Lancement d'un document comparatif sur les vaccins contre la Covid-19 à destination des professionnels de santé

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Avec l’accélération de la campagne vaccinale contre la Covid-19, les professionnels de santé sont confrontés aux nombreuses questions des usagers. Comment fonctionnent les différents vaccins actuellement proposés en France ? Pourquoi le vaccin Astra Zeneca a-t-il été temporairement suspendu, puis réservé aux plus de 55 ans ? Au bout de combien de temps est-on immunisé ? L’ARS fait le point.

L'Agence lance un support synthétique de comparaison des vaccins contre la Covid-19 à destination des professionnels de santé engagés dans la vaccination et confrontés aux questions éventuelles des usagers. Ce guide propose via une présentation synthétique, des clés de lecture pour expliquer simplement les spécificités des différents vaccins (Pfizer, Moderna, Astra Zeneca et Janssen) autorisés en France et répondre aux questions les plus fréquemment posées.

Téléchargeable et facilement imprimable, ce document a été pensé pour permettre un usage simple et rapide auprès des professionnels mobilisés en Île-de-France.

Covid-19 : comprendre les différents vaccins

 

Vaccins Covid-19 : Questions réponses

Le document propose également de répondre à certaines questions fréquemment posées par les usagers sur les vaccins autorisés en France.

Lors des premiers essais cliniques sur les vaccins à ARNm Moderna et Pfizer, il est apparu qu’une seule dose de ces vaccins ne déclenchent qu’une immunité partielle contre la Covid-19. De plus, il n’est pas certain que les effets de la première dose durent dans le temps.

Pour s’assurer une protection maximale et durable, il est donc nécessaire de recevoir deux doses de ces vaccins.

Lorsqu’un vaccin est mis au point, il est conçu pour créer plusieurs types d’anticorps, liés aux différentes parties du virus. De cette façon, même si une partie du virus mute, les anticorps peuvent quand même reconnaître le reste du virus et intervenir. Il est toutefois possible qu’un variant rende un vaccin moins efficace.

C’est pour cela que les chercheurs continuent à travailler sur de nouvelles versions des vaccins, adaptés aux différents variants.

 

D’après les études cliniques, le vaccin Astra Zeneca est tout aussi efficace contre le variant britannique que contre la forme « classique » du virus. Les données observées en conditions réelles en Écosse montrent également l’efficacité du vaccin Astra Zeneca contre le variant britannique (94% d’efficacité contre les formes graves entraînant une hospitalisation, 81% chez les plus de 80 ans).

À ce stade de nos connaissances, nous pouvons donc conclure que le vaccin Astra Zeneca est bien efficace contre le variant britannique, majoritaire en France (plus de 70% des contaminations mars 2021). Quant aux autres variants, il n’y a pas assez de données à ce jour pour se prononcer fermement.

 

Lorsque le vaccin Astra Zeneca est arrivé en France, il existait très peu de données sur son efficacité auprès des publics plus âgés (65 ans et plus). Par précaution en attendant d’en savoir plus, les autorités de santé ont donc préféré le réserver aux populations plus jeunes. Depuis, des études portant sur des populations âgées en Écosse ont montré des résultats très positifs (81% d’efficacité chez les plus de 80 ans). Il n’y a donc plus de frein à recommander le vaccin Astra Zeneca aux personnes âgées de plus de 65 ans.

Le vaccin Astra Zeneca n’utilise pas la même technologie que les vaccins Moderna et Pfizer, dits « à ARNm ». Contrairement à ces derniers, c’est un vaccin à vecteur viral qui transmet au sujet qui le reçoit un virus rendu inoffensif, transformé pour contenir une partie du code génétique du SARS-CoV-2, et qui va stimuler les défenses immunitaires sans pour autant faire développer la maladie.

