La santé avance en Île-de-France

Lutter contre le VIH : quelles avancées en Île-de-France ?

Communiqué de presse
Santé publique
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Journée-SIDA-VIH
En 2018, 2 500 découvertes de séropositivité VIH ont été déclarées en Île-de-France : une diminution lente mais significative pour les Franciliens. Premier financeur de la lutte contre le VIH dans la région avec 43M€ mobilisés, l’ARS assume ses missions de pilote des politiques de lutte contre la maladie, avec l’objectif d’éradiquer le sida en région Île-de-France d’ici 2030.
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A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida le 1er décembre, l’ARS revient sur les priorités, établies dans le Projet régional de santé 2018-2022, et les avancées franciliennes en matière de lutte contre la maladie. L’ARS s’engage d’ici 2022 à renforcer l’information et la mobilisation des professionnels de santé, à poursuivre son soutien à l’accès au dépistage renforcé et aux acteurs associatifs de santé sexuelle, le tout en partenariat étroit avec l’ensemble des publics concernés.

Réduire l’épidémie non diagnostiquée en favorisant le dépistage et une prévention diversifiée

Près de 10 000 personnes vivraient avec le VIH sans le savoir en Île-de-France. L’Agence oriente, pour y répondre, la majorité de ses actions vers un dépistage accessible à tous.

Les données publiées par Santé publique France, concernant la découverte des séropositivités au VIH en 2018, en France et plus spécifiquement en Île-de-France, montrent que depuis 2013 le nombre de dépistages pratiqués en Île-de-France augmente régulièrement pour atteindre 1,5 millions en 2018 (+ 7 % en Seine-et-Marne, + 11 % à Paris, + 18 % dans le Val-de-Marne).

Selon l’Observatoire régional de santé (ORS), qui publie aujourd’hui une étude relative à l’attitude des Franciliens vis à vis du dépistage VIH/sida en Île-de-France : les Franciliens sont plus nombreux à déclarer avoir eu recours au test de dépistage du VIH que les non-Franciliens au cours des 12 derniers mois (15,4 % contre 11,2 %).

Le réseau des Centres gratuits d’information de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) est un élément central au service de la politique régionale. L’ARS subventionne leur fonctionnement à hauteur de plus de 20M€ par an, incluant un accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP), mais également au traitement post exposition (TPE). L’accès au dépistage en Île-de-France est également facilité par l’appui de l’Etat et de l’Assurance maladie aux acteurs communautaires pour la réalisation des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) et la mise à disposition d’autotests renforcée par l’appui des partenaires (Ville de Paris et Région Île-de-France).

En outre, l’ARS apporte un soutien de l’ordre de 3,5 M€ aux acteurs associatifs et aux collectivités locales pour leurs actions d’information, de prévention, d’accompagnement et de soutien aux personnes touchées par le virus.

Diminuer les disparités infrarégionales encore importantes

Malgré une augmentation du nombre de dépistages et un accès rapide à des traitements efficaces pour les personnes infectées, l’épidémie d’infection au VIH ne recule que lentement. L’Île-de-France est la région la plus touchée, particulièrement Paris et la Seine-Saint-Denis (93). De 2013 à 2018, l’évolution observée au niveau régional recouvre des dynamiques différentes, reflet à la fois des publics concernés et des  dispositifs publics et associatifs déployés pour informer, prévenir, accompagner et soutenir les personnes touchées :

  • Au niveau régional : une diminution lente mais significative du taux de découvertes pour 100 000 habitants : - 15 % depuis 2013 pour l’ensemble des cas découverts en Île-de-France, tous modes de contamination et origine confondus. Les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) nés en France ont été moins nombreux à découvrir une séropositivité au VIH en 2018 qu’en 2013 (- 20 %), tandis que les HSH nés à l’étranger ont été plus nombreux en 2018 qu’en 2013 (+ 24 %). Les personnes hétérosexuelles ont été moins nombreuses à découvrir une séropositivité au VIH en 2018 , qu’elles soient nées en France (- 32 %) ou nées à l’étranger (- 14 %)
  • A Paris : une réduction marquée des découvertes de séropositivités chez les HSH nés en France, et chez les hétérosexuels nés à l’étranger,  mais non observée chez les HSH nés à l’étranger et les hétérosexuels nés en France.
  • En Seine Saint Denis : une stabilité des taux de notification et une diminution chez les hétérosexuels nés à l’étranger mais une augmentation forte chez les HSH nés à l’étranger qui représentent 12 % des notifications en 2018 (contre 6 % en 2013).
  • Dans le Val-de-Marne : une diminution globale de - 29 % notamment chez les hétérosexuels nés en France ou à l’étranger ainsi qu’une stabilité chez les HSH, nés en France ou à l’étranger.

Dans les autres départements, le nombre de cas et la faible complétude des informations recueillies, ne permettent pas d’analyse selon le mode présumé de contamination. Cependant, une baisse des notifications a été remarquée en Essonne, une stabilité dans les Yvelines et dans le Val-d’Oise, mais une augmentation forte de 36 % en Seine-et-Marne.

Intensifier les innovations avec nos partenaires en matière de lutte contre le sida

  • Par la reconduction de la semaine de dépistage IST, VIH, hépatites en Île-de-France, dont la dernière édition (11 au 15 juin) a vu plus de 150 actions conduites avec l’aide de nos partenaires.
  • Par l’accélération de l’accès à la PrEP, dans les hôpitaux, dans les CeGIDD et bientôt en médecine de ville, en s’appuyant sur l’expertise et la coopération des acteurs mobilisés au sein des 5  COREVIH d’Île de France (Coordination régionale pour la lutte contre le VIH et autres IST). Au 30 juin 2019, 9135 Franciliens ont initié une PrEP dont 5821 à Paris, 820 dans les Hauts-de-Seine, 670 dans le Val-de-Marne, 652 en Seine-St-Denis, et 1172 en grande couronne (ANSM).
  • Par l’ouverture du Centre de santé sexuelle communautaire du Kiosque/ARCAT à Paris prévue début 2020, un des quatre projets retenus suite à l’appel à projet national de la Direction générale de la Santé (DGS) visant à accélérer le dépistage du VIH et des IST dans une approche Test and treat. Son financement s’inscrit dans la cadre des expérimentations de l’Article 51 du PLFSS 2018.
  • Par l’expérimentation du programme de sensibilisation Pass préservatif, une mesure phare du Plan priorité prévention, auprès de jeunes étudiants en Seine et Marne. Le projet pilote permet d’accroître la disponibilité des préservatifs chez les jeunes par le biais d’une application dédiée, Tumeplay, et d‘un réseau de délivrance gratuite (pharmacies, autres professionnels de santé) en parallèle de conseils et de soutien en santé sexuelle.
  • Par l’appui au projet VIHTest, depuis Juillet 2019 : à l’initiative de Vers Paris sans sida, la Mairie de Paris,  la CPAM 75, l’URPS biologistes et de l’ARS Île-de-France, avec l’appui des COREVIH, le test VIH sans ordonnance et sans avance de frais est désormais disponible dans tous les laboratoires médicaux parisiens. L’ARS contribue au financement de l’évaluation, et assure le remboursement pour les non assurés sociaux.

 

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