Organisation de la prise en charge sanitaire en Île-de-France des réfugiés d’Ukraine

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L’ARS se mobilise avec ses partenaires pour mettre en place la prise en charge et le suivi sanitaires des personnes accueillies dans la région. Focus sur les différentes actions déployées en Île-de-France.

Le dispositif régional et les champs d’intervention de l’ARS

La prise en charge des réfugiés en provenance d’Ukraine s’est organisée en lien étroit avec tous les services de l’Etat et sous la coordination de la Préfecture de Région. Les services préfectoraux assurent le pilotage des dispositifs d’accueil et d’hébergement et mobilisent à cette fin plusieurs associations telles que France Terre d’Asile (FTDA), Emmaüs, Coallia ou encore le Groupe SOS.

L’ARS Île-de-France coordonne le volet sanitaire du dispositif d’accueil des réfugiés, mais aussi la mobilisation des dons fait par les établissements sanitaires, la projection des capacités médicales et l’accueil des patients ukrainiens évacués depuis la Pologne.

Lieux d’accueil temporaire

Plusieurs dispositifs d’accueil temporaire sont constitués sur l’ensemble de la région, que ce soit sous forme de :

  • lieux d’attente pour les personnes en transit
  • plateformes permettant de combler les besoins de première nécessité (alimentation, habillement, etc.) et de remplir les démarches administratives
  • hébergement d’urgence accessible aux personnes arrivées en dehors des horaires d’ouverture des dispositifs précédemment cités.

Ces dispositifs n’ont pas vocation à accueillir des personnes sur un temps long, leur objectif premier est l’orientation vers les dispositifs d’aval.

Lieux d’hébergement gérés par des opérateurs associatifs

Pour ces lieux, l’Agence s’appuie sur le dispositif sanitaire mis en place depuis 2015 dans le cadre de toute opération de Mise à l’Abri (MISA) de grande ampleur, avec des opérateurs conventionnés pour effectuer cette mission. Ce dispositif permet :

  • d’une part, d’assurer un bilan infirmier d’orientation global et de mettre en place les prises en charge éventuelles ;
  • d’autre part, de disposer d’une évaluation épidémiologique et de réajuster les réponses en fonction des besoins.

Ce dispositif est mobilisé dans le cadre de l’accueil des personnes en provenance d’Ukraine et constitue le pivot de l’organisation sanitaire.

Les différents types de prises en charge mis en place 

Prise en charge et soins somatiques

Des bilans de santé infirmiers sont organisés par les délégations départementales sur chacun des sites d’hébergement collectifs. Ces bilans permettent aussi le repérage de souffrances psychologiques. Plusieurs équipes sont mobilisées, notamment celles du Samu social de Paris et de la Croix-Rouge française, les équipes mobiles créées par le Ségur de la Santé, ainsi que des acteurs bénévoles, hospitaliers ou associatifs avec lesquels l’Agence est sous convention.

Suite aux bilans de santé infirmiers, ou en cas de besoin spontané, la nécessité d’une consultation médicale peut apparaître pour certaines personnes (besoin d’ordonnance, urgence, rattrapage vaccinal, etc.) ainsi que des besoins d'orientations ou de prise en charge adaptée (handicap par exemple). En l’attente d’ouverture des droits des personnes accueillies, l’orientation est organisée vers les PASS ou au service d’accueil des urgences (SAU). Dès l’ouverture des droits Protection Universelle Maladie (PUMa), le système de santé de droit commun prend le relais : appel à la médecine de ville, aux structures classiques, au 15 qui pourra éventuellement réorienter vers un service d’urgence, etc.

Prise en charge et soins en santé psychique

L’ensemble des Cellules d’Urgence Médico-Psychologiques (CUMP) et des Équipes Mobiles Psy Précarité (EMPP) a été alerté par l’Agence. 

Les CUMP sont mobilisées suite aux passages de bilans sanitaires infirmiers, lorsqu’un besoin a été identifié ou sur demande de l’Agence en amont des passages, lorsque des situations nécessitant cette prise en charge sont signalées.
Suite aux bilans de santé ou à l’intervention des CUMP, des besoins de prise en charge en santé mentale peuvent être identifiés. Le premier recours est constitué par les EMPP. 

Des ressources complémentaires peuvent être identifiées par les délégations départementales de l’ARS Île-de-France.

Prise en charge spécifique des enfants de moins de 6 ans et des femmes enceintes

Les services de Protection Maternelle Infantile (PMI) sont mobilisés par les délégations départementales de l’Agence afin de proposer des modalités d’accueil et d’orienter les enfants vers les dispositifs adaptés. Par ailleurs, les femmes enceintes et les enfants peuvent être orientés vers les services de PASS prévus à cet effet et le centre de prise en charge des femmes enceintes migrantes d’Ukraine (FEMU) situé à l’Hôpital Hôtel Dieu à Paris.

Les mesures de gestion de la Covid-19

Dépistage Covid-19

L’Agence met à disposition des centres d’hébergement des autotests par l’intermédiaire de la Préfecture de Région. En cas de personnes dépistées positives sur le site, une cellule dédiée de l’Agence prend en charge les signalements et peut organiser des dépistages collectifs sur site.

Isolement des cas positifs Covid-19

Les personnes diagnostiquées positives à la Covid-19 bénéficient prioritairement d’un isolement sur les sites d’hébergement. En cas d’impossibilité, elles peuvent être orientées vers un hébergement d’isolement Covid-19. Il peut s’agir soit :

  • d’une Cellule Territoriale d’Appui à l’Isolement (CTAI) portée par la Préfecture lorsque le territoire en est doté ;
  • du centre dédié à l’isolement des personnes en situation de précarité porté par l’Agence. 

Vaccination Covid-19

L’ARS Île-de-France proposera la vaccination sur les sites d’hébergement, une fois les besoins fondamentaux des personnes assurés.

La projection de matériel

L’ARS Île-de-France centralise les propositions de dons faites par les établissements de santé et médico-sociaux et coordonne leur envoi lorsque ceux-ci correspondent à un besoin exprimé par le ministère de la santé ukrainien. Par ailleurs, la région a également projeté en Ukraine un poste sanitaire mobile de niveau 2 (PSM2), ensemble de 156 conteneurs comprenant 5,5 tonnes de médicaments et de matériel biomédical et permettant la prise en charge de 500 blessés dont 100 graves. Cela a fait partie des premiers moyens sanitaires de l’aide européenne arrivés en Ukraine.

L’accueil de patients et de blessés

Enfin, l’ARS Île-de-France organise également l’accueil de patients rapatriés d’Ukraine via la Pologne. Près de 300 lits ont été proposés dans notre région (et près de 4000 pour l’ensemble de la France), dans le principal objectif de pouvoir assurer la continuité de prise en charge des patients hospitalisés en Ukraine.