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Incendie de Notre-Dame de Paris : comprendre la valeur de 5000 µg/m2 de l’avis sanitaire du 18 juillet

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Mieux comprendre la valeur de 5 000 µg/m2 définie dans l’avis sanitaire rendu par l'Agence régionale de santé Île-de-France le 18 juillet sur la situation suite à l'incendie de Notre-Dame de Paris.
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En l’absence de seuil réglementaire et de valeurs de référence sanitaires concernant la présence de plomb dans les poussières déposées sur la voirie, et au regard de la situation inédite suite à l’incendie de Notre Dame de Paris, l’Agence régionale de santé a dû établir une valeur repère pour orienter son action, y compris au-delà du périmètre immédiat de l’Île de la Cité, et prévenir ainsi l’exposition au plomb des enfants. Cette démarche a associé des experts de Santé publique France et du Laboratoire central de la préfecture de police.

Ce point de repère permet d’orienter les actions au-delà de l’Île de la Cité et de ses environs.

La pollution au plomb est très importante sur l’Île de la Cité et aux abords de la cathédrale, c’est pourquoi le secteur a été ciblé prioritairement par l’Agence dès après l’incendie (recommandations de nettoyage, incitation au dépistage, prélèvements).

Toutefois, les nombreuses mesures effectuées dans Paris à la suite de l’incendie ont montré une pollution résiduelle au plomb, au-delà de ce périmètre. Même si aucun impact sanitaire attribuable à la pollution générée par l’incendie n’a été observé à ce jour, l’Agence a donc souhaité étendre ses recommandations en matière de protection de la santé. Dans l’avis sanitaire qu’elle a rendu le 18 juillet 2019, l’Agence a préconisé que soient menés, par précaution, des prélèvements environnementaux dans les lieux accueillant des enfants en condition normale d’utilisation, dès lors qu’ils sont situés dans un rayon de 300m à proximité d’un point où aurait été effectué un prélèvement de poussières en surface extérieure supérieur à 5 000µg/m2.

Cette démarche permet ainsi de s’assurer que les seuils sanitaires sont bien respectés dans les établissements accueillant de enfants de moins de 7 ans et/ou des femmes enceintes, autour de tout point de prélèvement supérieur à 5 000µg/m2.

Cette valeur n’est ni un seuil sanitaire, ni un seuil réglementaire : c’est un repère d’aide à la décision

Cette valeur permet d’orienter des actions concrètes visant à prévenir les risques pour la santé, dans les environs des points où cette valeur est dépassée.

Concrètement, pour tous les établissements accueillant des enfants dans un rayon de 300m autour des points de mesure extérieure où les taux de plomb dans les poussières dépassent 5 000 µg/m², des mesures complémentaires sont recommandées. L’objectif est de s’assurer, par des prélèvements de poussières dans les lieux accueillant des enfants, qu’ils ne sont pas pollués, et de faire prendre le cas échéant les mesures de gestion qui s’imposent (faire pratiquer des opérations de nettoyage et/ou des plombémies aux enfants par exemple).

Une valeur fixée selon les niveaux de plomb constatés dans Paris avant l’incendie, notamment aux alentours de la cathédrale.

Sans qu’il n’existe de norme concernant la présence de plomb sur la voirie, l’Agence régionale de santé s’est attachée, en lien avec le ministère de la Santé et à partir des prélèvements antérieurs dont elle disposait, à déterminer quels pouvaient être les niveaux de plomb dans la capitale avant l’incendie.

La valeur de 5 000 µg/m² a été retenue en s’appuyant sur la méthode statistique du 95ème percentile. On estime en effet que l’on obtient une étendue représentative des valeurs, lorsque l’on en considère 95% à l’exclusion des 5% les plus hautes. Ces dernières sont alors définies comme « atypiques » et marquent un dépassement nécessitant une investigation approfondie.

Appliqué aux valeurs constatées après l’incendie, ce repère a pour objectif d’identifier indistinctement les valeurs qui auraient été « atypiques » avant l’incendie ou qui le seraient devenues à cause de lui, et de vérifier qu’il n’y a pas de risque pour les personnes fragiles et en particulier les enfants dans ces zones.

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