Plan d’actions territorialisé pour faire face aux tensions hospitalières : focus sur la Seine-Saint-Denis

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Offre de soins

Dès le début du mois d’avril suite aux inquiétudes remontées par les professionnels de santé du territoire, l’ARS IDF et l’ensemble des partenaires se mobilisent pour faire face aux tensions hospitalières.

Début juillet, à la suite de la remise du rapport du Dr François Braun, une boîte à outils complémentaire a été mise à disposition des acteurs du système de santé pour déployer des mesures adaptées selon les besoins des territoires.

En Seine-Saint-Denis, la délégation départementale du 93 de l’ARS IDF a mis en place des propositions de mesures organisationnelles, notamment en termes de ressources humaines, afin de pallier ou de contenir les difficultés constatées. Des réunions hebdomadaires sont depuis lors organisées par la délégation départementale avec les établissements de santé publics et privés du département, le SAMU 93 et la BSPP pour évaluer leurs difficultés, organiser les coopérations et proposer des mesures et actions palliatives à mettre en œuvre. En parallèle, la délégation départementale a également mobilisé les maisons médicales de garde (MMG), les filières gériatriques, les EHPAD et, en collaboration avec le Conseil départemental de l’Ordre des médecins, l’ensemble de la médecine de ville.
 

Optimiser le temps médical et augmenter les capacités de réponse à la demande de soins non programmés en ville

A titre d’exemple, on peut citer le fait que le Président du Conseil départemental de l’Ordre des médecins a autorisé les médecins remplaçants à travailler en même temps que les médecins titulaires, afin d’augmenter les effectifs et de pouvoir répondre à la demande de soins non programmés en ville.

Renforcer la coopération ville-hôpital

La gestion de la crise sanitaire de la Covid19 a montré qu’il était indispensable de renforcer le lien entre les professionnels de ville et l’hôpital. En particulier, la délégation départementale s’est attachée à augmenter les moyens des MMG, qui assurent des consultations de médecins généralistes en dehors des horaires d’ouverture des cabinets, ce qui tend à réduire les passages aux urgences faute d’avoir pu consulter son médecin traitant. Plusieurs mesures ont été ainsi déployées en Seine-Saint-Denis :

  • Le doublement des lignes de médecins généralistes dans les maisons médicales de garde les plus sollicitées, en particulier celles proches des SAU (MMG Aulnay, MMG Montfermeil et prochainement MMG Bondy)
  • L’extension des horaires d’ouverture de certaines maisons médicales de garde en soirée en semaine ou le week-end (MMG Noisy-le-Sec, MMG de Montfermeil) ;
  • Le lancement d’une campagne de communication sur les missions médicales de garde pour mieux les faire connaître des professionnels du secteur sanitaire-social, des élus et du grand public ;
  • La présence de médecins généralistes dans certains services d’accueil des urgences (SAU) pour prendre en charge les personnes qui nécessitent une simple consultation (CHI Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois et CHI André Grégoire à Montreuil). Par ailleurs, certains SAU devraient prochainement déployer des cabines de téléconsultation.

 

Fluidifier le parcours de soins des patients au sein des établissements hospitaliers et médico-sociaux

A ce titre, des “bed managers” ont été installés dans l’ensemble des établissements de santé de Seine-Saint-Denis afin de veiller à la disponibilité des lits et à la fluidification du parcours des patients, mais aussi pour alerter lors des situations de tension.

La délégation départementale de l’ARS accompagne également les établissements de santé Médecine, Chirurgie, Obstétrique (MCO) et de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) pour mobiliser des places en EHPAD afin de prendre en charge des patients en sortie d’hospitalisation dans le cadre du dispositif d'hébergement temporaire.

Déployer le « Plan Maternité » en Seine-Saint-Denis

Dès le 4 juillet, l’ARS Île-de-France a mis en place une cellule régionale d’appui au transfert des femmes sur le point d’accoucher, pour trouver des places dès lors que certaines maternités sont saturées. Ce dispositif a déjà été utilisé par les CH de Saint-Denis et Montreuil.

