La santé avance en Île-de-France

Coronavirus (Covid-19) : La lutte contre l’épidémie en Île-de-France

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Depuis plusieurs semaines, la cellule de crise de l’ARS Île-de-France est activée. En lien constant avec les acteurs franciliens de la santé, les équipes de l’Agence se mobilisent pour organiser et soutenir le système régional de santé face au Covid-19.
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Les agences régionales de santé sont les relais de l’Etat dans les territoires, en charge de gérer la crise sanitaire du Covid-19 avec le ministère de la santé et les préfets. La mission de l’ARS est double :

  • aider au repérage des patients contaminés
  • accompagner les hôpitaux dans leur gestion de l’afflux des malades en réorganisant l’offre de soins.

L’ARS Île-de-France est également l’interlocuteur privilégié des institutions et des mairies afin d’appliquer les modalités d’adaptation de la réponse au virus en fonction de la situation locale.  

Organiser l’offre de soin pour faire face à l’épidémie

En lien avec les acteurs franciliens de la santé, l’ARS Île-de-France organise l’offre de soins sur l’ensemble du territoire francilien afin de répondre au mieux à la demande grandissante de prise en charge face à l’épidémie de Covid-19 :

  • gérer la capacité d’accueil dans les services de réanimation, en lien permanent avec les groupements hospitaliers ;

  • classer les hôpitaux pour assurer la prise en charge des patients Covid-19, tout en continuant à traiter les patients "standards" ;

  • déprogrammer toutes les activités non-urgentes afin de libérer des des places et du personnel.

Organiser la prise en charge des personnes âgées et personnes en situation de handicap

L’ARS Île-de-France est en charge de l’ensemble des établissements de santé et médico-sociaux accueillant, de jour et/ou de nuit, les personnes en situation de handicap (adultes et enfants) et les personnes âgées. Elle se mobilise pour prévenir, protéger et préparer la prise en charge de ces populations à travers deux actions principales : 

  • organiser la mise en oeuvre de mesures de protection très strictes de confinement dans les établissements prenant en charge des personnes âgées (EHPAD en particulier)

  • maintenir l’accompagnement médico-social nécessaire à la préservation de l’état de santé global des personnes en situation de handicap, par un principe de précaution visant au maintien au domicile et d’une continuité de l’accompagnement (IME et ESAT en particulier)

Agir en direction des personnes en grande précarité

En lien avec la Préfecture de Région, l’ARS Île-de-France met en place différentes réponses permettant de faire face à l’épidémie de Covid-19 chez les personnes les plus précaires (sans abri, hébergées, etc.) et visant à  :

  • renforcer la capacité des centres d’hébergement collectif à réduire l’épidémie ;

  • mettre en place des équipes médicalisées mobiles qui pourront intervenir dans les centres d’hébergement, les accueils de jours regroupés et les lieux d’hébergement ouverts en urgence, en lien avec les différents partenaires de l’Agence dans les territoires ;

  • créer des centres d’accueil pour personnes hébergées ou sans abri et porteuses du Covid-19 afin de réduire le risque de contamination et de leur offrir une surveillance infirmière, en lien avec la Préfecture de région ;

  • renforcer les maraudes en direction des personnes en campement, bidonvilles et à la rue, et renforcer les maraudes existantes qui le souhaitent d’infirmiers / médecins volontaires ;

  • renforcer la réponse dans les LHSS, LAM, ACT ;

  • adapter la réponse du système ambulatoire en faveur des personnes en difficultés spécifiques ;

  • mobiliser les professionnels de santé en faveur des dispositifs Covid-19 Précarité 

 

La situation sanitaire exceptionnelle liée au COVID 19 mobilise l’Agence avec une ampleur et une intensité inédites.

Toutes nos directions métiers et départementales sont mobilisées afin de limiter la propagation du virus et de préparer notre système de santé régional à la gestion de l’épidémie.
 
Pour faire suite aux annonces du Président de la République, l’ARS Île-de-France a activé le 13 mars son plan de continuité d’activité (PCA) afin de se concentrer prioritairement sur les missions directement liées à la gestion de la crise sanitaire.
 
Dans ce cadre et jusqu’à nouvel ordre, les activités considérées comme non prioritaires seront réalisées en mode dégradé, voire suspendues, pour certaines d’entre elles. Cela ne signifie pas que l’Agence renonce à ses engagements et à poursuivre ses objectifs, mais qu’elle doit concentrer toutes ses forces à combattre cette épidémie.

Mobilisation de l’ensemble des établissements de santé

La totalité des établissements de santé (ES) franciliens publics et privés sont désormais mobilisés pour assurer la réponse à l’épidémie et la prise en charge des patients Covid-19.

