La santé avance en Île-de-France

Étude sanitaire sur les anciennes plaines d’épandage des Yvelines et du Val d’Oise

Actualité
Santé publique
Date de publication
Pour évaluer la compatibilité des milieux avec les usages actuels, l’Agence régionale de santé Île­-de-­France (ARS) et le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) ont réalisé une étude sanitaire en lien avec la cellule régionale d’intervention (Cire) de Santé publique France.
Corps de texte

Les épandages des eaux usées brutes ou partiellement traitées peuvent être à l’origine d’une pollution diffuse des sols en surface, notamment en métaux lourds. Or, au fil du temps, certaines parcelles ayant fait l’objet d’épandage ont progressivement été aménagées avec notamment l’implantation de bâtiments accueillant des enfants, d’habitations individuelles avec des jardins ou des terrains sportifs. 

Les plaines d’Achères, de Carrières-sous-Poissy et Triel-sur Seine (Yvelines) et celle de Méry-sur-Oise et Pierrelaye (Val d’Oise) ont fait l’objet d’épandages d’eaux usées brutes, puis partiellement traitées, à partir de 1890 et jusqu’à nos jours pour certains secteurs.

Les communes concernées

8 communes dans les Yvelines

Achères, Andrésy, Carrières-sous-Poissy, Chanteloup-les-Vignes, Conflans-Sainte- Honorine,Saint-Germain-en  Laye, Poissy, Triel-sur-Seine.

11 communes dans le Val d’Oise

Beauchamp, Bessancourt, Eragny, Frépillon, Herblay, La Frette-sur-Seine, Méry-sur-Oise, Montigny-lès-Cormeilles, Pierrelaye, Saint-Ouen l’Aumône, Taverny.

Une étude en trois temps sur 55 sites différents

L’étude sanitaire s’est déroulée en trois étapes :

  • une étude documentaire et historique pour décrire les pratiques d’irrigation en durée, en quantité et en qualité ;
  • une phase test (pilote) sur certains sites pour préciser la méthodologie ;
  • une étude à plus large échelle pour estimer le risque sanitaire sur l’ensemble de la zone concernée par cette pollution diffuse.

L’ensemble des zones épandues n’a pas fait l’objet d’investigations étant donné les surfaces concernées. 55 sites ont été ciblés et investigués : terrains dédiés à l’activité de jardinage, attenant à une maison d’habitation ou non, et établissements accueillant des enfants : écoles, collèges, parcs…

Les investigations ont été effectuées par prélèvements de sol et/ou de légumes produits sur les terrains, puis analysés en laboratoire. Pour chaque échantillon, différents polluants susceptibles d’avoir été apportés par les épandages ont été recherchés.

Cette étude a notamment mis en évidence la présence de plomb dans les sols superficiels à des teneurs supérieures (156,6 mg/kg en moyenne) aux valeurs repères d’Île-de-­France*.

D’après la méthodologie d’évaluation des risques sanitaires utilisée, la survenue d’un effet sanitaire lié à cette exposition ne peut être écartée pour les enfants de 0 à 6 ans, fréquentant certaines parcelles.
 
Pour autant, aucun signal sanitaire (cas de saturnisme) en population générale n’a été détecté sur la zone d’étude concernée, avec le système actuel de surveillance.

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Plaquette "Etude sanitaire - Anciennes plaines d’épandage des Yvelines et du Val d’Oise : principaux résultats et recommandations individuelles"

Aller plus loin

* Valeurs repères d’Île-­de-­France

Une concentration en plomb dans les sols superficiels de 53,7 mg/kg est habituellement retenue en Ile-de-France comme seuil à partir duquel on considère qu’il existe une anomalie pouvant signifier la trace d’une pollution d’origine humaine. En l’espèce, les teneurs mesurées sont supérieures à cette valeur repère, mais elles restent très éloignées de celles rencontrées, par exemple, sur d’anciens sites industriels pollués.