La santé avance en Île-de-France

Formations paramédicales : former aux enjeux de demain

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Infirmière soignant une personne âgée
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Inter-professionnalité et besoins en santé des territoires étaient au programme du 2ème colloque des instituts de formation paramédicaux d’Île-de-France. Organisée tous les deux ans par l’Agence régionale de santé, cette journée vise à valoriser et à partager les bonnes pratiques dans le domaine de la formation paramédicale.
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Plus de 300 personnes ont assisté, le 14 octobre 2016, au 2ème colloque des instituts de formation paramédicaux d’Île-de-France. Un colloque placé sous le signe de l’échange de bonnes pratiques afin d’encourager l’inter-professionnalisation des formations paramédicales encore insuffisamment développée en Île-de-France. « Les enseignements restent très cloisonnés du fait de l’éloignement géographique des différents instituts de formation et de la disparité des organisations pédagogiques, constate Marie-Jeanne Renaut, directeur des soins et responsable du service des formations paramédicales à l’ARS.

Une multiplication des projets interdisciplinaires

Néanmoins, plusieurs initiatives mises en avant lors du colloque soulignent la volonté des directeurs d’instituts de formation de dépasser ces obstacles pour travailler ensemble. En témoigne le « Campus de formation des professions de santé des métiers d’aide à la personne » du centre hospitalier intercommunal de Meulan-Les-Mureaux (78). Regroupés sur un seul site, les étudiants en santé de plusieurs disciplines bénéficient d’enseignements communs et réalisent, ensemble, des analyses de situations cliniques.

Autre projet exposé lors du colloque : le partenariat entre le groupe Clinalliance et l’institut de formation en soins infirmiers de Saint-Anne, à Paris. Spécialisés en soins de suite et réadaptation, les établissements du groupe accueillent des étudiants infirmiers en stage. Ces derniers sont alors confrontés à la pluridisciplinarité dans les prises en charge. « Cet aspect du métier est souvent délaissé lors de la formation pratique.  Celle-ci est alors centrée presque exclusivement sur l’apprentissage des bases du métier », regrette Marie-Jeanne Renaut.

Former aux prises en charge de demain

En valorisant ce type d’initiatives, l’ARS espère les voir se multiplier sur le territoire francilien. Face à l’évolution du système de santé et aux parcours de plus en plus complexes des patients, elle estime essentiel de confronter les futurs professionnels de santé à la pluridisciplinarité des prises en charge.  L’objectif ? Mieux les préparer aux organisations de soins de demain tels que les réseaux de santé ou encore les programmes de coordination ville/hôpital.

« Ces dispositifs n’imprègnent pas encore suffisamment les formations. Peut-être parce qu’ils ne sont pas aussi connus qu’ils devraient l’être. Lors du colloque, nous avons donc présenté les expérimentations que nous soutenons en Île-de-France afin de sensibiliser les instituts à ces nouvelles manières de travailler. Car c’est dès la formation initiale qu'ils doivent être appréhendés », indique Marie-Jeanne Renaut.

Partager, valoriser, inspirer

Responsable du contrôle et du suivi des programmes ainsi que de la qualité des formations paramédicales, l’ARS dispose de nombreux leviers pour aider les instituts à mieux intégrer ces enjeux dans leurs projets pédagogiques. C’est elle qui doit définir les orientations des formations initiales en matière de réponse aux besoins de santé 

« Nous associerons bien évidemment les universitaires, les fédérations hospitalières, les instituts de formation à cette réflexion. Les enseignements doivent s’intégrer dans un projet au service des compétences des professionnels formés », affirme Marie-Jeanne Renaut.

L’ARS préside également les conseils pédagogiques et peut organiser des groupes de travail thématiques. « Ces actions restent cependant assez limitées, centrées sur une thématique. Notre colloque bisannuel permet, lui, de mettre en lien des acteurs qui ne se rencontrent que rarement L’idée est avant tout de partager et de valoriser les pratiques innovantes pour en inspirer de nouvelles », conclut Marie-Jeanne Renaut.