La santé avance en Île-de-France

Les médicaments ? À bon escient !

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Semaine sécurité des patients 2017
[#SSP2018] Cette année, la semaine de la sécurité des patients est axée sur la pertinence et à la qualité de la prise en charge médicamenteuse. Dans tous les domaines, l’ARS Île-de-France a fait de la pertinence et de la qualité des soins une priorité se plaçant ainsi dans la droite ligne des mesures annoncées dans le cadre de «Ma santé 2022». Illustration pour les médicaments !
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Plus on prend de médicaments, plus on s’expose aux risques d’interactions et aux effets indésirables

Près de 10 000 décès par an seraient liés à une erreur médicamenteuse ou un effet indésirable – c’est trois fois plus que les accidents de la route. Les personnes âgées constituent une population fortement touchée par ce phénomène, responsable de 10 à 20 % des hospitalisations des plus de 75 ans. En cause notamment, notre forte consommation de médicaments : 90% des consultations se concluent en France par une ordonnance (1)

Les prescriptions médicamenteuses ne sont pas toujours utiles

« Ce qui est certain, c’est qu’un antibiotique n’est pas utile pour traiter une rhinopharyngite chez un enfant et que dans ces conditions cela présente plus d’inconvénients que d’intérêt» témoigne le Dr Eric Lachassinne, référent pédiatrie à l’ARS Île-de-France. Des solutions sont encouragées par l’ARS pour améliorer les prescriptions d’antibiotiques (2) : le test diagnostic rapide des angines (TDR) et l’outil «Antibioclic+», qui permet déjà à 15% des médecins de ville franciliens inscrits d’optimiser leurs prescriptions.

Pour éviter les prescriptions inappropriées (3), la liste préférentielle MedEHPAD qui sélectionne les médicaments adaptés au sujet âgé a été distribuée et adoptée par une centaine d’EHPAD engagés dans le plan d’amélioration de la prise en charge médicamenteuse de l’ARS IDF.

Les approches non médicamenteuses globales ont aussi fait leurs preuves : l’activité physique adaptée, les règles hygiénodiététiques pour l’hypertension artérielle, le diabète… « La réduction de l’usage des psychotropes dans la maladie d’Alzheimer doit être intensifiée au profit des thérapies réadaptatives et psycho- comportementales (4) »  illustre le Dr Jean-Philippe Flouzat, conseiller médical de la direction de l’autonomie.

Dans un pays où la culture du « tout médicament » est bien ancrée, alléger les prescriptions n’est pas si facile, il faut prendre le temps de revoir le rapport bénéfice/risque des traitements et d’en discuter avec le patient.

Des solutions dans l’implication des patients et la coordination des acteurs

Plus on prend de traitements, plus on risque d’en oublier ! En Île-de-France, 41% des patients diabétiques de type II ne sont pas observants (5). Suite à ce constat, l’ARS Île-de-France a décidé de mettre en œuvre une action d’accompagnement des patients par les pharmaciens d’officine du Val d’Oise, de façon à favoriser leur adhésion au traitement. L’implication du patient et la coordination des acteurs sont essentielles. Il s’agit pour l’ARS Île-de-France d’aider les acteurs du soin (médecins, pharmaciens) et les patients à engager des conversations et notamment sur l’utilisation excessive des médicaments. Le patient doit être encouragé à demander « Ce médicament est-il vraiment nécessaire ? ». Trop peu de praticiens envisagent spontanément face à un symptôme qu’il puisse venir d’un médicament.

Derrière les traitements se cachent aussi souvent plusieurs prescripteurs. Lors d’une conciliation médicamenteuse, l’ensemble des traitements pris et à prendre par le patient sont répertoriés. Sous l’impulsion de l’ARS le nombre de professionnels engagés dans cette démarche ne cesse d'augmenter depuis 2016 (6). Un document pédagogique pour expliquer aux usagers ce qu'est la conciliation et le rôle qu'ils doivent jouer dans ce processus a aussi été diffusé. D’autant plus que vont se déployer en ville les bilans partagés de médication. L’enjeu de la démarche ? Sécuriser le parcours du patient et réduire le risque d’iatrogénie en prévenant ou en interceptant les erreurs médicamenteuses mais aussi favoriser la coordination pluriprofessionnelle.

La sortie d’hôpital est le moment le plus à risque d’erreurs médicamenteuses. Afin d’assurer une transmission des informations essentielles à la poursuite de la prise en charge médicamenteuse, la HAS a émis des recommandations sur le volet médicamenteux de la lettre de liaison. Afin d’aider les équipes des établissements de santé désireuses de mettre en œuvre cette recommandation, l’OMEDIT Ile-de-France met en ligne un e-learning pour permettre aux médecins et pharmaciens d’acquérir les compétences pour remplir et transmettre ce tableau. Mieux organiser le collectif de travail est un levier pour rendre les organisations de soins plus performantes. L’objectif général est d’améliorer la qualité et la pertinence des prises en charge en créant du lien et de la synergie entre les acteurs au bénéfice d’un parcours coordonné de soins et de vie du patient.

 

(1) Enquête IPSOS Santé pour la CNAMTS, 2005

(2) La France est l’un des pays les plus prescripteurs d’antibiotiques en Europe et la consommation en Île-de-France est supérieure de 8% par rapport à la moyenne nationale.

(3) Médicaments potentiellement inappropriés aux personnes âgées : intérêt d’une liste adaptée à la pratique médicale française - La Revue de médecine interne 30 (2009) 592–601

(4) Haute autorité de santé. Guide parcours de soins des patients présentant un trouble neurocognitif associé à la maladie d’Alzheimer ou à une maladie apparentée. Mai 2018

(5) C’est le principal enseignement d’une étude menée par l’Agence régionale de santé Île-de-France en 2016

(6) de Saunière A, Luciani C. Appel à projets pour le déploiement de la conciliation médicamenteuse en Ile-de-France : Bilan des expérimentations. J Pharm Clin 2018 ; 37(3) : 165-76 doi:10.1684/jpc.2018.0394

ssp 2018

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