La santé avance en Île-de-France

Déploiement de la conciliation médicamenteuse en Île-de-France : un bilan prometteur

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Depuis 2015, l’ARS Île-de-France soutient le déploiement de la conciliation médicamenteuse dans la région afin de renforcer la sécurité des parcours de soins et diminuer le risque d’iatrogénie médicamenteuse. Trois ans après le lancement des premières mesures, l’heure est au bilan.
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Lors d’une conciliation médicamenteuse, l’ensemble des traitements pris et à prendre par le patient sont répertoriés. Les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers…) impliqués dans la prise en charge d’un même patient (souffrant de plusieurs pathologies et/ou polymédiqué) peuvent alors partager des informations complètes concernant son traitement médicamenteux.

L’enjeu de la démarche ? Sécuriser le parcours du patient et réduire le risque d’iatrogénie en prévenant ou en interceptant les erreurs médicamenteuses mais aussi favoriser la coordination pluriprofessionnelle.

Un déploiement régional

« Très tôt, l’ARS s’est engagée en faveur d’un déploiement régional et collectif de la conciliation médicamenteuse afin que chaque patient, où qu’il se trouve en Île-de-France, puisse en bénéficier », explique Anne de Saunière, responsable du département Politique régionale du médicament et des produits de santé au sein de l’ARS. Pour atteindre cet objectif, l’Agence a développé, avec l’aide de l’Omédit* Île-de-France, un plan d’actions en trois axes :

  • le soutien aux initiatives locales via des appels à projets. En 2016 et 2017, l'Agence a ainsi soutenu 28 projets, répartis sur l’ensemble du territoire, en faveur du déploiement de la démarche ;
  • l’organisation d’une formation, en lien avec l'Omédit et la faculté de pharmacie de Paris, dont trois nouvelles sessions auront lieu à l'automne 2018 ;
  • la mise à disposition de différents outils pour aider les professionnels de santé à mettre en place un processus de conciliation et faciliter la transmission d’informations, tel le tableau du volet médicamenteux de la lettre de liaison proposé par la Haute Autorité de Santé.

Un bilan encourageant

« Sous l’impulsion de l’ARS, le nombre d'établissements engagés dans cette démarche ne cesse d'augmenter depuis 2016. Mieux, une fois que le dispositif est en place, les professionnels de santé y voient un réel intérêt pour améliorer la prise en charge médicamenteuse de leurs patients », se réjouit Céline Luciani, cheffe de projet au sein du département Politique régionale du médicament et des produits de santé de l’Agence.

Si ce premier bilan est encourageant, l’ARS a également relevé plusieurs freins au déploiement de la conciliation médicamenteuse sur son territoire. À commencer par le peu de temps dont disposent les professionnels de santé. « Nous travaillons à l'amélioration des systèmes d'information et à la dématérialisation du processus afin de le rendre moins chronophage et d'inciter les équipes à s'impliquer davantage. Nous avons notamment soutenu l'hôpital Antoine-Béclère dans la mise en place d'une plateforme web pour réaliser la conciliation », souligne Céline Luciani.

Mieux impliquer les professionnels de ville

De son côté, l’Agence prévoit d’intégrer un module dédié à la conciliation médicamenteuse dans la plateforme Terr-eSanté. Il permettra de faciliter les échanges entre l'hôpital et la ville. Car le manque d'interaction entre ces deux entités constitue un autre obstacle au développement du dispositif en Île-de-France. Pour y remédier, l'ARS compte également renforcer l’implication du… patient. « La relation de proximité qu’il entretient avec son pharmacien et son médecin traitant, en fait l’intermédiaire idéal entre la ville et l’hôpital. Nous avons donc créé une affiche pédagogique pour expliquer aux usagers ce qu'est la conciliation et le rôle qu'ils doivent jouer dans ce processus », affirme Céline Luciani. D’autant plus que vont se déployer en ville les bilans partagés de médication.

Enfin, toujours dans l'optique de mieux les associer à la démarche, les professionnels de ville sont, pour la première fois, invités à candidater au nouvel appel à projets lancé par l’ARS en mai dernier.  

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