La santé avance en Île-de-France

Favoriser la « marchabilité » pour améliorer la santé des Franciliens

Actualité
Santé publique
Date de publication
Visuel
Marchabilité
La Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement d’Île-de-France (DRIEA) et l’Agence régionale de santé Île-de-France ont engagé une étude partenariale pour quantifier le lien entre l’aménagement du territoire, la pratique de la marche transport (ou « marchabilité ») et la santé.
Corps de texte

L’ambition de cette première étude partenariale (à télécharger en bas de page) est d’inviter les collectivités d’Île-de-France à se saisir des enjeux de pratiques de la marche en lien avec les caractéristiques de l’environnement de vie. L'étude cible notamment les territoires qui cumulent des contraintes urbaines et sociales ainsi que les populations atteintes par une forte prévalence de pathologies chroniques, dont notamment le diabète de type 2.

L’environnement urbain influe sur la pratique de la marche et de l’activité physique

Cette étude francilienne s’inscrit dans la continuité de la littérature sur l’impact de déterminants urbains et sociaux sur l’état de santé d’une personne. Elle répond à une préoccupation liée à l’accroissement de certaines pathologies chroniques en Île-de-France

  • progression annuelle de 2,9 % du nombre de personnes diabétiques depuis 2012
  • prévalence très forte de l’obésité, qui concernerait près de 14,5 % de la population francilienne en 2012.

La pratique de l’activité physique, et par extension l’état de santé, seraient ainsi conditionnés par une multitude de facteurs d’ordre socio-économique, en interdépendance avec l’environnement physique et le comportement individuel.

Partant de ces constats, l’ARS a souhaité explorer l’impact de l’environnement physique sur la pratique de la marche à pied et le mettre en perspective avec le diabète de type 2, pathologie chronique intimement liée à la sédentarité.

Un travail de modélisation d’un « indicateur de marchabilité » par les équipes de la DRIEA  

Pour quantifier ce lien, la DRIEA a modélisé un indicateur de marchabilité, en prenant en compte plusieurs paramètres spatiaux et en s’appuyant sur les observations tirées de l’enquête ménage déplacement d’Île-de-France, l’Enquête globale transport (EGT) de 2010. Un rapport, publié par la DRIEA en avril 2018, détaille la méthodologie retenue pour élaborer cet indicateur : Mieux aménager pour mieux marcher : une clé pour améliorer notre santé.

Une application à l’échelle du territoire de Bobigny a été mise en œuvre. En mobilisant cet indicateur comme véritable outil d’aide à la décision, un diagnostic complet a été posé pour la "Cité de l’Abreuvoir", quartier prioritaire de la politique de la ville sur lequel des projets urbains sont programmés (ex. projet de renouvellement urbain et construction de la ligne 15 de Métro dans le cadre du Grand Paris Express).

L’indicateur produit par la DRIEA peut être utilisé à la fois comme un outil d’aide à la décision et comme un support de communication par les collectivités locales d’Île-de-France. Il sera également utilisé par l’ARS comme « ressource » dans son action de plaidoyer à destination des acteurs de l’aménagement du territoire. Sur ces territoires, la conduite d’actions d’amélioration du cadre de vie et des espaces publics, et le fléchage d’actions de promotion et d’éducation à la santé améliorant la pratique de l’activité physique et la promotion des mobilités actives pourraient s’appuyer sur les données issues de l’indicateur.

Accompagner les collectivités franciliennes dans leurs travaux et leurs réflexions sur la marchabilité

Dans une logique de transparence, et afin de favoriser le plus largement des réutilisations et des démarches similaires à celle conduite à Bobigny, la DRIEA a fait le choix de diffuser librement les données relatives à « l’indicateur de marchabilité ».

Ces données sont téléchargeables sur le catalogue géo ide.

En outre, un guide d’utilisation a été élaboré et vise à décrire, de manière pédagogique et synthétique, la manière dont des acteurs locaux (collectivités, professionnels de l’aménagement du territoire, etc.) peuvent s’approprier cet outil et l’appliquer sur d’autres territoires en Île-de-France.