En réponse à la stimulation des défenses immunitaires, il peut arriver que des effets indésirables apparaissent (fièvre, fatigue, maux de tête, courbatures) dans les 24h qui suivent l’injection du vaccin. Ils paraissent plus fréquents probablement en raison de l’administration du vaccin à des personnes plus jeunes et donc plus réactives.

Pour prévenir l’apparition de ces effets indésirables, il est possible de prendre du paracétamol juste avant l’injection du vaccin, puis de continuer à en prendre dans les 48h qui suivent l’injection. Attention toutefois à respecter la dose maximale quotidienne (3g pour une adulte) et un intervalle d’au moins 4h entre 2 prises.

 

Le vaccin Astra Zeneca est disponible dès maintenant pour les personnes âgées de plus de 55 ans, et il procure une protection partielle dès 3 semaines après la 1ère injection. Les livraisons du vaccin Janssen sont attendues au mieux dans le courant du mois d’avril, et les publics éligibles n’ont pas encore été définis par la Haute autorité de santé. Bénéficier dès maintenant du vaccin Astra Zeneca, c’est être protégé plus tôt contre le risque de contracter la maladie ou de développer des formes graves.

Face à l’observation de quelques rares cas de thromboses veineuses survenues dans les jours suivant la vaccination Astra Zeneca, avec notamment une incidence supérieure à celle constatée chez les personnes non-vaccinées observée en Allemagne (six cas observés de thrombose des sinus veineux cérébraux, pour environ 1 cas attendu[1]), certains pays européens ont choisi d’interrompre l’utilisation de ce vaccin le temps de disposer de données consolidées permettant de documenter un éventuel rapport de causalité.

Les investigations, menées notamment sur la base des données britanniques (11 million de doses Astra Zeneca utilisées, majoritairement chez des personnes de plus de 65 ans), ont montré l’absence de risque pour les personnes de plus de 55 ans, alors même que le vaccin offre une protection très efficace (94%) sur cette tranche d’âge.

La Haute autorité de santé (HAS) a donc recommandé, dans son avis du 19 mars 2021, de reprendre la vaccination Astra Zeneca pour les personnes de 55 ans et plus. En revanche, dans l’attente de données complémentaires, la HAS recommande d’utiliser les vaccins à ARNm chez les personnes éligibles à la vaccination âgées de moins de 55 ans.

 

De manière générale, les personnes jeunes (20-30 ans) ont un meilleur système immunitaire que leurs aînés. Leurs défenses immunitaires réagissent donc de façon plus vigoureuse à l’injection d’une forme atténuée du virus.

C’est probablement pour cela que les jeunes ont plus de risques de développer des effets indésirables (fièvre, fatigue, maux de tête, courbatures). Cela ne rend pas le vaccin moins efficace et les effets indésirables, quand il y en a, durent rarement plus de quelques jours.

 

L’élaboration des vaccins contre la Covid-19 a suivi toutes les étapes classiques de la création d’un vaccin, et tous les essais cliniques ont été scrupuleusement respectés. La rapidité de son élaboration peut être attribuée à deux facteurs : la forte mobilisation des ressources humaines et financières internationales et le recours à des technologies modernes (à ARNm, par exemple), beaucoup plus rapides que les techniques « classiques ».

 

En décembre 2020, plus de 200 vaccins candidats contre la Covid-19 étaient en cours de développement. Sur ceux-ci, au moins 52 vaccins candidats sont au stade des essais sur l’homme. Il existe trois méthodes principales de fabrication d’un vaccin :

  • utilisation du virus en entier (inactivé ou vivant atténué) ;
  • injection de parties du virus (protéines, sucres) qui déclenchent le système immunitaire ;
  • matériel génétique qui fournit les instructions pour la fabrication

de protéines spécifiques (cas des vaccins actuellement disponibles).

À ce jour, l’Agence européenne du médicament étudie 2 nouveaux candidats : Novavax (vaccin à protéine virale) et Curevac (vaccin à ARNm).

 

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