La santé avance en Île-de-France

Incendie de Notre-Dame de Paris : point de situation sur le dépistage

Communiqué de presse
Santé publique
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L’Agence régionale de santé a régulièrement renforcé son incitation au dépistage des enfants après l’incendie de Notre-Dame. Elle publie aujourd’hui la synthèse des résultats des 175 dépistages d’enfants réalisés depuis.
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L’Agence régionale de santé a incité, notamment dans un communiqué du 4 juin, les habitants proches de Notre-Dame de Paris, et en particulier les publics fragiles (femmes enceintes et enfants) à procéder à des dosages de plombémie dans le sang. Elle a également parallèlement lancé une démarche de dépistage ciblé dans les écoles situées à proximité de points où des prélèvements supérieurs à 5 000 microgrammes par m² avaient été constatés dans l'espace public.

Comme elle s'y était engagée, l'ARS publie ce jour les remontées mensuelles pour le mois de juillet consolidées par le Centre antipoison et de toxicovigilance (CATPV) et Santé publique France.

Pour le mois de juillet ce sont 84 plombémies supplémentaires qui ont été prescrites, dont 6 se situent dans l’intervalle de vigilance et aucune au-dessus du seuil de déclaration obligatoire (50 microgrammes par litre de sang).

Entre l’incendie et le 31 juillet, ce sont donc au total 173 dépistages d’enfants qui ont été effectués (162 primo-dépistages et 11 dépistages de contrôle). Ce résultat montre la réalité de l’amplification du dépistage, le nombre de plombémies prescrites est en effet sans commune mesure avec les chiffres observés les années précédentes dans ce secteur.

Sur ces 162 primo-dépistages, 145 se situent en dessous du seuil de vigilance de 25 microgrammes par litre. 16, se situent dans l’intervalle de vigilance entre 25 et 49 microgrammes et 1 cas se situe au-dessus du seuil de déclaration obligatoire de 50 microgrammes par litre de sang, comme l’ARS l’avait indiqué le 4 juin. Pour mémoire, l’enquête environnementale au domicile de l’enfant avait permis d’établir qu’une source de pollution y existait préalablement à l'incendie.

Les 16 personnes se situant dans l’intervalle de vigilance, comme bien entendu l’enfant ayant un seuil supérieur à 50, font l’objet d’un suivi individuel, mis en place spécifiquement pour cet événement, par le Centre antipoison et de toxicovigilance, en complément d’un suivi par le médecin traitant.

Parallèlement à cette remontée mensuelle des prélèvements de juillet, l'ARS a été destinataire ce jour de la déclaration d'un médecin traitant d’un enfant d'une plombémie prescrite le 31 juillet, légèrement supérieure au seuil de déclaration obligatoire. Ce dépistage a été prescrit dans le cadre de la démarche ciblée engagée dans les écoles situées à proximité de points où des prélèvements supérieurs à 5000 microgrammes par m² avaient été constatés sur l’espace public. Avec cette démarche préconisée par l'avis sanitaire de l'ARS du 18 juillet, les écoles et équipements accueillant des enfants dans un rayon de 300 mètres autour des points supérieurs à 5 000 microgrammes ont fait l’objet de prélèvements. Lorsque des taux supérieurs aux recommandations de l’ARS ont été constatés dans ces équipements, la Ville de Paris a procédé à leur fermeture, comme pour l’école dans laquelle était accueilli cet enfant.

Dès le signalement de dépassement de seuil de cet enfant reçu, et comme le prescrit le Code de la santé publique, des contacts ont été pris avec la famille, une analyse individuelle par des médecins du CAPTV est menée, et une enquête environnementale prescrite par l'ARS est engagée pour identifier les sources au plomb. Les résultats de cette enquête environnementale seront connus dans quelques jours.

Le taux observé chez cet enfant ne nécessite pas de thérapeutique particulière mais impliquera un suivi régulier. Par ailleurs, le dépistage réalisé sur sa jeune sœur, scolarisée dans le même groupe scolaire, a révélé un taux inférieur au seuil de vigilance.

L’identification de ce cas procède de la mise en œuvre de la stratégie de dépistage ciblée dans un rayon de 300 mètres autour des points où les valeurs supérieures à 5 000 microgrammes. Même si l’enquête environnementale doit être conduite pour identifier la totalité des facteurs de contamination, d’ores et déjà, l’incitation au dépistage va être renforcée dans tout ce secteur. Les familles seront destinataires individuellement des résultats dans les équipements accueillant leurs enfants et l’intérêt de procéder à un dépistage en fonction de ces données leur sera rappelé.

Aujourd’hui, trois mois et demi après l’incendie, ce sont donc au total 175 plombémies qui ont été prescrites : deux d'entre-elles sont supérieures au seuil de déclaration obligatoire de 50 microgrammes, 16 sont situées dans l'intervalle de vigilance, et 146 sont en-dessous du seuil de vigilance. Ces résultats globaux confirment, d’une part, la nécessité de poursuivre les actions de nettoyage pour limiter tout risque d’exposition aux poussières de plomb des enfants et, d’autre part, l’importance d’amplifier les opérations de prélèvements et de dépistages.