Des médiateurs en santé pour accompagner les populations précaires vont prochainement être déployés pour les 4 maternités les plus en tension du département (CH Saint-Denis, CHI Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois, CHI Le Raincy-Montfermeil, CHI André Grégoire à Montreuil). Le dispositif de médiation en santé, proposé par l’Agence au sein de ces maternités, vise un double objectif :

  • Accompagner les femmes enceintes/couples en difficulté pour se repérer dans le système de santé en périnatalité (lutter contre les inégalités sociales en santé) ;
  • Améliorer la qualité de vie au travail des professionnels hospitaliers en facilitant la coordination des parcours et en soulageant les équipes médicales de questions administratives et sociales individuelles qui embolisent les soins et la prévention.

Concrètement, les médiateurs en santé interviendront pour :

  • Améliorer la communication et la compréhension entre la patiente et le professionnel de santé ;
  • Aider les femmes à se repérer dans le schéma du parcours de suivi prénatal et dans l’organisation sanitaire du territoire et des ressources (PMI, hôpital, maternité, association, service social, CAF…) ;
  • Mettre en relation les femmes enceintes vulnérables avec les structures sanitaires, sociales et administratives du territoire ;
  • Informer sur les dispositifs, orienter, prendre rendez-vous ;
  • Expliquer, vulgariser pour permettre la littératie en santé, éventuellement traduire
  • Les accompagner physiquement pour les démarches administratives ou RDV médicaux au sein de l’établissement de santé

Enfin, suite à l’autorisation donnée par le rapport Braun de faire intervenir des sages-femmes libérales dans les salles de naissance, l’ARS travaille avec l’URPS Sage-Femmes pour les mobiliser et les orienter vers les maternités de Seine-Saint-Denis les plus en tension qui en ont fait la demande (Delafontaine à Saint-Denis, Robert Ballanger (Aulnay-sous-Bois), Le Raincy-Montfermeil, André Grégoire (Montreuil) et Jean Verdier (Bondy).  

Soutenir les EHPAD et les SSIAD les plus en tensions pour éviter les passages aux urgences

La délégation départementale mobilise l’ensemble des ressources humaines disponibles dans le département pour assurer la continuité de l’accompagnement médical et paramédical des personnes âgées en EHPAD ou à domicile :

  • Mobilisation des filières gériatriques pour repérer les EHPAD en difficultés et assurer un soutien par les équipes mobiles gériatriques ;
  • Mobilisation du personnel de santé au sein de l’organisme gestionnaire, notamment des groupes privés;
  • Mobilisation du personnel de santé au sein du département par des conventions entre l’EHPAD et les médecins ou infirmiers libéraux. Financement de ce temps médical et soignant supplémentaire par l’ARS.
  • Recours aux infirmiers libéraux par les SSIAD via une convention et un financement des surcoûts par l’ARS.
  • Augmentation du temps de médecin prescripteur et/ou coordonnateurs dans les EHPAD et financement des surcoûts par l’ARS;
  • Financement par l’ARS d’astreintes d’IDE de nuit dans les EHPAD du 1er juillet au 30 septembre par anticipation des résultats des appels à candidature lancés en juin 2022;
  • Possibilité de déléguer l’organisation et la prise de rdv médicaux des résidents, normalement à la charge des IDE en EHPAD, à des CDD de secrétariat médical et recentrer les ETP IDE strictement sur le soin. Financement de ces CDD par l’ARS pour les EHPAD habilités à l’aide sociale pour l’équivalent d’un ETP pendant 2 mois;
  • Possibilité de recrutement anticipé des étudiants en soins infirmiers et élèves aide-soignants en attente de délivrance de leur diplôme ;
  • Financement au recours d'un CDD jusqu'à 1 ETP durant la période d'été sur la période quel que soit la capacité de l'Ehpad.

Renforcer l’offre des transports sanitaires urgents en Seine-Saint-Denis

L'adoption d'un avenant au cahier des charges de la garde ambulancière urgentes entré en vigueur dès le 1er juillet 2022 ayant pour objectif de renforcer le nombre de moyens ambulanciers urgents disponibles en Seine-Saint-Denis permettant de passer au mieux de 5 véhicules postés à 19 véhicules, et de garantir une garde postée aussi bien de jour que de nuit sur les 5 secteurs du département.