitaires sont bien respectés dans les établissements accueillant de enfants de moins de 7 ans et/ou des femmes enceintes, autour de tout point de prélèvement supérieur à 5 000 µg/m2.

Cette valeur n’est ni un seuil sanitaire, ni un seuil réglementaire : c’est un repère d’aide à la décision

Cette valeur permet d’orienter des actions concrètes visant à prévenir les risques pour la santé, dans les environs des points où cette valeur est dépassée.

Concrètement, pour tous les établissements accueillant des enfants dans un rayon de 300 mètres autour des points de mesure extérieure où les taux de plomb dans les poussières dépassent 5 000 µg/m², des mesures complémentaires sont recommandées. L’objectif est de s’assurer, par des prélèvements de poussières dans les lieux accueillant des enfants, qu’ils ne sont pas pollués, et de faire prendre le cas échéant les mesures de gestion qui s’imposent (faire pratiquer des opérations de nettoyage et/ou des plombémies aux enfants par exemple).

Une valeur fixée selon les niveaux de plomb constatés dans Paris avant l’incendie, notamment aux alentours de la cathédrale.

Sans qu’il n’existe de norme concernant la présence de plomb sur la voirie, l’Agence régionale de santé s’est attachée, en lien avec le ministère de la Santé et à partir des prélèvements antérieurs dont elle disposait, à déterminer quels pouvaient être les niveaux de plomb dans la capitale avant l’incendie.

La valeur de 5 000 µg/m² a été retenue en s’appuyant sur la méthode statistique du 95e percentile. On estime en effet que l’on obtient une étendue représentative des valeurs, lorsque l’on en considère 95 % à l’exclusion des 5 % les plus hautes. Ces dernières sont alors définies comme « atypiques » et marquent un dépassement nécessitant une investigation approfondie.

Appliqué aux valeurs constatées après l’incendie, ce repère a pour objectif d’identifier indistinctement les valeurs qui auraient été « atypiques » avant l’incendie ou qui le seraient devenues à cause de lui, et de vérifier qu’il n’y a pas de risque pour les personnes fragiles et en particulier les enfants dans ces zones.