La santé avance en Île-de-France

L’ARS Île-de-France engagée dans la prise en charge des femmes victimes de violences

Communiqué de presse
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Communiqué de presse
L’ARS Île-de-France présente, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, les actions mises en place dans la région pour la prise en charge des femmes victimes de violences. L’Agence participe dans ce cadre à la pose la première pierre de l’extension de la Maison des femmes de Saint-Denis (93).
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Les conséquences des violences sur la santé des femmes qui en sont victimes sont nombreuses :

  • atteintes physiques (traumatismes, maladies chroniques),
  • troubles psychiques et comportementaux (état de stress post-traumatique, dépression),
  • majoration du risque suicidaire et d’addiction,
  • dégradation sur la santé sexuelle et reproductive,
  • isolement social. 

Ces violences impactent également la santé des enfants témoins des violences subies par leur mère. 

La région Île-de-France est l’une des régions où les femmes sont le plus touchées par les violences. Chaque année, 10,9% des Franciliennes sont victimes de violences conjugales (9% au niveau national) et 3% des Franciliennes sont victimes de violences conjugales très graves avec le cumul d’agressions physiques ou sexuelles, répétées ou associées aux violences verbales et au harcèlement psychologique (2,3 % au niveau national). Par ailleurs, 9,3% des Franciliennes déclarent avoir été victime d’une tentative de viol et 3,3% déclarent avoir été violées. On estime que 13 000 femmes seraient excisées en Île-de-France.*

Plan régional de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes

Lancé en décembre 2017, le premier Plan régional de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes est en vigueur en Île-de-France pour la période 2017-2020. L’Agence régionale de santé Île-de-France porte le volet sanitaire de ce plan, en complémentarité des axes juridique et social portés par les autres institutions franciliennes et des acteurs associatifs, afin de permettre une prise en charge globale des femmes victimes de violences : mise à l’abri, parcours judiciaire, parcours médical et psychologique, insertion professionnelle…

Dans le champ de la santé, des initiatives ont vu le jour pour l’accueil, l’orientation et la prise en charge de femmes victimes de violences. L’ARS Île-de-France s’est ainsi engagée depuis plusieurs années dans le soutien, notamment financier, de nombreuses actions menées par des associations et des établissements de santé.

Centre hospitalier André Grégoire de Montreuil (93)

L’hôpital a mis en place une unité d’accompagnement personnalisé pour accueillir les femmes enceintes en situation de vulnérabilité, précaires et victimes de violences et leur proposer un programme de suivi adapté. Des sages-femmes et assistantes sociales interviennent pour coordonner le parcours au sein de l’établissement et faciliter l’orientation dans le système de santé.

Le service de gynécologie-obstétrique propose par ailleurs des opérations de réparation chirurgicale pour les femmes excisées.

Union régionale solidarité femmes Île-de-France (URSF-IDF)

Les associations membres de l’URSF-IDF mènent de nombreuses actions de formation des professionnels de santé, de promotion de la santé, de soutien à la parentalité, des permanences dans des établissements de santé, etc. :

  • Le Relais 77 développe des actions de soutien à la parentalité des femmes victimes de violences conjugales et un accompagnement collectif de leurs enfants.
  • Tremplin 94 mène des interventions pour repérer les situations de violences conjugales et prévenir les grossesses à risque dans ce contexte.
  • Le réseau SOS femmes 93 favorise l’accès à la santé et au bien-être en accompagnant spécifiquement les femmes victimes de violences conjugales pendant leur hébergement pour leur permettre d’accéder aux soins après les violences subies, de développer des habitudes et des modes de vie propices à leur bien-être et à la préservation de leur santé.

Réseaux de santé périnatale

Les réseaux de santé périnatale de la région développent des actions visant à améliorer le repérage, l’orientation et la prise en charge des femmes victimes de violences en période périnatale ; période souvent marquée par la révélation ou l’amplification des violences conjugales. Ils interviennent par des actions de formation des professionnels de santé, et par des coopérations avec les acteurs associatifs, notamment pour la mise en place de permanences dans ou près des maternités.

L’amicale du nid (93)

L’association accompagne sur le plan social, éducatif, physique, psychique et nutritionnel des femmes et des enfants en situation de grande précarité, sans habitat fixe et victimes de violences. Elle intervient avec des actions d’information et de sensibilisation, notamment pour influer positivement sur la santé de ce public, et pour une meilleure prise en compte des violences vécues.

Centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger d’Aulnay-sous-Bois (93)

L’établissement est mobilisé de longue date sur la question des violences faites aux femmes avec une prise en charge globale en parcours de santé entre le service d’urgences, la gynéco-obstétrique et la maternité.

Extension de la Maison des femmes de Saint-Denis (93)

Adossée au Centre hospitalier Delafontaine, la Maison des femmes de Saint-Denis est une structure majeure de la prise en charge des femmes vulnérables et victimes de violences dans la région et au-delà.

Elle a la particularité d’accueillir en un lieu unique un ensemble de professionnels de santé et de compétences (psychologique, médico-sociale et sanitaire, actes de soins, prévention), proposant ainsi une prise en charge globale des patientes.

La Maison des Femmes fédère ainsi trois pôles d’activités :

  • Un pôle sanitaire (consultations IVG, violences conjugales et intrafamiliales, mutilations sexuelles ; la chirurgie au bloc de l’hôpital pour les IVG et les réparations des mutilations sexuelles) ;
  • Un pôle planification familiale (missions d’accompagnement social et d’éducation à la santé sexuelle et reproductive et conseil conjugal) ;
  • Un pôle « accueil des femmes victimes de violence » (activités de dépistage des violences, de soutien psychologique, juridique et social, de participation à des groupes de parole, de diagnostic social…).

En activité depuis 2016, l’activité croissante de la Maison des femmes nécessite une extension de ses locaux. Cette extension représente un budget d’environ 900 000 € dont les deux tiers sont financés via une aide attribuée par l’ARS Île-de-France. L’Agence accompagne par ailleurs financièrement le fonctionnement de la Maison des femmes avec une aide annuelle de 160 000 €, en plus de financements attribués pour soutenir des actions ciblées, notamment en matière de prévention et de promotion de la santé.

« L’ARS s’est engagée pour soutenir l’extension et le fonctionnement de la Maison des femmes car elle assure une mission indispensable, indissociable de notre combat pour l’égalité, qui traduit les mots en actes et irrigue largement en Île-de-France. Nous devons encourager toutes les initiatives de cette nature portées par des établissements de santé. »

Aurélien Rousseau, Directeur général de l’ARS Île-de-France.

*Données extraites du Plan régional de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes en Ile-de-France 2017-2020

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