Aujourd’hui, 98 ES sont habilités à prendre en charge des patients COVID :

  • Les 4 établissements de première ligne, établissements de soins de référence pour la prise en charge des patients dans le cadre du risque épidémique et biologique connu ou émergent (dispositif ORSAN-REB). Ils disposent d’un plateau technique hautement spécialisé et d’un recours permanent à un infectiologue.
  • 94 établissements de deuxième ligne. Opérationnels sur toute ou partie de la filière de prise en charge de patients Covid-19, ils sont répartis sur l’ensemble de la région  (établissements siège de SAMU, établissements disposant d’un service d’urgence et de capacités d’hospitalisation notamment en soins critiques pour les patients graves, établissements disposant d’un service d’urgence et de capacités d’hospitalisation en médecine qui peuvent être en 1re ligne dans l’accueil de Covid-19 spontanés aux urgences).

En parallèle, 152 établissements de troisième ligne MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) et SSR (services de soins et de réadaptation) ne prennent pas directement en charge des patients Covid+ mais renforcent leurs capacités pour accueillir l’aval des établissements impliqués dans la prise en charge directe et indirecte de patients COVID-19. 

Dans tous les hôpitaux et cliniques, le Plan blanc a été déclenché début mars, permettant aux directions de mobiliser tous les moyens matériels et humains, suivant les besoins : heures supplémentaires déplafonnées, soignants rappelés, retraités ou élèves en formation mobilisés, opérations déprogrammées etc.

Augmentation des capacités d’accueil des patients Covid-19 en réanimation

Les hôpitaux franciliens disposent en routine d’un important niveau d'équipements et de compétences médicales, soignantes et techniques, et de fortes capacités d'accueil en réanimation et soins intensifs (1 200 lits en réanimation, 3 200 lits de soins critiques).

Depuis plusieurs semaines et pour se préparer à la vague épidémique, l’ARS Île-de-France met tout en œuvre, en lien avec les établissements de santé, pour augmenter ces capacités de d'accueil et éviter autant que possible l’engorgement des services, notamment de réanimation. Fin mars, 2 000 lits de réanimation étaient activables en Île-de-France.

Ce renforcement capacitaire se fait par

  • la libération de places de réanimation (déprogrammation des soins non essentiels et non urgents à l'hôpital)
  • la transformation du plus grand nombre possible de lits de soins critiques (unités de surveillance continue, unités de soins intensifs, voire salles de réveil ou salles de blocs opératoires) en lits de réanimation. Ces lits sont ainsi « upgradés » au niveau des techniques de réanimation, via un renforcement de personnels soignants et de matériel (respirateurs…).    

Dans le cadre de l’épidémie de Covid19, le port de masques chirurgicaux ou de masques FFP2 est, dans certaines circonstances, un facteur de diminution du risque de contamination, en complément des autres mesures barrières :

  • le port de masques chirurgicaux anti-projections permet de réduire la diffusion des particules potentiellement infectieuses. Il est réservé aux malades symptomatiques et aux professionnels de santé, ou aux personnes chargées des secours en contact avec un cas confirmé ;
  • le port de masques FFP2 est réservé aux personnels de santé notamment hospitaliers, en contact étroit et prolongé avec des cas de Covid-19 confirmés et qui réalisent des gestes médicaux à risque.

La distribution de masques aux professionnels de santé est assurée par Santé Publique France dans chaque région, selon des quantités cadrées par le niveau national :

  • via les plateformes logistiques des hôpitaux supports des groupements hospitaliers de territoires (GHT) pour les établissements ;
  • via les pharmaciens d’officines afin d’assurer la couverture des besoins des professionnels de santé de ville (médecins généralistes et spécialistes, pharmaciens, IDE, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, masseurs-kinésithérapeutes).

La répartition entre GHT est calculée et, au besoin, ajustée par l’ARS Île-de-France selon les critères de priorité définis au niveau national. Elle permet d’assurer l’approvisionnement en masques :

  • des établissements de santé (publics et privés), pour les services prenant en charge des cas possibles ou confirmés de Covid-19, ou pour la réalisation de gestes à risque dans les services d’urgence, d’accueil des malades positifs et de soins critiques (masques FPP2 et masques chirurgicaux) ;
  • des établissements médico-sociaux (EHPAD, FAM, SSIAD etc.) prenant en charge des cas possibles ou confirmés de Covid-19 (masques chirurgicaux) ;
  • des établissements d’hospitalisation à domicile (HAD) afin d’assurer les prises en charge des cas possibles ou confirmés de Covid-19 (masques chirurgicaux) ;
  • des transporteurs sanitaires et des centres d’incendie et de secours (masques chirurgicaux).

Par ailleurs, l’ARS gère un stock tampon exclusivement issu de dons, publics ou privés, inférieurs à 200 000 unités (les propositions de dons sont à transmettre à l’adresse ars-idf-covid-don@ars.sante.fr).

L’utilisation de ce stock se fait dans le cadre des orientations nationales et dans des quantités limitées afin de répondre à des situations urgentes, souvent dans l’attente de l’arrivée des livraisons nationales et pour des structures faisant face à plusieurs cas de contamination, ou pour répondre à certains besoins spécifiques (équipes mobiles constituées par l’ARS, centres d’hébergement pour publics précaires, etc.). Au 31 mars, 1 326 600 masques chirurgicaux et 99 900 masques FFP2 ont été distribués dans ce cadre.