La santé sexuelle en Ile-de-France face à la Covid-19 : impacts et perspectives

Actualité

La santé sexuelle des Franciliens a été impactée par la crise Covid-19 que ce soit en termes de dépistages enregistrés ou sur le suivi des traitements. Cette actualité permet de faire le point sur les impacts observés et les perspectives identifiées pour la région.

Quel impact la crise Covid-19 a-t-elle eu sur la santé sexuelle des Franciliens ?

La crise sanitaire de la Covid-19 n’a pas marqué uniquement par sa durée ou son impact sur le système de santé. Elle est aussi une crise globale, protéiforme qui a profondément touché divers pans de la santé publique. On a beaucoup parlé de l’impact que la Covid-19 a eu sur la santé mentale chez la population. Il ressort également qu’elle a eu des effets non négligeables sur la santé sexuelle des Franciliens.

Le nombre des dépistages du VIH/sida a chuté de plus de 18% en 2020, et le nombre de personnes découvrant leur séropositivité et accédant aux soins a chuté de plus de 30%, soit plus de 500 personnes restant dans l’ignorance de leur infection. 

Par ailleurs, les personnes accédant au traitement préventif du VIH (PrEP) ont diminué de 20 %. 
Même si ces activités ont repris en 2021 elles peinent à retrouver leur dimension pré-COVID et des dynamiques se sont cassées. 

D’autres données sont plus rassurantes et se sont révélées positives au sortir de la crise : les personnes suivies pour une infection à VIH ont poursuivi leur traitement, l’accès aux interruptions volontaires de grossesse (IVG) n’a pas été limité. 

La crise a également été un accélérateur pour aboutir à des évolutions autour des délais ou pratiques en matière d’IVG.

Les modalités et délais d’accès à l’IVG médicamenteuse en ville adaptés à titre exceptionnel durant la crise sont aujourd’hui pérennisés

Comment l’Agence a travaillé avec les acteurs locaux engagés dans la prévention et l’intervention en matière de santé sexuelle ? Retour d'expérience d'un acteur de terrain partenaire de l'Agence.

Le CeGIDD de Melun fait partie de l’Unité de Santé Publique, du groupe hospitalier Sud Île-de-France, et inscrit son intervention dans le cadre d’une approche globale en santé sexuelle et prévention des maladies infectieuses.

Il accueille des publics de tous âges auxquels il propose une offre gratuite d’information, de dépistage, de diagnostic du VIH, des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles sur rendez-vous.

Justine Philippe, cadre de santé au CeGIDD de Melun a récemment fait le point pour l’infolettre Covid Stop Ensemble :


"Le centre a été fermé durant le premier confinement mais l’équipe a pu garder le lien avec les publics accueillis grâce à la tenue d’une permanence téléphonique et médicale permettant de proposer des consultations. Les équipes ont été mobilisées durant la crise sanitaire avec des permanences quotidiennes organisées dans les camps de migrants pour des actions de prévention et de dépistage.

Durant l’année 2020, le CeGIDD a accompagné les prises de risques des usagers de PrEP* en répondant aux demandes d’ordonnances par e-mail et en déployant la téléconsultation.

La téléconsultation fût d’un réel intérêt pour certains usagers, mais ne peut, à terme, remplacer l’accueil physique notamment dans les situations où des soins sont nécessaires comme pour l’administration d’un antibiotique en cas d’infection sexuellement transmissible où pour la vaccination.

L’accueil sur rendez-vous, mis en place lors des restrictions sanitaires, a permis de limiter le temps d’attente du public et d’améliorer le suivi des patients.

Néanmoins, l’accueil sans rendez-vous, qui reste un principe de fonctionnement ancré dans la philosophie du CeGIDD sera remis également dès que la situation épidémique le permettra.

*prophylaxie pré-exposition : médicament antirétroviral pour éviter d’être contaminé par le VIH "


Pour en savoir + et retrouver tous les CeGIDD présents en Ile-de-France

Poursuivre les efforts engagés et remobiliser les acteurs aux enjeux de la santé sexuelle

Les faiblesses en matière d’accès à l’information préventive, d’accès aux soins cristallisées par la Covid-19 doivent nous appeler collectivement à renforcer les actions de prévention et d’accompagnement en santé. C’est l’ambition de la seconde feuille de route de la stratégie nationale en santé sexuelle qui va être déclinée par l’Agence en Île-de-France.

La prochaine semaine de la santé sexuelle, qui aura lieu fin mai, sera l’occasion de rappeler les messages de lutte contre les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle, source de retard à l’information, à la réduction des risques et à l’accès au traitement précoce. Tous les acteurs de la région sont appelés à diffuser ces messages, et à mener des actions de promotion de la santé sexuelle dans toutes ses dimensions, information, dépistage, accès aux soins.

Par ailleurs une des priorités de la feuille de route sera de favoriser, au niveau local , une coordination des acteurs en santé sexuelle, spécialisés ou de l‘offre de santé primaire, afin de rendre l’accès à l’information, au conseil, à l’accompagnement et aux soins, plus lisible et plus fluide pour les usagers/patients/citoyens. Cette dynamique ne saura réussir qu’avec l’engagement de tous les partenaires impliqués dans les différentes dimensions de la santé sexuelle, promotion de la santé sexuelle positive, santé de la reproduction, réduction des risques infectieux, lutte contre les stigmatisations…

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